Automne_2005 - page 3

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A
ctualités
Le palais de l’Institut de France
à travers les arts
Bicentenaire de l’installation des académies royales au Palais de l’Institut de France
Peintures, dessins, gravures, photographies brossent une ample fresque qui met en lumière des aspects peu connus,
parfois insolites, d’une des institutions les plus prestigieuses de notre pays.
D
ans le cadre des célébrations du bicentenaire de
l’installation de l’Institut de France dans l’ancien
collège des Quatre-Nations, quai Conti, l’exposi-
tion
Le palais de l’Institut de France à travers les arts
propo-
sait au public de découvrir les métamorphoses successives
du bâtiment conduisant au chef-d’œuvre architectural admiré
aujourd’hui,
mais aussi les événements qui marquèrent la vie
de l’institution depuis 1805.
L’I
NSTITUT
:
UN MONUMENT POUR DES ARTISTES
Peintures et œuvres graphiques
Conçu par Louis Le Vau, le bâtiment, situé au cœur de la
capitale, fut aménagé au début du XIX
e
siècle pour y abriter
l’Institut de France, qui regroupe les cinq Académies.
Depuis ses origines, le palais a été l’objet d’innombrables
représentations picturales. Les œuvres rassemblées pour l’ex-
position proviennent principalement des collections de l’Institut
de France, encore jamais montrées au public, du musée du
Louvre, du musée Carnavalet, du musée Marmottan Monet, de
la fondation Dosne-Thiers, de la Bibliothèque historique de la
Ville de Paris, des Archives nationales de France, de la
Bibliothèque nationale de France et du musée national des Arts
décoratifs.
De remarquables plans d’architectes, d’un grand
intérêt au regard de l’histoire du monument, ainsi que des vues
du quai et du quartier permettent de suivre l’évolution de l’en-
vironnement du bâtiment.
Photographies
Depuis un siècle et demi, la coupole de l’Institut, un des
plus beaux ornements de Paris, figure en bonne place dans la
production de photographes renommés tels Charles Marville,
Eugène Atget, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Pierre
Jahan, plus récemment Cyril Vassiliev, auxquels l’exposition
donne une place de choix. Leurs images restituent l’univers
du Second Empire, celui des Années folles, de l’Occupation
ou bien encore des années 1960 ; elles constituent en outre
un témoignage précieux sur les transformations du bâtiment
et de ses abords.
L
A VIE AU PALAIS ET DANS SES ALENTOURS
:
ARCHIVES ET REPORTAGE
Certains aspects de la vie de l’Institut, qu’il s’agisse d’évé-
nements ayant fortement marqué son histoire ou des activités
quotidiennes de tous ceux qui concourent à son fonctionnement
,
sont également présentés. Cérémonies solennelles et réceptions
fixées par la peinture ou la photographie, croquis plus facétieux,
réalisés durant les séances par les académiciens et reportage
exécuté pour l’exposition dans les coulisses du palais constituent
un panorama des activités de l’Institut de France.
Théâtre d’événements marquants qui jalonnèrent notre
histoire depuis la Révolution française, le parvis de l’édifice
joue un rôle non négligeable ; on y voit défiler le peuple de
Paris en colère ou en liesse. Il est aussi le cadre de la vie quoti-
dienne du quartier, un lieu de flânerie agrémenté par la
présence d’artisans et de bouquinistes. Un ensemble de docu-
ments – peintures, œuvres graphiques, archives de presse –
permettent de saisir les multiples facettes des abords du palais.
L’I
NSTITUT DANS LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE
:
UNE FORTE EMPREINTE
L’Institut, à la fois objet de curiosité, de fascination, de
convoitise et de critique est au cœur d’une production litté-
raire, artistique et journalistique considérable. Affiches, photos,
livres, articles et caricatures de presse, dessins d’humoristes
rendent compte de l’intérêt que suscite l’Institut.
Issue d’une collecte sans précédent, l’exposition révèle la variété
des représentations. Le palais a inspiré de nombreux artistes
qui se sont également intéressés aux activités des hommes qui
l’ont habité. Cette sélection, de la peinture du XVII
e
siècle aux
photomontages contemporains, confirme la place majeure de
l’Institut de France dans le patrimoine national.
Parution du
Palais de l’Institut,
Du Collège des Quatre
Nations à l’Institut de France
, ouvrage collectif sous la
direction de Jean-Pierre Babelon, auquel a participé notre
confrère Yves Boiret.
