Automne_2011 - page 4-5

À découvrir cet automne, au Musée
Marmottan Monet, l’exposition « Henri
Edmond Cross et le néo-impressionnisme.
De Seurat à Matisse », réalisée en par-
tenariat avec le Musée départemental
Matisse du Cateau-Cambrésis, qui met en
lumière l’œuvre méconnue et singulière
d’Henri Edmond Cross, jalon essentiel
entre le Divisionnisme de Seurat et le
Fauvisme de Matisse et Derain.
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C
ette exposition suit l’évolution chronologique de
l’œuvre d’Henri Edmond Cross (1856-1910) et la
confronte à celle des autres néo-impressionnistes.
Elle met en évidence les liens tissés par le peintre, des
années parisiennes durant lesquelles il côtoie Seurat,
Signac et les premiers « néo » jusqu’aux années 1892-1910
lorsque Cross s’établit à Saint- Clair et Signac à Saint-
Tropez, point de ralliement de toute une jeune génération
où Matisse et les futurs fauves s’initieront à la « division ».
C’est au total une centaine de toiles et d’aquarelles en
provenance de collections particulières et de musées
internationaux (Allemagne, Belgique, Japon, États-Unis....)
qui a pu être réunie, permettant ainsi de découvrir des
œuvres inédites de la plus haute importance pour l’histoire
du néo-impressionnisme.
La première partie de l’exposition présente des toiles
des artistes du premier groupe néo-impressionniste (Cross,
Signac, Dubois-Pillet, Pissarro, Luce, Van Rysselberghe),
qui ont mis en pratique la technique rigoureuse du courant,
à travers le mélange optique, la division de la touche,
le contraste de tons et l’emploi des complémentaires.
L’exposition se poursuit par le parcours parallèle de Cross,
Signac et Van Rysselberghe dont les toiles témoignent d’une
véritable révélation de la couleur, point de départ d’un
« second néo-impressionnisme » qui voit la touche s’élargir
et la couleur devenir plus sonore. La dernière partie met
en évidence les liens entre Cross et les peintres de la jeune
génération, tels que Camoin, Manguin ou encore Matisse,
faisant du peintre un jalon essentiel et unique entre le
divisionnisme de Seurat et le fauvisme de Matisse et Derain.
Enfin, l’exposition laisse une place privilégiée aux aquarelles
de Cross, qui jalonnent sa carrière.
Organisée en partenariat avec le Musée départemental
Matisse du Cateau-Cambrésis, l’exposition y sera présentée
en partie du 12 mars au 10 juin 2012.
Ces deux expositions, proposant un fonds commun d'œu-
vres, enrichies l'une et l'autre de pièces inédites, donneront
à l’œuvre de Cross un éclairage nouveau et favoriseront sa
reconnaissance internationale. En le singularisant parmi les
artistes de son époque, tels que Seurat, Signac, Luce, Van
Rysselberghe, Camoin, Matisse..., elles mettront ainsi en
avant la nature poétique de son œuvre et démontreront son
influence déterminante dans l’aventure de l’art moderne.
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Henri Edmond Cross
et le néo-impressionnisme
De Seurat à Matisse
Mêlant huiles et aquarelles, cette manifestation
itinérante présente à travers plus d’une centaine
d’œuvres l’un des thèmes de prédilection d’Henri
Edmond Cross, le paysage, qui est étroitement lié à ses
recherches sur la lumière et la couleur. Il nous plonge
ainsi dans une nature ensoleillée qu’il découvre dans le
Sud de la France, au Lavandou, dont il a été l’un des
premiers peintres à vouloir représenter l’atmosphère si
singulière. On devine alors l’influence fondamentale que
ses compositions contrastées aux couleurs éblouissantes
ont eue sur les peintres fauves dès les années 1905 et en
particulier chez Henri Matisse qu’il initie à la technique
néo-impressionniste.
Les peintres représentés dans cette exposition autour
d’Henri Edmond Cross, tels Charles Camoin,
André Derain, Albert Dubois-Pillet, Henri Matisse,
Théo van Rysselberghe, Georges Seurat ou Paul Signac,
furent constamment à la recherche de compositions
harmonieuses décoratives. Ils déployèrent alors un
nouveau répertoire chromatique, issu de leurs recherches
sur la vibration et les effets de lumière sur la couleur
grâce auxquelles ils ont acquis un style qui leur est propre.
Au sein de notre institution où les œuvres impressionnistes
ont pour sujet unique la perception, cette manifestation,
intitulée « Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme,
de Seurat à Matisse », s’insère parfaitement dans la
continuité des recherches menées par le chef de file de
l’Impressionnisme français, Claude Monet, qui tentait de
capturer lumière et couleur. Selon Félix Fénéon, l’un des
ardents défenseurs des néo-impressionnistes, qui donna son
nom à ce groupe en 1886, « la méthode néo-impressionniste
exige une exceptionnelle délicatesse d’œil
1
» que l’on
retrouve dans les œuvres ici présentées.
Le propos de l’exposition peut être ainsi mis en évidence
par le critique Jean Ajalbert qui affirmait à l’occasion de
l’exposition de 1886 que ces artistes « se sont pour ainsi
dire refait une virginité de l’œil, oubliant les couleurs
convenues, pour trouver, par eux-mêmes, la note juste ».
Nous vous proposons donc de voyager au gré des sensations
colorées décrites par ces artistes qui firent de ces paysages
un « atelier du regard », aux dires de Michel Draguet
2
Jacques Taddei, Membre de l’Institut,
directeur du Musée Marmottan Monet
1)
L’Art moderne, L’Impressionnisme aux Tuileries
,
19 septembre 1886, p. 300-302)
2)
Signac, Seurat, le néo-impressionnisme
, éd. Hazan, 2011, page 36)
Au centre : Henri Edmond Cross,
Bords méditerranéens
, 1895, huile sur
toile, signé et daté en bas à gauche : Henri Edmond Cross 95, 65 x 92 cm.
Collection particulière, © Steven Tucker
Ci-dessous : Maximilien Luce,
Camaret
, 1894, huile sur toile, 72.4 x
92.1 cm.
Saint Louis Art Museum, Saint Louis, 29:1998, © Adagp, Paris 2011
Musée Marmottan Monet,
du 20 octobre 2011 au 19 février 2012
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