Automne 2006 - page 6

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Dossier
L’
Académie de France à Rome doit beaucoup à André Chastel. Sa passion
pour l’histoire de l’art lui a inspiré les plus hautes ambitions pour sa disci-
pline et il a su, lors de la réforme Malraux de 1971, démontrer l’utilité et
la richesse d’un échange entre historiens de l’art et créateurs. Au-delà de cette
action institutionnelle et dans le prolongement de ce qui venait de se faire
pour le Palais Farnèse avec l’École Française de Rome, André Chastel a mis en
place un projet éditorial d’une très grande ambition, un ouvrage en cinq volumes
consacrés à l’histoire de la Villa Médicis avant l’installation de l’Académie de
France à Rome. Il s’agissait notamment, dans l’esprit d’André Chastel, de montrer
que cette dernière savait honorer et faire mieux connaître les illustres murs qu’elle
occupait en terre italienne, en lui consacrant une publication scientifique au rayon-
nement international. Les trois premiers volumes, coédités avec l’École française
de Rome, sont devenus des références aux yeux des chercheurs. Ils ont été à l’ori-
gine de plusieurs découvertes scientifiques et ils ont fourni la documentation
indispensable aux diverses campagnes de restauration qui marquent la Villa Médicis
depuis une douzaine d’années.
Publiés entre 1989 et 1991 sous la coordination de
Philippe Morel et réunissant vingt-cinq spécialistes de
six pays différents, ces volumes présentent tous les
aspects du lieu : des relevés archéologiques, des docu-
ments iconographiques et des études historiques
embrassant l’histoire du site, du bâtiment et de ses
jardins de l’Antiquité jusqu’à la fin du XVIII
e
siècle.
Dès l’origine du projet, étaient prévus deux autres volumes réunissant le cata-
logue des prestigieuses collections d’antiques et de tableaux réunis par le cardinal
Ferdinand de Médicis (catalogue qui a été dressé par Alessandro Cecchi et par
Carlo Gasparri), ainsi qu’une ample sélection des sources archivistiques sur
lesquelles s’appuient et renvoient les quatre premiers volumes (sources réunies
par Glenn Andres, Suzy Butters, Elena Fumagalli, etc.).
Après plusieurs années de sommeil, il est plus que jamais nécessaire et urgent
d’achever ce projet éditorial aussi ambitieux qu’indispensable. Les volumes 4
et 5 permettront de mettre en lumière la richesse de la collection dont la Villa
Médicis fut l’écrin et révéleront de nombreux documents inédits très importants
pour la connaissance et pour la restauration du bâtiment et de ses jardins. La
publication de ces deux derniers volumes peut maintenant voir le jour grâce à
l’aide déterminante de l’Académie des Beaux-Arts - elle renoue de la sorte un lien
symbolique et historique avec l’Académie de France à Rome qui fut pendant plus
d’un siècle et demi placée sous sa tutelle - et avec la fidèle complicité de l’Ecole
Française de Rome qui manifeste ainsi son attachement à ce projet soutenu de
façon toute particulière par son ancien directeur, Charles Pietri. L’achèvement
de cette publication est enfin un hommage au grand historien de l’art que fut
André Chastel, disparu en 1990, ainsi qu’à l’histoire des prestigieuses institutions
qu’elle réunit.
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La Villa Médicis retrouvée
Par
Marc Bayard
, Chargé de mission pour l’histoire de l’art,
Académie de France à Rome
André Chastel a
mis en place un
projet éditorial
d’une très grande
ambition.”
La Villa Médicis s’attache à retrouver sa splendeur de la fin du XVI
e
siècle. Les restaurations des années 2000 ont permis de retrouver
la couleur blanc ivoire des façades de la villa, en accord avec les marbres anciens des sculptures antiques, dont témoignent,
notamment, les tableaux de Gaspar Van Wittel.
Photos D.R.
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