Automne_2012 - page 30-31

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ommunication
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Cette exposition qui présente l’évolution de la gravure originale a été
possible grâce à l’obligeance de Monsieur Dupont-Aignan, Député
Maire de la ville d’Yerres, qui a mis les salles d’expositions de la
ferme ornée de l’ancienne propriété Caillebotte à la disposition de deux
commissaires, Anne Guerin et Louis-René Berge.
Notre exposition présente des gravures anciennes aimablement prêtées
par des musées (Caen, Gravelines, Bibliothèque Nationale) et un choix
d’œuvres contemporaines de qualité parmi lesquelles nous pouvons citer
deux académiciens : le regretté Jean-Marie Granier et Erik Desmazières.
Notre intention est de montrer au public l’évolution de cette expression
artistique en présentant des artistes qui ont associé innovations techniques
et talent créateur, du XV 
e
siècle à nos jours.
Depuis les années 60, à l’instar de la génération précédente qui avait
ouvert des voies nouvelles que nous présentons (Hayter, Vieillard, Picasso... ),
certains artistes actuels ont continué à explorer de nouveaux chemins et
d’autres au contraire ont continué à graver d’une manière tout à fait conven-
tionnelle en présentant des œuvres très originales.
u
Louis-René Berge
, membre de la section de Gravure
En haut : Jean-Marie Granier (1922-2007),
La forêt avant la pluie
, 1974-1975, burin sur cuivre, Suite Cévennes, 40 x 50cm.
Centre d’Art Jean-Marie Granier © Pierre Norman Granier
La Ferme Ornée, Propriété Caillebotte - Yerres
jusqu'au 2 décembre |
D
e Théophile Gautier, sont conservés deux mille feuil-
letons en double exemplaire, une correspondance
de 800 lettres, de nombreux manuscrits, l'album de
ses dessins, enfin sa bague en or et argent oxydé gravée à ses
initiales qui lui servait de cachet.
Gautier occupa toujours une place à part dans le cœur de
Lovenjoul. Le premier, il emporta l'enthousiasme littéraire
du vicomte ; il fit aussi l'objet de ses premières recherches
érudites et le rassemblement de ses papiers entraîna
Lovenjoul dans une quête aux méthodes dignes de celles
qu'emploient aujourd'hui les institutions publiques.
Lovenjoul (1836-1907), jeune homme belge résidant à
Bruxelles, découvrit les œuvres de Gautier vers sa seizième
année. Presque aussitôt, il entreprit de dresser le catalogue
de la production littéraire de son auteur préféré, en distin-
guant ce qui avait été publié en volumes de ce qui dormait
encore dans le « tonneau des Danaïdes » de la presse quoti-
dienne. Pareille besogne était pour le moins ardue, mais elle
lui fit prendre conscience de la difficulté et de l'importance
qu'il y avait à rechercher, rassembler et sauver les sources de
cette histoire littéraire en cours de constitution.
Ce fut l'origine de sa collection, qui reposait sur deux
piliers : les livres de l'édition courante, ou un peu antérieurs,
et les journaux, auxquels il s'abonna en nombre. Tous
les documents rassemblés, minutieusement dépouillés,
servaient à l'établissement de listes bibliographiques,
progressivement étendues à d'autres auteurs que Gautier.
Mais celui-ci restait au centre de ses préoccupations : c'est
à lui que le vicomte osa adresser un jour un courrier de
remontrances au sujet d'un volume de poésies jugé trop
incomplet à son goût. Et c'est lui que Lovenjoul reçut avec
le plus de joie et d'émotion un jour, au soir de la vie du
poète, dans sa bibliothèque bruxelloise. Gautier l'introduisit
alors auprès de son éditeur Charpentier, et le vicomte aida
l'éditeur de ses connaissances et de ses documents, malgré
ses réserves envers une publication qui n'avait pas l'enver-
gure d'œuvres complètes – vain projet qu'il caressa long-
temps, et pour lequel son
Histoire des œuvres de Théophile
Gautier
aurait pu servir de base ou de couronnement.
L'aide apportée à l'édition des œuvres de Gautier déter-
mina un tournant décisif dans sa vie de collectionneur : elle
lui fit découvrir, par le biais d'une correspondance familiale
de Gautier prêtée par l'éditeur Dreyfous en 1875, le moyen
de réhabiliter la mémoire de son poète préféré, trop souvent
jugé peu humain. Dès ce moment, Lovenjoul, sans négliger
les livres et les journaux, rechercha les autographes et
manuscrits, y compris les dessins, de Gautier (et d'autres)
avec ardeur. Mieux, il mit en œuvre pour les localiser, les
sauver de l'oubli, et se les attacher, des méthodes dignes des
institutions publiques d'aujourd'hui : il suivit le marché de
la librairie, participa à des ventes publiques, et démarcha
aussi héritiers et proches de Gautier : son fils, son gendre,
ses sœurs, mais aussi ses amis et ses muses, notamment
Carlotta Grisi.
Sans enfant, et conscient de la valeur de sa collection pour
l'histoire littéraire française, Lovenjoul décida d'offrir sa
bibliothèque à la France, pour la placer à Chantilly. Grâce
à son geste, Gautier rejoignit ainsi discrètement un Institut
de France où il n'avait pu entrer de son vivant.
Extrait, Grande salle des séances, le 3 octobre 2012
Lovenjoul et
Théophile Gautier,
de l'érudition
à la collection
Par
Catherine Faivre d'Arcier
, conservateur au département
des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France
La gravure en mouvement
du XV 
e
au XXI 
e
siècle
A
ctualités
Parutions
a
Parution en octobre d'un ouvrage sur
le travail d'
Érik Desmazières
,
Érik Desmazières, A Cabinet of
rarities
aux éditions Thames &
Hudson, accompagné d'un essai
de Patrick Mauriès. Le même
ouvrage paraîtra également
en français sous le titre
Érik
Desmazières, le Miroir des Vanités
aux Éditions du Regard à Paris.
Parution de
Érik Desmazières, voyage
au centre de la Bibliothèque
, avec
un essai d'Olivier Rolin, co-édition
Bibliothèque nationale de France /
éditions Hazan.
Publication, d'un ouvrage consacré
aux travaux récents de
Zao Wou-Ki
,
Zao Wou-ki, dans l’ultime bonheur
de peindre, 2000-2010,
aux Éditions
Albin Michel.
E
xposition
La collection du vicomte de Spoelberch de
Lovenjoul représente une merveilleuse
archive du XIX
e
siècle littéraire français,
en particulier du romantisme. En son
sein, un trio d'auteurs se distingue :
Honoré de Balzac, George Sand et, plus
particulièrement, Théophile Gautier.
Félix Nadar (1820-1910),
Théophile Gautier
à la blouse blanche
, vers 1855, Fonds Lovenjoul.
© RMN-Grand Palais (Institut de France)
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