Automne_2004 - page 13

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Les petits lieux parisiens atypiques - comme la Péniche opéra
(19
e
), la Maroquinerie (20
e
) ou Glaz’art (19
e
) - qui mènent une
politique innovante au service de la musique dans sa diversité,
sont soutenus.
Paris, capitale culturelle, constitue de longue date un terri-
toire privilégié pour la création artistique. L’offre musicale ne
déroge pas à cette tradition. Le dynamisme créatif des petits lieux
de diffusion de musique vivante trouve son ancrage dans la vie des
quartiers. Acteurs économiques et culturels, ils contribuent de
manière décisive au développement de la vie locale. Toutefois,
cette activité suscite des réactions parfois vives des voisinages, que
la ville de Paris se doit de prendre en compte avec la plus
grande attention.
Parlons de Paris capitale du cinéma : une mission cinéma a
été créée en 2002 pour affirmer notre volonté de préserver la diver-
sité exceptionnelle de l’offre cinématographique à Paris (365 écrans)
et de mener une politique cohérente en ce domaine.
Cette intervention de la collectivité parisienne fait l’objet d’une
concertation entre la Ville de Paris et l’Etat qui ont signé pour la
première fois une convention de développement ciné-
matographique en 2003. Le budget de la Mission
cinéma dépasse les 10 millions d’euros en 2004. Une
part importante de son activité est consacrée à l’ac-
tion en faveur des salles indépendantes, qui se concré-
tise par l’attribution de subventions à des cinémas
parisiens dont la programmation est exigeante.
Nous continuons naturellement à accompagner le
développement du Forum des Images, instrument privilégié de
la politique cinématographique de la Ville, qui rassemble une
collection unique de documents audiovisuels sur Paris et fait
découvrir des films du monde entier, à travers ses programma-
tions thématiques, à un public de 300.000 personnes chaque année,
dont 40.000 enfants.
II – Concerner un large public
Lire “délivre”, dit-on. Permettre à tous les Parisiens d’accéder
à la culture implique avant tout de se mobiliser en faveur de la
lecture publique car la Ville avait pris un grand retard en la matière.
Avec 57 bibliothèques de prêt, le réseau de lecture publique pari-
sien se situe, fin 2003, loin derrière celui des villes anglo-saxonnes
ou scandinaves. Combler ce retard est l’une des priorités de notre
politique culturelle.
Mais les bibliothèques connaissent d’ores et
déjà une hausse de leur fréquentation : 33.000 inscrits de plus
en 2003 par rapport à 2001 et le nombre de documents empruntés
augmente d’1,1 million en 2003 par rapport à 2001, hausse qu’il
faut lier à l’augmentation de 15,2 % des crédits d’acquisition par
rapport à 2001.
Depuis le 1
er
janvier 2003, la gestion des bâtiments et des moyens
logistiques des 57 bibliothèques de prêt de la Ville est passée
sous la responsabilité des mairies d’arrondissement. Cette mesure
autorise des réponses mieux adaptées et plus rapides aux besoins
matériels des établissements. Elle marque le début d’un vrai parte-
nariat entre la mairie centrale, ses directions et les mairies d’arron-
dissement en faveur du développement culturel local.
Deux nouvelles médiathèques seront construites sous la manda-
ture, afin d’améliorer l’offre dans deux quartiers de la Capitale
parmi les moins bien dotés en matière de lecture publique. La
première, dans le 15
e
arrondissement devrait ouvrir ses portes
en octobre 2006. La seconde sera installée dans le 20
e
arrondisse-
ment et ouvrira en 2008. Ces deux nouveaux établissements allie-
ront modernité, pédagogie, éducation et savoir.
La formation est au cœur de nos préoccupations. Cette forma-
tion est notamment dispensée dans les ateliers beaux-arts qui
s’adressent à des publics très variés et constituent une grande origi-
nalité de la Ville de Paris.
Piliers de la politique d’initiation et de perfectionnement à la
musique, au chant choral, à la danse et à l’art dramatique, les conser-
vatoires d’arrondissement accueillent chaque année 18.000 élèves.
La place de l’initiation sera privilégiée, la Ville cherchant par
ailleurs à maintenir son effort dans les 2
e
et 3
e
cycles, en sollicitant
un soutien de la Région et de l’Etat.
