Ete 2007 - page 11

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Parutions
Parution du livre de
Lydia
Harambourg
consacré à notre
confrère
Roger Taillibert
,
Evasions
chromatiques
aux éditions Somogy.
Parution du livre
Jean Dewasne
,
Traité d’une peinture plane et autres
récits
. Avant-propos, présentation et
notes de
Gérard Denizeau
, aux
éditions Minerve.
Je connais Paul Maymont depuis
très longtemps. Notre première
rencontre se fit au hasard de la presse
dans un long reportage sur les
recherches utopiques en architecture :
20 pages dans
Paris-Match
.
Paul Maymont avait la part du lion,
place méritée par l’étendue et
l’originalité de ses recherches depuis
les villes flottantes en baie de Tokyo
et à Monaco jusqu’aux pyramides
coniques, à éléments suspendus par
câbles dans une maille
tridimensionnelle.
Mais le projet qui s’imposait aux
esprits était l’immense Paris-linéaire
se développant sous la Seine sur
plusieurs kilomètres de long et sur
toute la largeur du fleuve.
A ses côtés dans la publication, Lionel
Mirabaud et Claude Parent, Biro et
Fernier, Joxas le Suisse et Friedman
jouaient les utilités.
L’article fit sensation car c’était la
première fois que l’utopie
architecturale était portée à la
connaissance du public (1960).
Par la suite dans les revues
d’architecture, des projets furent plus
souvent diffusés mais ce n’est qu’en
1968 et surtout après 1968, avec la
création du GIAP par Michel Ragon
que, avec l’architecture de l’air, et les
gonflables (du livre de pierres),
orchestrés par le philosophe René
Lefebvre, la population suivit un peu
ces recherches.
Ce qui m’a semblé très étrange dans
la vie de Paul Maymont est son entrée
comme directeur fondateur d’un
atelier de l’Ecole nationale
d’Architecture au Grand Palais (up7).
Dès lors, il fut tellement impliqué
dans l’enseignement, tout en gardant
un œil sur des espérances
architecturales en principauté de
Monaco, qu’il affecta durant plusieurs
années de ne plus vouloir discourir
sur l’utopie. Je fus le témoin de ce
refus de parler de ce passé pourtant
reconnu et entré dans l’histoire.
Elue le 4 avril 2007 à l’Académie des Beaux Arts
dans la section de sculpture, Brigitte Terziev est née
à Paris en 1943. Très jeune elle se familiarise avec l’Art au
sein de sa famille, une mère artiste et musicienne et un
père sculpteur qui avait été l’élève de Bourdelle.
Tentée par la sculpture, elle entre à l’Ecole nationale
des beaux-arts et travaille trois ans avec Couturier
tout en s’intéressant à la danse, qu’elle pratique,
et à la chorégraphie.
Suit une période à l’étranger où elle collabore avec auteurs
et metteurs en scène de théâtre à différentes
manifestations, surtout en Yougoslavie.
De retour à Paris, elle retrouve la sculpture. Elle s’adonne
alors à l’abstraction. Elle taille le bois, attentive à ce
matériau singulier qui lui offre l’occasion d’expérimenter
et d’utiliser les caprices de ses veines et les prestiges de
son toucher.
C’est ainsi qu’elle expose au Salon de Mai dans les années
70 un ensemble magnifique de plusieurs pièces que l’on
n’appelait pas alors une “installation” mais qui en était une
avant le mot.
Toutefois elle désire aller plus loin et parvient à synthétiser
les différentes exigences qui l’avaient mobilisée jusqu’à
l’immanence de la sculpture qu’elle avait reçue de
Couturier, théâtralisation des formes, goût pour le toucher
de la matière.
Ses œuvres sont bientôt remarquées et elle reçoit le prix
Bourdelle en 1997, concrétisé par une exposition en 1998 :
des effigies d’une hauteur de 2 mètres en terre cuite avec
des incursions de fers, ces présences nommées “spectres”
règnent en maîtres de l’espace qu’ils intègrent dans
l’intemporalité des revendications muettes, des
évènements et blessures secrètes. Ils réclament au regard
du visiteur un silence, une interrogation, une forme de
tension pour dominer la peur.
La vie est un théâtre, une représentation, dit-elle, où toute
démarche prend figure de message inscrit dans l’inconnu.
Brigitte Terziev sera bientôt accueillie dans notre
Compagnie avec amitié et admiration.”
