Automne_2002 - page 7

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L
e Musée des civilisations de l’Europe et de la
Méditerranée, qui ouvrira ses portes à Marseille en 2008,
s’inscrit à la fois dans une continuité et un contraste avec
l’actuel Musée national des arts et traditions populaires : nous
sommes les héritiers de Georges-Henri Rivière, fondateur de ce
musée, nous devons conserver
les acquis fondamentaux de sa
muséologie, mais nous devons
également la renouveler.
Notre projet repose sur trois
innovations principales :
Un concept nouveau :
nous sommes partis de l’idée
que, dans un musée d’anthro-
pologie sociale et culturelle,
comme veut l’être celui de
Marseille, le patrimoine, c’est
le public, sa culture et sa
mémoire, et non pas les objets.
Les collections exposées ont
une fonction de signes : elles
doivent permettre au visiteur
de replacer les questionne-
ments sociaux contemporains
dans une perspective culturelle
élargie.
Une méthodologie
nouvelle, fondée sur le compa-
ratisme et la transdisciplinarité
: les objets matériels ne
“parlent” que s’ils sont
comparés entre eux et si toutes les disciplines qui permettent de
comprendre leur langage collaborent.
Une redéfinition du champ géographique et historique
considéré : notre domaine d’étude, pour conserver sa logique
interne, doit être conçu de façon plus large. Il doit être étendu,
dans l’espace, à l’ensemble de l’Europe et de la Méditerranée,
et, dans le temps, aussi loin que l’exige chaque phénomène
culturel ou social étudié.
Notre projet scientifique et culturel une fois défini, il nous
restait à trouver une forme muséographique qui lui soit adéquate
et un lieu qui puisse l’accueillir. On peut caractériser la première
en disant que le musée de Marseille n’aura pas pour centre
des présentations permanentes, mais des “espaces de référence”
évolutifs, autour desquels s’organiseront expositions temporaires
et événements culturels (conférences, débats, présentation de
films, concerts, actions théâtrales, narrations, etc.) : il sera autant
un
forum
qu’un musée.
En ce qui concerne le lieu, Marseille offrait, avec le Fort Saint-
Jean et la Cité de la Méditerranée, un espace à la fois magni-
fique et profondément emblématique des relations entre le Nord
et le Sud, l’Orient et l’Occident, qui ont progressivement tissé
les cultures de l’Europe et de la Méditerranée.
Grande salle des séances, le 3 avril 2002.
Communication
L
a présentation à l’Académie d’un deuxième volume des procès-verbaux
pour la période 1816-1820 offre l’occasion de s’interroger sur la justi-
fication de l’entreprise.
L’importance des procès-verbaux pour l’histoire de l’art résulte de la qualité
des missions qui ont été confiées à la classe des beaux-arts dès sa fondation.
Certes, l’institution nouvelle n’a pas pour fonction d’enseigner, contraire-
ment à ce qui se passait sous l’Ancien Régime, mais ne se limite pas au seul
rôle d’honorer les meilleurs artistes en les invitant à en faire partie : c’est une
compagnie où l’on travaille. On y exerce, pour parler en termes juridiques,
quitte à froisser les sentiments des artistes eux-mêmes, une mission de contrôle
a priori et a posteriori sur les phases les plus importantes de l’enseignement :
le concours du Grand Prix et les envois de Rome. Les procès-verbaux résu-
ment en quelque sorte les rapports que l’Etat et la société nouent avec les
arts tout au long du XIXème siècle.
Sur cette base, la conférence explique la nature du travail éditorial, les
méthodes employées et les objectifs de l’opération conduite.
On s’interrogera en conclusion sur la pertinence du rôle tenu par l’Académie
au début de la Restauration. On tentera un parallèle entre cette époque et la
nôtre, au point de vue des rapports que l’Etat et les pouvoirs publics entre-
tiennent avec les arts.
Grande salle des séances, le 15 mai 2002.
Communication
Le
Musée des
civilisations de
l’Europe
et de la
Méditerranée
à Marseille
par Michel Colardelle
Directeur du Musée national des arts
et traditions populaires -
Centre d’ethnologie française
Pourquoi
éditer
les
procès-
verbaux
de
l’Académie
des
beaux-arts ?
par Jean-Michel Leniaud
Directeur d’études à l’Ecole pratique des
Hautes Etudes et professeur à l’Ecole
nationale des chartes.
Le Fort Saint-Jean à Marseille,
lieu du futur Musée des civilisations
de l’Europe et de la Méditerranée.
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