Automne 2006 - page 7

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L
e 20 janvier 2005, Monsieur Renaud Donnedieu
deVabr e s , Mi n i s t r e de l a Cu l t ur e e t de l a
Communication, a inauguré un nouveau cabinet
de dessins à l’École des Beaux-Arts qui conserve une des
plus prestigieuses collections dans ce domaine en France,
après celle du Département des Arts graphiques du Musée
du Louvre.
Constitué par un premier ensemble autour de l’enseigne-
ment, plus particulièrement de l’étude d’après l’antique et
d’après le modèle vivant, ce fonds s’est en effet progressi-
vement enrichi de donations d’anciens élèves et de collec-
tionneurs, qui firent don à l’École d’œuvres de Raphaël,
Vinci, Titien, Tiepolo, Dürer, Rembrandt, Poussin, Ingres
et Géricault.
Elle fut complétée en 1987 par la collection de Mathias
Polakovits. Dernier grand donateur de l’Ensba, ce journa-
liste d’origine hongroise rassembla plus de trois mille feuilles
de l’École française du XVII
e
et du XVIII
e
siècles, qu’il offrit
à l’Ecole, dans l’espoir qu’un jour une salle y soit aménagée
pour accueillir les chercheurs, les amateurs, les étudiants, les
élèves de l’École, désireux de consulter ces œuvres.
Dix-huit ans plus tard Jean Bonna, banquier suisse et lui-
même collectionneur passionné de dessins, permet d’accéder
à ce vœu en finançant l’intégralité de l’aménagement de ce
cabinet d’art graphique, chance exceptionnelle pour l’École
qui assure enfin à son patrimoine artistique tout le rayonne-
ment qu’il mérite auprès de ses propres étudiants et de ses
professeurs mais aussi auprès des chercheurs, universitaires,
conservateurs et des amateurs.
C’est dans ce cadre que l’Académie des Beaux-Arts, à la
suite de nombreux échanges entre son Secrétaire perpétuel,
Arnaud d’Hauterives, et le directeur de l’École nationale
supérieure des Beaux-Arts, Henry-Claude Cousseau,
alloue une bourse à un étudiant en thèse d’histoire de l’art
affecté au Cabinet des dessins de l’École ; il est chargé d’as-
sister le conservateur des dessins dans les activités liées au
cabinet d’art graphique. Le boursier assure l’accueil des expo-
sitions qui sont organisées dans le cabinet pour dévoiler au
public différentes facettes de la collection. Depuis l’ouver-
ture, de nombreux thèmes ont été abordés : le paysage au
XVIII
e
siècle, les académies du XVIII
e
siècle, le portrait au
XVII
e
siècle, une sélection de dessins de Gustave Moreau,
de dessins italiens appartenant à la collection de Jean Bonna.
Enfin, chaque printemps est l’occasion d’un volet consacré
à l’art contemporain, initié cette année avec les œuvres de
Jean-Michel Alberola, par ailleurs professeur à l’Ensba.
Chacune de ces expositions donne lieu à l’élaboration de
publications scientifiques, présentées sous forme de cata-
logue ou de petit journal, à laquelle le boursier est amené
à prendre part. Dans le cadre de l’exposition Jean-Michel
Alberola
Cartes de visite, vers luisants
par exemple, il a
travaillé sur l’ensemble des treize dessins d’après Holbein
donnés à l’Ecole par l’artiste.
Le boursier prend régulièrement en charge des confé-
rences, organisées auprès des groupes d’amateurs, d’asso-
ciations de musées, des séminaires de troisième cycle d’uni-
versités. Sa présence permet également de compléter l’in-
formatisation et la numérisation du fonds graphique dans la
base Micromusée qui sera d’ici quelque temps mise en ligne
sur internet.
Enfin, il assure des tâches de promotion, de diffusion
des activités du cabinet et travaille au développement des
échanges entre les universités et l’Ecole, entre les futurs
artistes et les jeunes historiens de l’art. Les collections sont
donc mises à disposition non seulement des chercheurs mais
également des étudiants de l’Ecole, par l’organisation de
cours hebdomadaires et la possibilité de copier les dessins
de la collection.
u
L’Académie et l’Ecole nationale supérieure
des Beaux-Arts, partenaires pour
le fonctionnement du cabinet des dessins
Par
Emmanuelle Brugerolles
, conservateur des collections de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
Dossier
En haut : Jean-Auguste Dominique Ingres,
Femme nue couchée
.