Claude Abeille,
membre de la section de Sculpture
R
égis Wargnier est né en 1948. Après une licence de
lettres classiques et une maîtrise de grec, il ouvre un
atelier de photographie. Sa rencontre avec Claude Chabrol
est déterminante ; il effectue avec lui son premier stage
sur le tournage de
La décade prodigieuse
. Il devient alors
tour à tour assistant metteur en scène, assistant à la caméra
puis régisseur général. Par l’intermédiaire de Michel
Piccoli, il rencontre Francis Girod avec lequel il collabore
sur les films
L’état sauvage
,
La banquière, Le grand frère,
Le bon plaisir
. Il collabore en même temps avec des
réalisateurs étrangers tels que Valério Zurlini, Volker
Schlöndorff, Margarethe Von Trotta ou Andreï Tarkovski.
En 1986, il passe à la réalisation avec son premier film,
La femme de ma vie,
film récompensé par le César de la
première œuvre. Mais c’est avec
Indochine
, en 1992, que
Wargnier accède à la notoriété internationale : le film
reçoit l’Oscar et le Golden Globe du meilleur film
étranger. En 1995,
Une femme française
obtient le Prix de
la mise en scène au festival de Moscou. En 1999,
Est-Ouest
est plébiscité par la critique française et russe.
Man to man
, en 2002, pose la question de l’intolérance en
une vaste fresque historique. Avec
Pars vite et reviens tard
,
adaptation d’un livre de Fred Vargas, Wargnier aborde le
polar pour la première fois cette année. Régis Wargnier a
également réalisé des documentaires,
Liban année zéro
et
deux films sur le sport,
Cœurs d’athlètes
et
D’or et
d’argent.
Depuis 2006, il est président de “Fonds Sud”,
organisme traitant les demandes d’aide à la production
provenant des pays émergents.
A
ctualités
J’ai considéré cela comme un
renoncement volontaire vis-à-vis de son
incroyable souci pour l’enseignement
pris comme un véritable sacerdoce.
Cependant, c’est sans doute à partir
de l’exposition de l’an 2000 à l’Hôtel
de Ville de Paris, que Paul Maymont,
revenu à ses anciennes amours, sortit
de son long silence sur l’utopie.
Lors des séances d’étude, toutes
récentes, du programme du grand
prix d’architecture de l’Académie et,
ce uniquement pour des questions
très précises de surface territoriale et
de densité, il nous faisait part de ses
réflexions et nous fournissait des
documents personnels répondant à
nos préoccupations.
Dans les discussions très animées avec
des membres de la section, il fit preuve
d’une volonté inflexible d’allier très
fortement la technologie et l’économie
pour “le nouvel établissement humain”
que nous avons mis au programme du
GPA 2007. Il a insisté également sur le
renforcement nécessaire de la
densification urbaine. Il a trouvé à ce
moment-là, c’est-à-dire véritablement
dans ses derniers jours d’existence,
toute sa foi, son enthousiasme et sa
combativité pour l’élaboration du
programme. Nous l’avons suivi sur
deux plans : celui de l’étendue du
territoire et celui de la densité.
Rien alors, devant ce discours violent
et ces affirmations autoritaires,
devant sa conviction inébranlable, ne
laissait supposer à brève échéance
une mort subite.
La formule connue de mourir en
combattant se révèle tout à fait vraie.
Elle n’est pas pour Paul Maymont une
simple figure de style, galvaudée dans
le langage commun. Elle est formule
révélatrice d’un homme extrêmement
solitaire, peu expansif dans les
rapports humains, autres que ceux de
l’enseignement.
Solitude traduite dans une mort si
anonyme qu’elle semble à certains de
nous, mystérieuse.”
Pour Paul Maymont
L’architecte Paul Maymont, correspondant de l’Académie des Beaux-
Arts, nous a quittés le 20 mars dernier. Claude Parent, membre de la
section d’Architecture, lui rend hommage.
Brigitte Terziev
Régis Wargnier
É
lections
Distinctions
Leonardo Cremonini
a reçu le
Prix Andrea Mantegna de la Ville
San Michele al Tagliamento (Italie).
Roman Polanski
a reçu le Prix
Camera d’Or du Festival Art Film
de Teplice (Slovaquie).
Laurent Petitgirard
a été élu
président du Conseil d’Administration
de la Sacem.
Au cours de sa séance plénière du 4 avril, l’Académie
des Beaux-Arts a élu Brigitte Terziev dans la section
de Sculpture (siège créé par le décret du 8 juin 1998),
ainsi que Régis Wargnier dans la section des
Créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel,
au fauteuil précédemment occupé par Henri Verneuil.
Photos D.R.
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