Ete 2008 - page 4

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Fondée en 1740,
la Manufacture
nationale de Sèvres a su concilier tradition
et modernité dans la production, depuis
près de trois siècles, de porcelaines
d’exception et la transmission de savoir-
faire qui font sa renommée...
Elle est en Europe la seule manufacture qui
n’a jamais changé de main, directement
rattachée aux pouvoirs exécutifs, et
toujours financée par l’Etat, ce qui a
permis au fil du temps le maintien de la
plus grande exigence qualitative, et produit
la plus belle porcelaine d’Occident.
Depuis l’origine, de nombreux artistes y
ont imprimé de leurs talents les collections
grandioses qui y ont vu le jour.
François Boucher, n’est-il pas lui-même le
premier invité d’une longue liste qui se
perpétue toujours ? Aujourd’hui, deux
membres de l’Académie des Beaux-Arts y
travaillent, les peintres Zao Wou-Ki et
Chu Teh-Chun, tandis que la Manufacture
vient d’éditer des décors d’Yves Millecamps.
C’est pour
La Lettre
l’occasion de
re-visiter cette prestigieuse institution,
résolument contemporaine.
Dossier
Des
académiciens
à
Sèvres
Retour sur la présence des
membres de l’Académie
à la Manufacture nationale.
François Boucher (d’après),
La Danseuse,
vers 1750, hauteur 23 cm.
Photo DR
J
ean Cardot a bénéficié d’une entière liberté de créa-
tion. Il a expliqué dans son discours inaugural qu’il
avait commencé à travailler sur l’étude d’un couple et
que l’image du couple s’était transformée peu à peu en
flamme. La flamme de la Liberté symbolise, depuis la sta-
tue de Bartoldi, ce que le peuple français et le peuple
américain partagent depuis toujours, l’amour de la liberté.
Sur le socle figurent deux phrases, l’une est de Lafayette :
“Humanity has won its battle, liberty now has a country”,
“L’Humanité a gagné sa bataille, la liberté a désormais un
pays”. Dans un bref discours, Marc Ladreit de Lacharrière
rappelait que ces propos tenus il y a plus de 200 ans, le 19
octobre 1781, montrent la force des liens entre la France
et les Etats-Unis, qui ne se sont jamais démentis depuis
lors. L’autre phrase est de Benjamin Franklin : “Where
liberty dwells, there is my country”, que l’on peut traduire
par : “Là où se trouve la liberté, là est mon pays.”
Pour Jean Cardot, cette flamme de la Liberté réalise
enfin l’unité d’une oeuvre qui mène de Jefferson, sur l’autre
rive de la Seine à Churchill et à De Gaulle sur les
Champs-Elysées. Qui pourrait imaginer que la proximité
de cette flamme et de ces combattants de la liberté est
l’effet du hasard des commandes ? Comme la flamme de
la Liberté, ces œuvres ont aussi en commun d’avoir été
entièrement financées par de généreux mécènes ou par la
ferveur populaire.
Jean Cardot a tenu à associer à cet hommage la
Fonderie de Coubertin et ses compagnons qui entretien-
nent dans notre pays un savoir unique. S’il a été possible
d’inaugurer le 14 juin une œuvre commencée en janvier,
c’est grâce à leur savoir-faire et à l’ingéniosité du Maître
Fondeur Yvon Rio qui a imaginé un procédé original per-
mettant de réaliser l’œuvre directement dans la cire. La
cire sculptée des mains de Jean Cardot s’est évaporée lors
de la fonte. Elle a laissé son empreinte dans le bronze.
La Flamme de la Liberté
par Jean Cardot
Craig Robert Stapleton Ambassadeur des Etats-Unis
en France et notre confrère Marc Ladreit de
Lacharrière ont eu l’idée d’ériger, dans le parc de
la résidence de l’ambassadeur, une sculpture dédiée
à l’amitié franco-américaine. Cette œuvre en
bronze d’une hauteur de près de quatre mètres a
été inaugurée le 14 juin par le Président
Nicolas Sarkozy et le Président George W. Bush.
Ci-dessus, de gauche à droite : Jean Cardot,
Marc Ladreit de Lacharrière, Nicolas Sarkozy,
George W. Bush, Craig Robert Stapelton.
Photo Ambassade des Etats-Unis.
En haut : la sculpture de Jean Cardot avec,
en arrière plan, la résidence de l'ambassadeur.
Photo D. Bernheim
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