Election
Au cours de sa séance hebdomadaire du 13 avril
2005, l’Académie des Beaux-Arts a élu Claude
Parent dans la section d’Architecture au fauteuil
précédemment occupé par Jean Balladur. Nous
reviendrons sur sa carrière lors de son installation
sous la Coupole de l’Institut de France
Claude Parent
, architecte reconnu sur le plan
international, homme de conférence au langage
pénétrable de la véritable Architecture.
De Columbia University à Los Angeles, l’architecture l’a
toujours précédé dans ses nombreuses interventions.
Bien que je redoute l’utilisation du mot “créateur”, sa
riche imagination a toujours bouleversé
les nombreux auditeurs qui l’écoutaient,
avec une étonnante vibration au travers
d’une pédagogie dans laquelle il excelle.
Toujours animé d’une vision d’avenir, c’est
un architecte d’avant-garde, un architecte
non anobli volontairement par la volonté de
n’être pas sacré par cet horrible diplôme
sans contenu exigé dans notre pays, toujours
en rénovation, jamais abouti. Il est un personnage atypique,
combattant toujours avec l’architecture oblique,
mais
subissant réticences et jalousies de la part de l’empire
confraternel, allant jusqu’à combattre à fleuret moucheté
avec des confrères potiches au service de l’État, peu
séducteurs dans la profession,
mais porteurs du droit divin
dans l’architecture.
Claude Parent a toujours cherché à conjurer la fatalité
architecturale, comme par exemple en solutionnant par la
qualité un problème mal posé. Il est souvent présent dans
les débats administratifs, surtout quand il s’agit du
sauvetage de l’architecture. Pour lui, l’architecture
représente d’abord une démarche de la pensée, une
position, une façon tout à fait spécifique d’appréhender un
problème. Il s’est forgé en dehors du milieu scolaire, tout
en étant un excellent pédagogue. Architecte, son
expérience lui a inculqué face à la vie, face à l’Homme en
tant qu’individu, face à la société, une méthodologie que
ses collaborateurs ont su mettre en œuvre.
Il n’a pas hésité à mettre en péril son confort pour renier
certaines structures mentales, jeter le germe des
possibilités normales, y croire profondément jusqu’à y
engager sa vie, son travail et mettre en péril son confort.
Toute sa vie ne fut qu’une longue tentative de survie, un
combat sans fin pour la défense de sa profession, sa valeur,
et son intégrité. Il s’attachera toujours à défendre ce
métier dévoré par les bureaux d’études et l’insolence des
grandes entreprises, voire aussi de l’administration.
Claude Parent, rebelle dans ses études, vibration brûlante,
voire passionnée pour l’architecture, qui s’en est allé vers
Le Corbusier, compte parmi les derniers survivants de
cette profession abandonnée depuis longtemps à la
distinction médiatique.
C’est bien toute notre Académie qui le reçoit dans son
enceinte, certifiant le mérite d’une vie active, et si nous
l’accueillons aujourd’hui ici, c’est pour affirmer sa
réussite.”
Roger Taillibert
,
membre de la section d’Architecture
Bibliothèque Paul-Marmottan
Exposition
Visions du Brésil au XIX
e
siècle.
Les papiers peints panoramiques,
de la réalité au mythe
D
ans le cadre de la saison brésilienne, la bibliothèque
Marmottan se propose d’évoquer quelques-unes des
grandes descriptions dont le Brésil fit l’objet au XIX
e
siècle.
De nombreux artistes effectuèrent en effet le
voyage, tel le dessinateur allemand Johann Moritz
Rugendas (1775-1826), dont une trentaine de lithographies
prêtées par la bibliothèque de Mulhouse illustreront la vie
des Indiens. S’inspirant de l’œuvre de Rugendas, le peintre
Jean Deltil (1791-1863) créa, en 1831, pour la fameuse
manufacture de Jean Zuber, un papier peint panoramique
intitulé
Vues du Brésil
, qui sera exposé grâce à la
collaboration du Musée du Papier peint de Rixheim.
Trente ans plus tard, un autre panoramique,
Le Brésil
,
réalisé en 1862 par Joseph Fuchs (1814-1888) pour la
manufacture Jules Desfossé, abordera un angle différent,
exaltant le caractère tropical du pays, à travers une faune
et une flore idéalisées. Il sera présenté ici grâce au musée
d’Art et d’histoire de Fribourg.
Du 16 novembre 2005 au 28 janvier 2006
Bibliothèque Paul-Marmottan
7, place Denfert-Rochereau, 92100 Boulogne-Billancourt
01 41 10 24 70
Horaires :
mercredi, jeudi, vendredi : 14h-18h,
samedi : 9h30-12h et 14h-17h
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ctualités
Collège Mazarin et Pont des Arts
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