De manière à gagner en cohérence, le cycle spécialisé dispensé
dans les conservatoires sera organisé sous l’autorité du conserva-
toire national de région de Paris.
Un plan de rénovation des locaux concernera l’agrandisse-
ment ou le relogement de conservatoires, principalement dans les
13
e
, 17
e
et 18
e
arrondissements.
Toujours dans le cadre de la formation, le développement de
l’éducation au cinéma est bien sûr à l’ordre du jour
Le besoin de rituels artistiques, de rencontres et
d’échanges est important.
Nuit Blanche
est un prétexte fort à l’émotion et à la
découverte. Avec
Nuit Blanche
, pendant une nuit
entière, chacun est convié gratuitement à un parcours
artistique et mis en éveil par la quête sensible qui lui
est propre.
Œuvres contemporaines et lieux inédits
sont à la portée de tous. C’est cette alchimie culturelle, faite de
rencontres artistiques étonnantes, de rêve ou d’insouciance qui est
au cœur de cette manifestation organisée chaque année depuis
2002 et qu’une dizaine de capitales étrangères ont adopté. 1 million
de personnes ont exploré l’automne dernier Paris ouvert aux artistes
et à la création.
D’autres manifestations gratuites, comme
Cinéma au Clair de
Lune
,
projections en plein air
ou
Paris Quartier d’été
permettent
les rencontres entre des publics divers.
Les initiatives locales sont encouragées, avec le versement d’une
dotation d’un euro par habitant confiée depuis 2001 aux mairies
d’arrondissement afin de soutenir les initiatives culturelles locales.
Le Musée d’Art Moderne, structure d’excellence de la ville,
actuellement fermé pour des travaux, organise des expositions “hors
les murs” dans des Mairies d’arrondissement ou au Musée des Arts
et Métiers, au Couvent des Cordeliers, qui rencontrent actuelle-
ment un grand succès.
Nous développons par ailleurs des collaborations avec le secteur
de la politique de la Ville afin de favoriser la naissance de projets
en direction d’habitants qui se sentent assez peu concernés par
notre offre.
Le prix des prestations culturelles proposées concourt bien
évidemment à leur accessibilité.
Afin de faciliter l’accès aux conservatoires, nous souhaitons qu’à
l’avenir les droits d’inscription soient modulés en fonction des
ressources des familles.
Les Musées parisiens ont connu une hausse spectaculaire du
nombre de leurs visiteurs, à cela, une raison : la gratuité.
Décidé
en 2001, l’accès gratuit aux collections permanentes des Musées
parisiens a aussitôt trouvé sa traduction en chiffres : la fréquenta-
tion des collections a enregistré une hausse de 78 % en 2002 et de
27 % en 2003.
Grande salle des séances, le 16 juin 2004.
Le budget de
la Mission cinéma
dépasse les
10 millions d’euros
en 2004.”
25
L
e 30 juin dernier, les membres de la
section des créations artistiques dans
le cinéma et l’audiovisuel de l’Académie
des Beaux-Arts ont attribué à l’unanimité
le Prix François-Victor Noury à
Lucas
Belvaux
, pour sa trilogie
Un couple
épatant
,
Cavale
,
Après la vie
.
Ce prix de l’Institut de France, décerné sur
proposition de l’Académie des Beaux-Arts,
récompense un jeune cinéaste né en 1961,
qui a commencé sa carrière en tant qu’ac-
teur. Le public a pu le découvrir dans
Allons
z’enfants
d’Yves Boisset. Pendant les années
80, Lucas Belvaux joue sous la direction de
prestigieux réalisateurs tels que Andrzej
Zulawski, Claude Chabrol ou Olivier
Assayas. En 1991, il retrouve Claude
Chabrol dans son adaptation de
Madame
Bovary
. En 1992, Lucas Belvaux passe
derrière la caméra en réalisant
Parfois trop
d’amour
, puis, en 1997,
Pour rire !
