Gérard LANVIN
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né à Dijon (Côte-d’Or)
le 25 février 1923

Gérard LANVIN

Section II : Sculpture
Fauteuil VI

Sculpteur et médailleur

Élu membre de l'Académie des Beaux-Arts,
le 21 février 1990, au fauteuil de Jean Carton




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Le pommeau de cette épée un peu trop grande, un trop lourde à porter, barbare, de cette épée de chevalier, est formé de deux éclats de pierre choisis avec précaution dans la montagne de gravats d’une grande sculpture.

Sur l’épaule de cette croix un sac est jeté, de ces sacs de plâtre, de sable et de ciment, matériaux pauvres et privilégiés au travail premier.

La croix, la charge, l’épée, images de la vaillance à devoir vivre la vie ordinaire. Symbole de l’interminable ferraillement avec le doute et avec le rêve.

Après avoir reçu une formation artistique par le médailleur Ovide Yencesse et avoir suivi des études d'Histoire de l'Art à l'Université de Dijon, Gérard Lanvin intègre l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (1941-1943) où il reçoit l'enseignement de Paul Niclausse. En 1943 il effectue une première approche de la sculpture lapidaire dans les carrières de Comblanchien (Côte-d'Or). La même année à l’Académie Ranson de Paris il devient l'élève d’Emmanuel Auriscote et de Paul Couturier. En 1944 il participe pour la première fois au Salon de Tuileries.

Gérard Lanvin réalise le Monument des Déportés ainsi qu’une statue de Saint-Bernard avec Jacques Yencesse. Il se livre ensuite à de nombreux travaux de décoration en publicité et il obtient, en 1953, le Prix Fénéon de Sculpture. Cette même année il acquiert son premier atelier à Paris et fait de riches et nombreuses rencontres avec entres autres Brancusi, Germaine Richier, Giacometti et Carton. De 1957 aux début des années 60, il expose ses œuvres, notamment au Musée Grimaldi d’Antibes (où il fit un séjour de travail de 1954 à 1960), à la Jeune Sculpture, au Salon de Mai et avec plusieurs de ses confrères chez Jacques Massol et à la Galerie Claude Bernard.

De 1959 à 1973, il se consacre également à la restauration d’ornements et d’œuvres sculptées, manière d'apprendre à regarder un monde au milieu duquel nous baignons encore sans l'avoir assez vu, même si nous en sommes nourris. C'est ainsi qu'il se lance dans de grandes campagnes de restauration pour les Monuments historiques : à Paris, Palais Brongniart, Palais Garnier, Assemblée Nationale, Institut de France, Palais du Luxembourg, Cour Carrée du Louvre; en province, églises de Montchauvet (Pays d'Auge), Saint-Lô (Manche), Gisors (Eure).

De 1970 à 1980, il réalise de nombreuses médailles pour l'Hôtel de Monnaies et Médailles. Il retrouve l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, en qualité d’enseignant cette fois, de 1973 à 1988, tandis que parallèlement, de 1984 à 1988, il donne des cours de modelage à la Ville de Paris.

Parmi ses œuvres monumentales, citons La Main, sculpture réalisée pour le centre E.D.F. de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône), en collaboration avec Claude Mary, ainsi que plusieurs commandes de la Ville de Reims.

« Gérard LANVIN est un de ces artistes qui se manifestent peu, trop peu au goût de l’amateur, mais dont chaque œuvre compte. Inquiet, difficile avec lui-même, il multiplie les épreuves, les recherches, l’exploration des voies qui paraissent s’offrir à l’inspiration, afin de les rejeter toutes successivement, à l’exception de la seule qui finalement, quand tout va bien, répond, on n’oserait pas dire satisfait, à ses secrètes exigences, à ce code, à cette grammaire, que tout artiste authentique porte en lui, grammaire informulée, d’autant plus tyrannique qu’il en est tout ensemble l’auteur, le custode et l’unique affidé(…).
Cet artiste confirmé mêle dans son art une modestie d’apprenti à des assurances de maître ».
CFM (Cahiers Français de la Médaille) n° 45




Principales œuvres

- 1946. Saint-Bernard, en collaboration avec Jacques Yencesse. Monuments des Déportés (Doubs).
- 1968. La Main, monument pour E.D.F. (Saint-Chamas, Bouches-du-Rhône), en collaboration avec Claude Mary.
- 1970-1985. Médailles pour la Monnaie de Paris : Hubert Yencesse, Karleinz Stockhausen, Archangelo Corelli, Jean-Claude Daquin, Michel Philippot, Eudes de France, Ter-Boch, Patrick White, Gérard Manley Hopkins, Maurice Blondel, Ovide Yencesse.
- 1975. Sculpture pour le groupe scolaire Léopold-Charpentier (Reims, Marne).
- 1976. Sculpture pour le groupe Mars Desbureaux (Reims).
- 1989. Portiques, ensemble de sculptures.

Principales collections publiques

- Musée de Poitiers (Vienne).
- Musée de Soissons (Aisne).
- Château Grimaldi (Antibes, Alpes-Maritimes).
- Musée de Villeneuve-sur-Lot (Lot).

Principales publications

- 1974. Notes sur la restauration, Bulletin du Club français de la Médaille, n°45, Paris.
- 1979. Emmanuel Auriscote, Bulletin du Club français de la Médaille, n°62-63.
- 1985. Ovide Yencesse, Bulletin du Club français de la Médaille, n°88.
- 1991. Notice sur la vie et les travaux de Jean Carton, publications de l'Institut de France, t.161, n°6, 9p.

Biographie et Bibliographie

- L'Art, arme des âmes, par P. Dehaye, Toulon, 1994.

Chevalier de la Légion d'Honneur
Officier des Palmes Académiques
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