Photo ENSBA
L’
Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris
conserve la plupart des manuscrits, écrits d’artistes
ou d’historiographes, réunis par l’Académie Royale
de Peinture et de Sculpture sous le terme de Conférences,
et qui reflètent les discussions menées en séance aux XVII
e
et XVIII
e
siècles par les Académiciens.
Ces textes constituent la base sur laquelle repose l’essen-
tiel de la connaissance de l’art français sous l’Ancien Régime
et témoignent non seulement de la pensée des artistes fran-
çais pendant un siècle et demi mais aussi de l’évolution du
goût et de la perception de l’art durant cette période.
A ce jour, seules quelques conférences avaient été éditées
dans leur intégralité en 1996 par les soins du professeur
Alain Mérot (Editions de l’ENSBA). C’est pourquoi la publi-
cation complète et scientifique, accompagnée d’un appa-
reil critique, s’imposait depuis de longues années, permet-
tant enfin de prendre la pleine mesure des idées de l’ins-
titution académique.
En 2001, Thomas Gaehtgens, historien de l’art spécialiste
de cette période et directeur du Centre allemand d’his-
toire de l’art à Paris, décidait généreusement de s’associer à
ce projet ambitieux et de nous apporter la
logistique de son institution avec l’aide d’un
mécène allemand, le Gerda Henkel Stiftung, pour
envisager la publication intégrale de ces
Conférences, sous la direction scientifique de
Jacqueline Lichtenstein, professeur de philoso-
phie de l’art à l’université de Paris-IV-Sorbonne,
et de Christian Michel, professeur d’histoire de
l’art à l’université de Lausanne.
Le service des Editions de l’Ecole nationale
supérieure des Beaux-Arts assure la maîtrise d’ou-
vrage de cette publication envisagée sur dix ans et qui repré-
sente un ensemble de vingt volumes d’environ quatre
cents pages, au rythme de deux par an.
De 2001 à 2004, l’équipe des doctorants constituée par
le Centre allemand d’histoire de l’art a numérisé les micro-
films de la Bibiliothèque de l’Ecole nationale supérieure des
Beaux-Arts et entrepris, sous la direction de Jacqueline
Lichtenstein et de Christian Michel, l’édition scientifique
des Conférences.
Entretemps, en 2002, un comité scientifique a été créé,
qui réunit, à mes côtés, Thomas Gaeghtgens, Jacqueline
Lichtenstein, Christian Michel, Alain Mérot, Pascale Le
Thorel-Daviot, Pascale Griener, Thomas Kirchner et Marcus
Kastor. Le Comité a depuis lors validé les deux premiers
volumes qui devraient paraître à l’automne 2006.
Les Conférences sont classées par ordre chronologique.
Chacune d’entre elles est replacée dans son contexte histo-
rique du point de vue des activités de l’Académie Royale de
Peinture et de Sculpture. Une introduction
critique accompagne tous les textes. Dans les
conférences traitant d’une œuvre d’art, son lieu
de conservation, les estampes ou moulages exis-
tants sont signalés. Pour chaque œuvre, l’édi-
tion reproduit une pleine page couleur ainsi
qu’un cadrage des détails signalés dans la confé-
rence. Sont précisés les dates des relectures
successives et les différents états des textes
modifiés.
Il me semblait évident, dès à l’origine de ce
projet, que l’Académie des Beaux-Arts, dont l’histoire s’est
longtemps confondue avec celle de l’Ecole nationale
supérieure des Beaux-Arts, ne pouvait qu’être associée à
cette entreprise patrimoniale d’envergure nationale. Son
Secrétaire perpétuel, Monsieur Arnaud d’Hauterives, a
répondu avec un empressement et une générosité que je
tiens à souligner. La contribution de l’Académie des Beaux-
Arts prend la forme d’une aide financière importante pour
l’édition. Elle inaugure ainsi un nouveau partenariat excep-
tionnel entre ces deux institutions, dans la tradition de l’esprit
de connaissance qui a animé pendant plus d’un siècle et demi
les auteurs des Conférences.
u
Un partenariat entre
Académie et Ecole des
Beaux-Arts pour
l’édition des Conférences
de l’Académie Royale de
Peinture et de Sculpture
Par
Henry-Claude Cousseau
, Directeur de
l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
Ces textes
constituent la base
sur laquelle repose
l’essentiel de la
connaissance de
l’art français sous
l’Ancien Régime.”
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