Automne_2003 - page 10

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Actualités
Décorations
Jean-Marie Granier
,
membre de la
section de Gravure, a été fait Chevalier
dans l’ordre des Arts et des Lettres.
Laurent Petitgirard
,
membre de la
section de Composition musicale, a été
promu Commandeur dans l’ordre des
Arts et des Lettres.
L
e 22 septembre dernier,
Hugues
Gall,
membre libre de l’Académie
des Beaux-Arts et directeur de l’Opéra
de Paris, a inauguré au Palais Garnier
un buste de Rolf Liebermann, réalisé
par Jean Cardot,
membre de la section
de Sculpture.
Voici un extrait de son discours prononcé
à cette occasion :
“Vous savez la précision méticuleuse qui
caractérise tout le projet décoratif de
Charles Garnier pour la maison qui porte
son nom. Ainsi le génial architecte avait
fixé à 80 le nombre des bustes d’artistes
qui devaient orner les espaces publics de
son palais de l’art lyrique et de la danse :
compositeurs, librettistes, décorateurs,
chanteurs, danseurs et chorégraphes,
accompagnés de quelques-uns des direc-
teurs de l’institution. Or les aléas de l’his-
toire ont voulu que le chiffre de 80 n’ait
pas été atteint. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y
avait que 79 bustes.
Ainsi donc le buste que nous inaugurons
cet après-midi vient parachever l’un des
ensembles d’œuvres d’art voulu par
Charles Garnier pour cet édifice qui
demeure son
opus magnum
. Il ne restera
d’ailleurs pas à l’endroit où nous
allons le découvrir aujourd’hui,
mais va
rejoindre l’un des espaces latéraux du
grand foyer, non loin précisément du
magnifique buste de Charles Garnier
par Carpeaux.
Pourquoi un buste de Rolf Liebermann ?
Dans d’autres maisons d’opéra à travers
le monde, on poursuit cette tradition qui
consiste à matérialiser, par un buste, le
souvenir des personnalités qui ont
marqué son histoire.
Moi qui aurai été le
premier directeur de l’Opéra National
de Paris au XXI e siècle, je pensais devoir
me soucier de graver ainsi physiquement
dans l’architecture du lieu la mémoire
d’un des grands directeurs de la maison
durant le siècle précédent.
Le nom de Rolf Liebermann s’imposait
de lui-même, parce que je suis intime-
ment convaincu que, sans lui, l’Opéra de
Paris n’aurait pas atteint sain et sauf
le XXI e siècle.
Au moment même où je me suis mis
à imaginer un buste de Rolf
Liebermann, le nom de Jean
Cardot s’est imposé à moi, parce
que j’ai été profondément impres-
sionné par ses statues de Charles
de Gaulle et Winston Churchill.
Ces énergiques rêveurs d’un
avenir à reconstruire, ces hommes
de pouvoir et de conviction, Cardot
les a saisis de l’intérieur pour les
faire vivre dans l’immobilité du
bronze. Et ne pouvant m’empêcher
de compter Rolf Liebermann, comme
eux, parmi les grands bâtisseurs du siècle
passé, en même temps que parmi ses
grands humanistes, j’étais certain
que Cardot, sans l’avoir jamais
rencontré, trouverait en lui
un modèle à sa mesure.”
Rétrospective
Frédéric
Bazille
G
rand ami de Monet, Sisley, Renoir,
il vécut à leurs côtés les moments
difficiles des débuts de
l'Impressionnisme sans
malheureusement pouvoir profiter de la
gloire qu'ils allaient connaître.
La guerre franco-prussienne faucha le
jeune artiste à l'âge de 29 ans.
La dernière exposition consacrée à
Bazille date de 1950.
Grâce aux prêts des musées français,
particulièrement le musée Fabre de
Montpellier, le musée d'Orsay et le
musée de Grenoble, des grands musées
américains et de collectionneurs privés,
le musée Marmottan Monet est heureux
de pouvoir présenter à nouveau une
rétrospective très représentative de
l'œuvre de Frédéric Bazille.
Exposition du 2 octobre 2003
au 11 janvier 2004,
Musée Marmottan-Monet,
2, rue Louis Boilly, 75016 Paris
La Vue du village
, 1968 (détail),
Musée Fabre,
Montpellier.
