Automne 2008 - page 2-3

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Héritage et création, le thème que
nous propose Yves Boiret, l’inté-
rêt suscité, la vivacité, la franchise
des réactions qu’il a provoquées au
sein de l’Académie, composent un
énorme kaléidoscope d’idées et d’expériences où se mêlent, se bouscu-
lent chefs-d’œuvre du patrimoine, créations modernes et conceptions
qui en sous-tendent l’existence.
Quels liens pour les rapprocher ? L'été dernier, au Louvre, le plasticien
Ian Fabre a été invité à soumettre au public la confrontation, dans les
salles classiques, du fruit surprenant de ses imaginations fantasmati-
ques et des œuvres exposées. L’amorce d’une mode ?
On est loin du temps où le jeune Emile Zola tentait d’entraîner à Paris
son camarade aixois Paul Cézanne, « incliné à la peinture », pour l’ar-
racher à la carrière bancaire qu’entendait lui imposer son banquier de
père. En mars 1860, il lui conseillait cette simple pratique : « Paris t’of-
fre un avantage que tu ne saurais trouver autre part, celui des musées
où tu peux étudier d’après les maîtres. De midi à quatre heures tu
copieras le chef d’œuvre qui te plaira… Tu ne peux tarder, avec un tel
régime, de bien faire ».
Depuis, Marcel Duchamp a orné de moustaches le sourire de la
Joconde, et Picasso superbement inscrit ses variations sur
Les Ménines
de Velazquez et
Le Déjeuner sur l’herbe
de Manet.
Dans l’ordre architectural, depuis Viollet-le-Duc, le principe de la res-
tauration des monuments dégradés par le temps a été acquis, et l’ar-
chitecte restaurateur désigné entreprend un dialogue avec son prédé-
cesseur. Mais, conduit à combler les vides des ruines, il peut être tenté
d’y inscrire une création personnelle qui, plus tard, sera remise en
question au nom de l’architecture originelle, comme dans la basilique
Saint-Sernin, à Toulouse.
Les auteurs de ce dossier apportent matière à réflexions et, sans doute,
à débat.
sommaire
page 2
Editorial
page 3
Réception sous la Coupole :
Seiji Osawa
pages 4 à 25
Dossier :
« Héritage et création »
pages 26, 27
Exposition :
La Casa de Velazquez 2008
pages 28, 29
Actualités :
Visite du Pape Benoît XVI
à l'Institut de France
Décoration
Exposition :
Musée Marmottan Monet
« Monet : l’œil
impressionniste »
pages 30, 31
Exposition :
« Peintres contemporains de
l'Académie des Beaux-Arts »
page 32
Calendrier des académicien
s
E
ditorial
Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T D E F R A N C E
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication
: Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
: délégué Paul-Louis
Mignon ; membres : Louis-René Berge, Yves Boiret, Edith Canat de Chizy, Gérard Lanvin, François-Bernard Michel, Lucien Clergue
Conception générale, rédaction et coordination
: Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
:
Impression
: Belzica -
Imprimerie Frazier • ISSN 1265-3810 •
Académie des Beaux-Arts 23, quai de Conti 75006 Paris
E
lu membre Associé étranger, le 27 juin 2001 au fau-
teuil précédemment occupé par Yehudi Menuhin,
Seiji Ozawa est né le 1
er
septembre 1935 à Shenyang
en Chine, de parents japonais. Il étudie à l’Ecole deMusique
de Toho à Tokyo avec le professeur Hideo Saito. En 1959,
il remporte le premier prix du Concours International
de Direction d’Orchestre de Besançon. Charles Munch,
alors directeur musical de l’Orchestre Symphonique de
Boston, l’invite à Tanglewood. Il remporte en 1960 le prix
Koussevitzky du Tanglewood Music Center qui honore le
meilleur élève en direction.
AssistantdeHerbertvonKarajanàBerlin,LeonardBernstein
l’engage comme assistant de l’Orchestre Philharmonique de
New York lors d’une tournée au Japon en 1961. Il donne
son premier concert en janvier 1962 en Amérique du Nord
avec l’Orchestre Symphonique de San Francisco. De 1964
à 1969, il est directeur musical du Festival de Ravinia, rési-
dence d’été de l’Orchestre Symphonique de Chicago, puis
directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Toronto
de 1965 à 1969, et de l’Orchestre Symphonique de San
Francisco de 1970 à 1976.
Seiji Ozawa dirige l’Orchestre Symphonique de Boston
pour la première fois en 1964 à Tanglewood et en 1968 au
Symphony Hall de Boston. En 1973, il est nommé directeur
musical de l’orchestre qu’il ne quitte qu’en 2002, pour le
poste de directeur musical de l’Opéra de Vienne. Il est par
ailleurs conseiller musical du New Japan Philharmonic et
travaille une fois par an avec le Mito Chamber Orchestra
avec lequel il effectue une tournée européenne en juin 2008.
Seiji Ozawa dirige aussi régulièrement le Philharmonique
de Berlin avec lequel il a effectué cette saison une tournée
européenne en compagnie d’Anne Sophie Mutter pour le
centenaire de Herbert von Karajan.
Extrait du discours prononcé par
Hugues R. Gall :
C'était à Besançon, ce soir du 10 septembre
1959 ; les violoncelles, les flûtes et cymbales
antiques du dernier accord de
L’Après-midi d’un Faune
s’estompaient : soudain, sous le sourire désapprobateur
mais ravi d’Eugène Bigot, le très respecté président
du Jury, ce fut une explosion, le public ovationnait,
transgressant la règle, le jeune félin dansant, finaliste du
concours de chefs d’orchestre qui venait de le fasciner,
de le charmer tout au long des épreuves : c’était le
début de vos noces avec la France, avec sa culture et
ses musiques ; ces noces, elles se prolongent depuis
près de 50 ans, vous les renouvelez sans cesse par les
programmes de vos concerts en marquant à la France, à
ses compositeurs, à ses artistes interprètes, à Paris, à nos
grandes institutions musicales une fidélité, une attention,
et pourquoi ne pas le dire, un amour tout particuliers.
La fin du XX
e
siècle, ce siècle qui avait vu se former,
s’épanouir, rayonner votre personnalité dont désormais ni
la musique ni les publics français ne pourraient se passer,
avait été attristée pour le monde entier et pour notre
compagnie par la disparition de Yehudi Menuhin.
Le siècle nouveau commençait, lui, par une grande joie,
celle votre élection parmi nous le 27 juin 2001!
Sept ans plus tard - le temps académique doit s’accorder
souvent au calendrier des grands artistes migrateurs - c’est
avec une émotion toute spéciale que je vous accueille sous
cette coupole au nom de mes confrères, de vos confrères,
dans cette Académie où vous retrouvez beaucoup d’amis
et où sont toujours présents – vous croyez aux forces de
l’esprit - Menuhin bien sûr, mais aussi le cher Olivier
Messiaen, celui que vous nommez affectueusement,
respectueusement votre « bon géant » ; celui dont l’œuvre
et la personnalité ont marqué votre vie.
En haut : Hugues R. Gall et Seiji Ozawa.
A gauche : Arnaud d'Hauterives, Secrétaire perpétuel de
l'Académie, Christine Albanel, Ministre de la culture et de la
communication et Seiji Ozawa.
R
éception
sous la
C
oupole
Le mercredi 24 septembre 2008, sous la Coupole de
l’Institut de France, le chef d’orchestre Seiji Ozawa
était reçu à l’Académie des Beaux-Arts par son
confrère Hugues R. Gall.
Photos Brigitte Eymann
Seiji Ozawa
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