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Rencontres "Baudelaire et les arts"

L’Académie des beaux-arts organise une journée de Rencontres dédiée à « Baudelaire et les arts », le mercredi 16 mai au Palais de l’Institut de France, sous la Présidence de Messieurs Patrick de Carolis (matin) et Adrien Goetz (après-midi), membres de l’Académie.

Programme

10h30  Accueil par Patrick de Carolis, Président de l’Académie des beaux-arts
           Introduction par François-Bernard Michel, Membre de l’Académie des beaux-arts, coordinateur des Rencontres


11h     Le prince du guignon : Traviès de Villers par Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Littérature française moderne et contemporaine

Baudelaire aurait connu Traviès de Villers chez le peintre Boissard de Boisdenier, à l’époque où il habitait l’hôtel Pimodan, quai d’Anjou, entre 1843 et 1845. Il l’accompagna dans les cabarets des barrières et devait le louer dans « Quelques caricaturistes français », publié en 1857, mais conçu avant 1846, où il s’émeut de la « fortune malencontreuse » de cet « artiste éminent », qualifié de « prince du guignon ». Traviès, selon Baudelaire, « a un profond sentiment des joies et des douleurs du peuple ; il connaît la canaille à fond, et nous pouvons dire qu’il l’a aimée avec une tendre charité ». Avec Daumier, il est le caricaturiste des chiffonniers, et les siens, note Baudelaire « sont généralement très ressemblants ». Ce sera l’occasion d’examiner la sensibilité fraternitaire du poète.


11h45  Baudelaire et l’art baroque par André Guyaux, professeur de littérature française du XIXème siècle à Sorbonne Université

Baudelaire découvre l’art baroque à la fin de sa vie, à l’occasion de son séjour en Belgique (avril 1864-juin 1866). Il cherche alors à définir ce qu’il appelle le « style jésuitique » : il le fait en mettant en évidence le contraste entre la mort et la vie et observe la présence de la théâtralité dans l’architecture baroque.


17h     Logique de la critique d'art : Baudelaire et les paradoxes de la peinture par Sébastien Mullier, Enseignant de Lettres Modernes en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles

L’enjeu est de mesurer comment Baudelaire a pu considérer l’exercice de la critique d’art comme une véritable démonstration fondée sur le paradoxe, paradoxe entendu à la fois comme postulat du système – la peinture n’est plus un art de l’espace mais un art du temps – et comme principe méthodologique. Son approche souvent logique de la peinture du XIXe siècle met en évidence toutes les incohérences des maîtres néoclassiques (de David à Ingres) et celles de leurs épigones des années 1840-1850, en leur opposant l’extrême cohérence d’un maître romantique, Delacroix. Celui-ci se révèle alors le précurseur, ou le primitif, d’une nouvelle peinture qui voit le jour au milieu du XIXe siècle, peinture dont le principe est autrement paradoxal et dont le maître, enfin véritablement moderne, demeure « inconnu ». Il conviendra de trouver son nom.


17h45  Baudelaire et l’exception musicale par François-Bernard Mâche, Membre de la section de composition musicale de l’Académie des beaux-arts, Docteur ès lettres

L’exceptionnel texte de critique musicale écrit par Baudelaire à propos de Tannhäuser a acquis une juste célébrité. Son importance tient à de multiples mérites, qu’on ne peut bien apprécier qu’en les replaçant d’abord dans leur contexte historique. Avec une liberté de pensée extraordinaire et une sensibilité prophétique, Baudelaire a annoncé une révolution esthétique dont les conséquences sont encore perceptibles aujourd’hui. Dominant de très haut les jalousies nationalistes, les mesquineries partisanes, les querelles d’auteurs, il a su reconnaître en Wagner, comme il l’avait fait avec Delacroix et Edgar Poe, un des rares esprits avec lesquels il pouvait partager une nouvelle dimension sacrée de la création artistique.


Informations pratiques
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Inscription : conference@academie-des-beaux-arts.fr

Palais de l’Institut de France
Grande salle des séances
23, quai de Conti (Paris 6e)

(photo : Charles Baudelaire par Etienne Carjat en 1863, détail)

   





20/04/2018
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