Expositions
Despierre
ou l’éloquence du cœur
Le buste de Rolf Liebermann
par Jean Cardot
Le Grand prix
d’Architecture
2003
P
our la première fois en 2003,
le concours pour le Grand Prix
d’Architecture de l’Académie des
Beaux-Arts est ouvert aux
ressortissants de la communauté
européenne, architectes et étudiants
en architecture n’ayant pas atteint
trente-cinq ans au 1er janvier 2003.
Individuel et anonyme, ce concours
comporte trois épreuves : une
première esquisse conçue de manière
indépendante. Les auteurs des
meilleures esquisses, au nombre
maximum de vingt, sont admis à
concourir pour l’épreuve suivante ;
une seconde esquisse en loge
(18 heures) réalisée à l’aide de l’outil
informatique. Les auteurs des
meilleures esquisses, au nombre
maximum de dix, sont admis à prendre
part à l’épreuve définitive ; un projet
d’architecture.
Le thème choisi cette année est :
Le musée de l’Histoire de l’Homme à
travers le monde
.
Le concours est doté de trois prix :
Grand prix (prix Charles Abella) de
25 000 euros.
Deuxième prix (prix
André Arfvidson) de 10 000 euros.
Troisième prix (prix Paul Arfvidson) de
5 000 euros. En outre, les lauréats des
trois premiers prix seront dotés par la
société Hewlett Packard,
mécène du
Grand Prix d’Architecture, d’un
matériel informatique professionnel.
Prix
et
concours
Hommage à
Georges Rohner
“Trente-trois peintures et aquarelles”
Rétrospective, du 9 octobre au 8 novembre 2003.
Galerie Framond, 3, rue des Saints-Pères 75006 Paris
L
a Galerie Saint-Hubert à Lyon consacre
une belle rétrospective au peintre
Despierre, élu membre de l’Académie des
Beaux-Arts en 1969 et décédé en 1995.
Jacques Despierre compte parmi les peintres
français du XX e siècle qui ont voulu symbo-
lisé l’esprit de leur temps, comme l’atteste
l’ouvrage que Somogy éditeur d’art publie
sous la direction de François et Danielle
Ceria, avec le concours de Dominique
Villemot, conservateur en chef honoraire
de la bibliothèque nationale ainsi qu’une
importante étude de Lydia d’Harambourg
sur les œuvres de Despierre évoquées là
également par les témoignages de nombreux
critiques et amis.
149 photos en couleurs pour la plupart
évoquent le grand caractère, l’humanité et
l’éclat d’une création qui, pour rester fidèle
à elle-même, se renouvelle sans cesse. L’art
de Despierre, en même temps que le sens
du naturel et l’harmonie du regard, c’est
l’éloquence du cœur. On voit bien ce qui
anime le peintre, une attirance rare pour
l’architecture des formes, traitée avec l’éner-
gie de célébrer passionnément le sujet.
Héritier de l’esthétique conceptuelle du
cubisme, il rend compte objectivement du
réel sans réfréner l’inspiration.
De même
que Desnoyer et Gromaire, ses prédéces-
seurs à l’École nationale supérieure des
arts décoratifs, dirigée par Léon
Moussinac, où il enseigna l’art mural,
Despierre, tenté par les vastes surfaces,
a exécuté maintes tapisseries, des décora-
tions pour plusieurs paquebots, des
fresques, des mosaïques pour des édifices
publics… De là, ce souci du travail
solide qui le conduit dans ses croquis
comme dans ses tableaux ; paysages, per-
sonnages, natures mortes en témoignent.
Dans ses peintures à l’huile ou à l’eau, une
géométrie sensible des formes s’exerce.
Avec l’aquarelle, alliant des compositions
toujours originales au prestige de la cou-
leur, l’effet est saisissant. S’y rattache le
thème sentimental et conquérant de la
Grèce […]
Les inflexions monumentales permanentes
du style des peintures de Despierre révè-
lent un message : c’est la vie même qui les
irrigue et qui s’épanche, étincelante, dans
le panorama de la vue des Andelys par
exemple, avec la lumière descendue
d’en haut.
Jean Rollin, correspondant de
l’Académie des Beaux-Arts
Exposition jusqu’au 10 novembre,
Galerie Saint-Hubert.
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