Automne 2006 - page 11

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E
n 1989, le Metropolitan
Museum exposait la collection
d’art européen du XX
e
siècle
réunie par Jacques et Natasha Gelman.
Travaillant avec le musée et avec Mme
Gelman, Léonard Gianadda obtint la
collection pour la Fondation Pierre
Gianadda, où elle fut exposée l’été 1994.
Puis, à partir de 1996, le Metropolitan
Museum prêta des œuvres pour les
expositions qui se tinrent à Martigny,
consacrées à Manet, Modigliani,
Gauguin, Berthe Morisot et Paul
Signac. En 2004, le musée prêta son
assistance pour la venue à la Fondation
des trésors du monastère Sainte-
Catherine du mont Sinaï. Aujourd’hui,
la Fondation Pierre Gianadda présente
une exposition exclusivement consacrée
à des œuvres conservées au Metropolitan
Museum, en tout cinquante peintures
des maîtres anciens et du XIX
e
siècle.
Les toiles exposées ici, qui vont du XVI
e
au XIX
e
siècle, appartiennent à la collec-
tion, riche de 2 500 pièces environ, de
peinture européenne et du XIX
e
siècle,
où sont plus particulièrement représen-
tées la France et l’Italie, suivies par les
écoles hollandaise, flamande, néerlan-
daise, anglaise et espagnole.
L’Adoration des bergers
du Greco est
sans conteste l’un des chefs-d’œuvre les
plus marquants de l’exposition. Peinte
en 1610, c’est une pièce tardive, sur un
sujet plusieurs fois abordé par l’artiste,
qui demeurait alors depuis longtemps
à Tolède. Le
Portrait de Floris Soop en
porte-étendard
de Rembrandt est égale-
ment une pièce majeure. Peint en 1654,
il appartint à sir Joshua Reynolds. Le
modèle porte l’habit de cérémonie d’un
porte-étendard de la garde municipale
d’Amsterdam. Dans ce portrait, où les
détails du costume sont aussi magnifi-
quement rendus, s’exprime toute l’hu-
manité du maître hollandais.
Le Metropolitan Museum inaugura sa
première exposition de peintures
impressionnistes dès 1889.
Le Guitariste
de Manet, peint en 1860, fut donné
au musée en 1949, par son président,
William Church Osborn. Cette œuvre
de jeunesse reflète le goût de l’artiste
et du public de l’époque pour l’art et la
culture espagnols. Elle valut à Manet
son premier succès critique, avec une
mention honorable pour ses débuts au
Salon, en 1861, bien que certaines voix
se fussent faites entendre pour déplorer
son style réaliste et les traces de brosse
qu’on pouvait y voir.
Le Guitariste
fut
acheté par le baryton Jean-Baptiste
Faure en 1873.
Dans le pré
, de Renoir, rejoint les collec-
tions du Metropolitan Museum en 1951.
La toile fut peinte entre 1888 et 1892,
période où Renoir représenta ces
couples de jeunes filles dans des scènes
innocentes et intimes qui plaisaient fort
au public. Bien qu’on ait pu voir dans
les modèles la fille et la nièce de Berthe
Morisot, ils n’ont pas été identifiés avec
certitude. Le paysage, dans sa composi-
tion, rappelle ceux des peintres du
XVIII
e
siècle, notamment de Watteau.
Ces chefs-d’œuvre qui composent l’ex-
position témoignent du goût des collec-
E
xposition
Située Quai Anatole France –
passerelle de Solférino, cette
statue de quatre mètres de haut,
réalisée dans les ateliers de la
Fonderie de Coubertin, est
l’œuvre de Jean Cardot, membre
de l’Institut et également auteur
des statues de De Gaulle et
Churchill situées devant le
Grand et le Petit Palais.
C
ette œuvre est offerte à la Ville
de Paris en souvenir de Daniel
Wildenstein (1917-2001),
membre de l’Institut, par ses fils et par
la Florence Gould Foundation. Elle a
été inaugurée le 4 juillet, jour de
l’
Independence Day
, fête nationale
américaine.
Thomas Jefferson (1743-1826), troi-
sième Président des Etats-Unis
d’Amérique, symbole de l’amitié franco-
américaine, et ses pairs s’inspirèrent des
philosophes des Lumières pour rédiger
la Déclaration d’Indépendance.
Nous tenons pour évidentes pour elles-
mêmes les vérités suivantes : tous les
hommes sont créés égaux ; ils sont doués
par le Créateur de certains droits inalié-
nables; parmi ces droits se trouvent la
vie, la liberté et la recherche du bonheur.
Les gouvernements sont établis parmi
tionneurs new-yorkais qui ont contribué
à constituer l’exceptionnelle collection
de peinture européenne du Metropolitan
Museum. Puissent-ils trouver un
public neuf et nombreux à la Fondation
Pierre Gianadda.
u
Jusqu’au 12 novembre 2006
Fondation Pierre Gianadda
Rue du Forum 59
1920 Martigny (Suisse)
En haut : Edgar Degas,
Portrait d’une femme
en gris
, vers 1865.
Photo D.R.
Les chefs-d'œuvre de la peinture
européenne du Metropolitan
Museum of Art de New York,
à la Fondation Pierre Gianadda
L’exposition de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny,
Le Metropolitan Museum de New York : chefs-d’œuvre de la
peinture européenne
s’inscrit dans une coopération déjà ancienne
avec la prestigieuse institution new-yorkaise.
En haut : inauguration du monument en présence de
l’Ambassadeur des Etats-Unis, du Maire de Paris et
du Maire de Washington.
Photo Michel Giniès
Ci-contre : Jean Cardot dans l’atelier de
la Fonderie de Coubertin.
Photo Didier Bernheim
A
ctualités
La statue de
Thomas Jefferson
par Jean Cardot
les hommes pour garantir ces droits,
et leur juste pouvoir émane du consen-
tement des gouvernés. Toutes les fois
qu'une forme de gouvernement devient
destructive de ce but, le peuple a le droit
de la changer
(…)
1
.”
Il succéda à Benjamin Franklin comme
ambassadeur des Etats-Unis en France
de 1785 à 1789. Ministre des Affaires
Etrangères de 1789 à 1793, il soutint la
Révolution qui se déroulait dans un pays
qu’il admirait tant.
u
1) Extrait de la Déclaration d’indépendance
des Etats-Unis, 4 juillet 1776, traduction de
T. Jefferson.
1...,2,3,4,5,6,7,8,9,10 12,13,14,15
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