Exposition
Jean Puy
A
mi de Derain,
Marquet,
Matisse,
qu’il connut en atelier, Jean Puy
(1876 - 1960) fut un de ceux qui exposa
ses œuvres au Salon d’Automne de 1905
affublé de la célèbre dénomination de
“cage aux fauves”. Une cinquantaine de
ses toiles sont rassemblées et permettent
à chacun de découvrir ou redécouvrir son
talent. Porté par les recherches picturales
du nouveau siècle, appartenant à l’avant-
garde, il resta fidèle à la tradition
figurative et peignit selon ses convictions,
sa manière intimiste. Ses sujets de
prédilection, “un port breton, un marché
provençal, un paysage de neige savoyard,
devant quelques fruits, un modèle nu...” ;
son tempérament, “...il éprouvait une joie
charnelle à détailler un beau nu ou à
savourer un paysage... ” sa facture,
l’harmonie des couleurs et des formes
font de Jean Puy ce “créateur singulier”,
solidement installé dans l’histoire de l’art.
Musée Marmottan-Monet
2, rue Louis Boilly 75016 Paris
Téléphone : 01 44 96 50 33
Jusqu’au 30 janvier 2005
Elections
Le 26 mai, ont été élus de nouveaux
correspondants de l’Académie des
Beaux-Arts.
Dans la section de
Sculpture :
Gualtiero Busato
et
Pietro Cascella
.
Dans la section
d’Architecture :
Jean-François
Collignon
,
Marc Gaillard
,
Jean Roret
et
Robert Werner
.
Dans la section de Composition
musicale :
Jean-Philippe Collard
,
Brigitte Engerer
,
Laurence
Equilbey
,
Patrice Fontanarosa
,
Danièle Pistone
, et
Pascal Rophé
.
Exposition
“Les Clémences
de Napoléon”
R
éalisée avec la participation du
musée de l’Histoire de France à
Versailles, cette exposition traite du
thème de la représentation des actes de
clémence de l’Empereur, des gestes de
magnanimité envers les vaincus et
opposants qui, en assimilant Napoléon à
un nouvel Auguste, donnèrent naissance
à une abondante iconographie. Ce sera
l’occasion d’admirer des tableaux du
musée de Versailles et des dessins,
gravures, objets et documents
d’archives provenant notamment du
musée de la Malmaison et des
collections de Paul
Marmottan.
Bibliothèque Paul-Marmottan
7, place Denfert-Rochereau
Boulogne-Billancourt
Tél : 01 41 10 24 70
Jusqu’au 29 janvier 2005
Prix François-Victor Noury
Actualités
Le Grand prix
d’Architecture
2004
L
e concours pour le Grand Prix
d’Architecture de l’Académie des
Beaux-Arts est ouvert aux ressortissants
de la communauté européenne (avant
l’élargissement), architectes et étudiants
en architecture n’ayant pas atteint trente-
cinq ans au 1er janvier 2004.
Individuel et anonyme, ce concours
comporte trois épreuves : une première
esquisse conçue de manière indépen-
dante. Les auteurs des meilleures
esquisses, au nombre maximum de vingt,
sont admis à concourir pour l’épreuve
suivante. En 2004, 17 candidats ont été
retenus pour la deuxième montée en loge
d’une durée de 20 heures.
Le thème choisi cette année est :
Aménagement urbain de la Porte
Maillot et implantation de l’Auditorium
de France.
Le concours est doté de trois prix : Grand
prix (prix Charles Abella) de 25 000
.
Deuxième prix (prix André Arfvidson) de
10 000
. Troisième prix (prix Paul
Arfvidson) de 5 000
.
La société Hewlett Packard poursuit son
partenariat technologique privilégié avec
l’Académie des Beaux-Arts.
Un couple épatant
,
Cavale
,
Après la vie
(2003), trois films de genres très distincts
(la comédie, le thriller et le drame psycho-
logique) dans lesquels se croisent, à partir
d’une intrigue identique, les destins
d’une galerie de personnages aux contours
psychologiques apparemment précis mais
qui cachent des facettes ignorées de tous.
Lucas Belvaux, scénariste et réalisateur, y
traite avec brio de thèmes tels que la soli-
tude, l’engagement, la perte ou la recherche
de quelqu’un ou de quelque chose, le
mensonge, les désillusions...
En haut, à gauche : Lucas Belvaux et Catherine Frot dans
Cavale
(2003).
En haut, au centre :
Napoléon accorde à la princesse de Hatzfeld la grâce de son mari
,
Charles Boulanger de Boisfremont (1773-1838).
En haut, à droite :
La Charmante Anita
(1914), Jean Puy.
1...,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12 14,15
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