Automne 2007 - page 15

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Distinction
Yves Millecamps
, membre de la
section de Peinture, a été fait
chevalier dans l’Ordre de la
Légion d’Honneur.
Publications
Parution de
L’opéra de Pékin,
le roman d’un chantier
,
de
Paul Andreu
, aux éditions
du Chêne. Pendant neuf ans,
Paul Andreu s’est consacré à la
conception et la construction de
l’Opéra de Pékin officiellement
inauguré fin 2007. De l’architecture
à l’écriture, il n’y a souvent qu’un pas.
C’est pourquoi, au moment où le
public découvre le Grand Théâtre
National de Chine, Paul Andreu
livre ici, en mots et en images,
son roman de l’Opéra
Parution, aux Editions de
La Martinière, d’un ouvrage dédié à
Lucien Clergue
. Mélant ses
images les plus emblématiques et
de nombreux documents, il consacre
l'œuvre d'un homme qui depuis
plus de cinquante ans “écrit avec
la lumière”.
V
oici cinquante ans, par la volonté de sa fille, Victorine Donop de
Monchy, une partie importante de la collection du docteur Georges
de Bellio entrait au Musée Marmottan. Cette donation, où se
côtoient les œuvres des maîtres français, italiens et flamands du XVIII
e
siècle et les peintures impressionnistes, comprend un certain nombre de
tableaux illustres tel
Impression, soleil levant
de Claude Monet.
L’intérêt de cette collection ne réside pas seulement dans la présence
d’oeuvres célèbres, mais dans ce qu’elle implique comme choix et exclu-
sions. Réunie sur une période de trente ans, elle est le reflet des amitiés
artistiques et du mécénat discret de Georges de Bellio. Elle comporte un
ensemble particulièrement riche de toiles impressionnistes de 1872 à 1880,
où Monet tient la vedette.
Georges de Bellio a fait preuve d’une grande ouverture d’esprit en ache-
tant des œuvres de Claude Monet et de Camille Pissarro alors qu’ils étaient
encore inconnus mais aussi d’un refus méritoire de la mode en refusant de
suivre ce dernier lorsqu’il se rapprocha des néo-impressionnistes.
L’inventaire de la collection Georges de Bellio, dressé après sa mort par
son gendre Eugène Donop de Monchy, recense plus de trois cents pein-
tures, pastels, aquarelles et dessins d’une qualité rare. Pour rendre
hommage au goût et à la perspicacité de cet amateur roumain, l’exposition
présente un florilège de cette collection, aujourd’hui en partie dispersée,
qui fut une des plus remarquables de son temps.
Du 10 octobre au 3 février.
Illustration : Berthe Morisot,
Au Bal
, 1875 (détail).
Photo Bridgeman-Giraudon
E
xposition
A l’apogée de
l’Impressionnisme
La collection Georges de Bellio
au Musée Marmottan Monet
C’est souvent grâce au génie et à la générosité de grands
collectionneurs que des œuvres de peintres aujourd’hui célèbres
sont parvenues jusqu’à nous. Une de ces collections remarquables,
comportant un nombre importants de tableaux impressionnistes
parmi les plus illustres, est présentée au Musée Marmottan Monet.
Si l’on voulait qualifier Jean-Marie Granier, on
pourrait dire de lui : “c’était un Cévenol”.
Il était vraiment le produit de cette terre riche de soleil et
de contrastes.
Le contraste, il le portait déjà en lui par ses origines
mêmes ; en effet, catholique dans un pays à dominante
protestante, il se disait appartenir à une minorité dans
une minorité.
Il fit sa scolarité comme pensionnaire chez les
“Maristes” d’Aubenas.
Pendant la guerre, il n’échappa pas au “S.T.O.” (travail
obligatoire en Allemagne) et connut les terribles
bombardements de Dresde.
La paix revenue, il songe à devenir moniteur d’éducation
physique mais la passion du dessin qu’il porte en lui le
conduit à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de
Robert Cami, où je le vis arriver un jour de 1947, avec son
bel accent du midi.
Il avait ce don du dessin qui fut la ligne inflexible de sa
carrière. On naît dessinateur, la gravure n’étant qu’un outil
qui prolonge la main.
Je le revois à l’atelier retour de vacances avec ses dessins et
croquis où rien n’échappait à son œil infaillible.
A cette époque, il se marie avec une camarade, Josée, qui
poursuit une carrière de céramiste. Il part pour Madrid
avec la bourse de la Casa de Velazquez.
C’est une période féconde où il abandonne l’eau-forte
pour le burin, la technique reine.
Son travail porte la marque d’une stylisation allant vers le
schématisme et aboutissant à la quintessence du “signe”
sans référence à la figuration.
D’abord professeur aux Beaux-Arts de Nîmes, il est
nommé Chef d’Atelier à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où
il formera une pléiade de jeunes talents.
Elu à l’Académie des Beaux-Arts Institut en 1991, il en est
à deux reprises Président, en 1994 et 1999.
Puis, Directeur du Musée Marmottan-Monet depuis 2000,
il réalise de grandes expositions dont celle consacrée à
Camille Claudel.
Il meurt un jour d’été dans cette “Bastide” de La Borie,
ancienne demeure des Templiers, choisie et aménagée
par lui.
René Quillivic
, membre de la section de Gravure
Christian Langlois nous a quittés… Tous ceux qui, à
des titres divers, ont connu la joie de vivre dans son
sillage, persisteront à ressentir son souvenir fidèle : un
souvenir qui émane de la personnalité attachante, vivante,
issue d’une présence exceptionnelle à bien des titres.
L’épreuve dramatique qu’il a subie, au milieu des siens,
dans une discrétion courageuse, ne saurait effacer de nos
souvenirs personnels ou collectifs tous les aspects brillants,
vivants, multiples et profonds, humoristiques et toujours
cultivés, talentueux, vigoureux et variés de ce personnage.
Ses confrères de l’Institut de France, à l’Académie des
Beaux-Arts, ainsi que les membres du Collège des
conservateurs de Chantilly ont pu bénéficier et acquérir, à
son côté, ces valeurs pendant trente années.
Esprit ouvert, amateur d’art, pratiquant le dessin, sensible
à la musique, écrivain avide de transmettre ses opinions
notamment en animant une chaîne de radio, il possédait
cet art de raconter de façon vivante et humoristique des
vérités profondes nées parfois de situations délicates
qu’il proposait de traiter avec la sagesse d’une érudition
sans faille.
C’est d’ailleurs dans l’esprit même de cette sagesse que
son talent d’architecte s’est exprimé : ses réalisations,
conçues pour l’usage d’édifices consacrés aux plus
éminentes fonctions de la nation française seront des
traces vivantes de son talent créé sous des formes parfois
discutées mais qui font l’unanimité des jugements.
Ayant pour ma part le privilège de les contempler
quotidiennement, cela justifiait, pour moi, le devoir
d’évoquer son souvenir émouvant.
Yves Boiret
, membre de la section d’Architecture
Jean-Marie Granier
Christian Langlois
La rentrée trouve notre Compagnie bien endeuillée :
en effet, deux de ses membres nous ont quittés durant
l’été, l’architecte Christian Langlois et le graveur
Jean-Marie Granier
.
Photos Francis Apestéguy
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ommages
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