Automne_2004 - page 12

23
22
L
’invitation qui
m’a été faite de m’exprimer devant
l’Académie des Beaux-Arts est un signe d’encouragement
et de soutien pour la municipalité qu’anime Bertrand
Delanoë, un encouragement à faire mieux et plus pour la Culture
et les Arts, un soutien au dialogue permanent entre les grandes
institutions et les élus.
Le mot “culture” fait écho à celui de Paris.
Notre ville dite
“lumière” évoque irrésistiblement le foisonnement de la création
et la richesse d’un patrimoine exceptionnel. Image de marque justi-
fiée qui s’appuie sur des institutions d’excellence. Image à bous-
culer, réalité à critiquer ou faire fructifier, pour que Paris ne se
repose pas sur ses acquis et sa grandeur.
Une belle énergie nous anime depuis 2001, déployée dans deux
directions :
~ prendre le risque de la création, en explorant tout le spectre
des arts, sans retenue.
~ intéresser de nouveaux publics et de nouveaux acteurs à l’art
et à la culture, en mettant en place “une sorte d’humanisme d’ac-
tion qui hausse le partage à la hauteur des priorités”.
A travers ce double mouvement, fondé sur la créativité des
artistes et de la population, Paris entend affirmer sa place de capi-
tale artistique et culturelle dans le monde.
Question de choix, mais aussi question de moyens, l’engagement
d’un doublement du budget de la culture, hors charges salariales,
à la fin de cette mandature (2007), s’inscrit dans la logique d’une
telle ambition. Ainsi, un budget de 210 millions d’euros a-t-il été
consacré en 2003 à la culture, soit une progression de 12 % par
rapport au budget de l’année 2000.
Qu’il me soit permis de saluer en cette enceinte, le travail mené
par la Directrice des affaires culturelles, sa directrice adjointe, ses
sous-directeurs et ses 3.600 collaborateurs. Nous sommes ensemble
pour réfléchir, rêver aux projets culturels d’un monde nouveau,
plein d’hésitations et en pleine mutation spirituelle, technologique
et scientifique.
I – Mettre l’Art au cœur de la Ville
Parler création, c’est d’abord s’interroger sur la condition faite
aux artistes dans notre cité. Paris, ville ouverte aux artistes, se doit
de favoriser leur accueil en leur proposant des espaces de
travail.
D’ici la fin de la mandature, 137 ateliers de travail s’ajou-
teront aux nouveaux ateliers logements planifiés.
Un vaste
programme d’ateliers situés quai de la Loire, à l’emplacement des
anciens Magasins généraux est en cours de réalisation.
Dans un souci de transparence, l’attribution des ateliers d’ar-
tistes est étudiée par une commission de présélection, que je préside
depuis sa mise en place en 2003, et qui associe à titre consultatif
des représentants des syndicats d’artistes.
La réponse essentielle à la demande des artistes est indénia-
blement le projet du 104 rue d’Aubervilliers, dans le 19
e
arrondissement.
A l’emplacement des anciennes Pompes funèbres, sur une grande
parcelle de 26.000 m
2
, la Ville a pour ambition de réaliser un très
vaste ensemble pluridisciplinaire dédié à la création contemporaine.
L’identité du “104” sera marquée par des événements artis-
tiques dès l’ouverture de ce lieu emblématique prévue à la fin de
l’année 2006.
L’inscription de l’art dans l’espace public est aussi au cœur
de nos préoccupations. Avoir une approche sensible de la ville,
c’est raisonner en termes de communautés de vie, d’espaces à
partager, de circulation et de flux.
Des projets artistiques peuvent
ainsi concerner la population et embellir l’espace public. Le comité
de l’Art dans la Ville,
mis en place récemment et composé d’ex-
perts en témoigne.
L’ouverture à tous les arts vivants est également un parti pris
de cette mandature.
Prenons l’exemple de La Gaîté Lyrique. En février 2002, le Conseil
de Paris a décidé de transformer ce Théâtre en un centre artistique
et culturel dédié aux musiques actuelles et aux arts numériques.
L’intérêt porté aux Arts de la rue est une nouveauté dans le
paysage culturel. Reconnaître cette forme de création qui draine
l’espace public, c’est aussi une façon d’inscrire la culture dans la
vie quotidienne des Parisiens.
D’où l’idée de programmer
“Itinérance rue”
.
Outre son soutien aux grands cirques traditionnels qui se produi-
sent chaque année à Paris, la municipalité a décidé de soutenir les
formes contemporaines du cirque.
Enfin, Paris entend conduire une action résolue afin que
la vie théâtrale et chorégraphique soit toujours plus foisonnante
et riche.
Pour le théâtre, l’aide accrue apportée depuis 2001 en faveur du
Théâtre de la Ville (+ 7,5 %) et du Châtelet (+ 10 %) témoigne de
cette volonté.
Par ailleurs, le Théâtre privé est très soutenu tant en fonction-
nement qu’en investissement.
De plus, dès son installation, notre équipe municipale s’est atta-
chée à soutenir la création chorégraphique. L’enveloppe globale
allouée aux compagnies de danse, sous forme d’aide au projet, a
augmenté de 80% depuis 2000.
L’ouverture à toutes les musiques est une nouveauté culturelle.
Outre le Théâtre du Châtelet, la municipalité a renouvelé son
soutien aux grandes formations musicales prestigieuses, comme
l’Ensemble Orchestral de Paris, l’Orchestre de Paris et l’Ensemble
Intercontemporain.
Paris, capitale artistique et
culturelle dans le monde
Par Christophe Girard, Adjoint au Maire de Paris, chargé de la culture.
Communications
1...,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11 13,14,15
Powered by FlippingBook