Automne_2005 - page 2

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Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T
D E
F R A N C E
Désormais, auprès des peintres, sculp-
teurs, architectes, graveurs, composi-
teurs ,
membres l ibres , cinéastes ,
l’Académie des Beaux-Arts compte les photographes ; c’est l’abou-
tissement d’un long cheminement des esprits.
A l’apparition de la photographie, dans la première moitié du XIX
e
siècle, Gay-Lussac saluait un “art nouveau au milieu d’une vieille
civilisation”.
Mais, un siècle plus tard, un maître de la photographie,
Henri Cartier-Bresson, ne se reconnaissait pas “artiste”. André
Malraux estimait que, dans l’exacte reproduction de la nature qui
était l’objectif premier de Niepce, la photographie avait rendu caduc
le réalisme classique et favorisé l’émergence des écoles qui ont
marqué la révolution picturale.
Mais Degas,
mais Bonnard, pour ne
citer qu’eux, se sont emparé de l’instrument pour appuyer leur
démarche. Ainsi photographie et peinture ont suivi des chemins
voisins et sont devenues complémentaires.
En 1995, Arnaud d’Hauterives, intervenant dans la séance publique
annuelle des cinq Académies consacrée aux découvertes et événe-
ments culturels remarquables du dernier siècle, évoquait les grands
noms de la photographie : “Peut-être un jour notre compagnie
accueillera-t-elle quelques-unes de ces hautes figures, ajoutant en
cela une facette au kaléidoscope des arts qu’elle souhaite offrir”. Le
vœu est aujourd’hui exaucé.
Les personnalités qui ont bien voulu nous apporter leur témoi-
gnage éclairent la place majeure de la création photographique dans
notre civilisation de l’image, l’originalité de ses recherches liées à
l’évolution technologique, à la coexistence de l’argentique et du
numérique ; elles soulignent l’importance considérable que la photo-
graphie a prise dans les plus grands musées.
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication :
Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
: délégué Paul-Louis
Mignon ;
membres : Yves Boiret, Francis Girod,
Gérard Lanvin, François-Bernard Mâche, François-Bernard Michel,
Guy de Rougemont
Conception générale, rédaction et coordination
:
Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
:
Impression :
Imprimerie Delcambre
ISSN 1265-3810 • Photos : pages 1, 6-7, 24 : CmP, pages 3, 4, 5, 8, 10, 18, 21, 23 : droits réservés, page 9 :
Marc Riboud, page 11 : Bettina Rheims, page 12-
13 : Raymond Voinquel
© Ministère de la Culture et de la Communication - France, page 14, en haut : Sophie Boedgly /
Musée d’Orsay, portrait : Patrice
Schmidt /
Musée d’Orsay, page 15, en bas : Arno Gisinger © Jeu de paume, portrait : Bernard Plossu, page 17 : Robert Doisneau © Atelier Robert Doisneau,
page 19 :
Musée Rodin •
Académie des Beaux-Arts
23, quai de Conti 75006 Paris •
sommaire
page 2
Editorial
page 3
Actualités :
Exposition de la Casa de
Velàzquez 2005
page 4
Election : Claude Parent
pages 4 et 5
Actualités :
Le palais de l’Institut de France
à travers les arts
pages 6 à 17
Dossier :
“La huitième section,
la photographie à l’Académie
des Beaux-Arts”
page 18
Communication :
“L’art dramatique au carrefour
de l’écriture, de la musique
et de la peinture”
par Paul-Louis Mignon
pages 19 à 23
Actualités :
“Artistes maudits,
vous avez dit “maudits” ?”
Par François-Bernard Michel
et Bernard Galinou
page 24
Calendrier des académiciens
Editorial
Comme chaque année, la
Lettre de l’Académie des Beaux-Arts
rend compte de l’exposition des œuvres des jeunes artistes
pensionnaires de la Casa de Velàzquez à Madrid, acueillie cette
année à l’Espace Cardin grâce à la généreuse hospitalité de notre
confrère Pierre Cardin.
E
n 1916, accueillant une idée lancée par Charles-Marie Widor et
soutenue par Henri Bergson, le roi Alphonse XIII confia à
l’Académie des Beaux-Arts le soin de construire et de gérer la Casa
de Velázquez, réplique madrilène de la Villa Médicis, siège de l’Académie
de France à Rome.
Depuis plusieurs décennies, de jeunes artistes français,
peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, compositeurs, cinéastes, photo-
graphes, retrouvent à Madrid des universitaires de leur génération, qui
mènent sur le monde ibérique des recherches de haut niveau. C’est ce qui
fait l’originalité de cette institution au sein du réseau des grands établisse-
ments que le ministère de l’Education nationale entretient hors de France.
Dans un cadre enchanteur, aux portes de Madrid, les jeunes artistes et scien-
tifiques peuvent se consacrer, pendant un an ou deux, à leurs créations ou à leurs
recherches, dégagés de tout souci matériel. Cet indéniable privilège n’est rien
comparé à la découverte de la civilisation hispanique et de ses richesses, à la
confrontation de deux cultures à la fois voisines et dissemblables, au bénéfice
des échanges interdisciplinaires, qu’ils soient artistiques ou scientifiques.
Aujourd’hui encore, l’Académie des Beaux-Arts est présente au sein du conseil
d’administration et du conseil artistique de la Casa de Velázquez, et ses représen-
tants travaillent dans un climat de parfaite confiance avec son actuel directeur,
Gérard Chastagnaret. Ils suivent avec le plus grand intérêt les progrès des pension-
naires qui ont la chance d’y séjourner et remplissent ainsi l’une des missions fonda-
mentales de l’Académie des Beaux-Arts qui est de découvrir et d’encourager
les jeunes talents. C’est donc une joie de retrouver à Paris les œuvres de cette
jeunesse studieuse, enrichie et fortifiée sous le soleil madrilène.
Arnaud d’Hauterives
, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts
Exposition de la
Casa de Velàzquez
2005
A
ctualités
En haut, à droite :
Marjolaine Pigeon,
Espagne 1.
2005.
En haut, à gauche :
Gabriel Alonso,
Nuevo Cambalache,
2005.
Ci-dessus : Sarah V.,
S’enfle pour s’envoler,
2005.
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