Ete 2008 - page 5

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J
e suis particulièrement heureux d’ouvrir ce dossier
que les membres de l’Institut ont bien voulu consa-
crer dans leur
Lettre
à la Manufacture nationale de
Sèvres. Certes, il y a des raisons à cela, et j’espère que les
informations qui vont suivre seront de nature à le démont-
rer mais je me sens particulièrement honoré
que l’occasion me soit ainsi donnée de rappe-
ler le riche passé de l’illustre maison et qui,
fort opportunément, a croisé la non moins
illustre activité de l’Académie royale de pein-
ture et de sculpture.
Depuis sa création dans les tours du châ-
teau de Vincennes, en 1740, la Manufacture
est devenue Manufacture de Sèvres en 1756, à la suite de
son déménagement près du château de Bellevue propriété
de sa bienfaitrice, Mme de Pompadour, favorite de Louis XV,
et probablement sous son impulsion personnelle, cette
jeune fabrique de porcelaine se trouve mandatée pour
innover, surprendre, se dépasser et offrir au goût certain
du moment les plus belles et les plus étonnantes porcelai-
nes qui soient.
Et ne le fait-elle pas en conviant dès l’origine les plus
grands artistes que sont François Boucher, Falconet,
Boizot, mais aussi Duplessis… qui ouvrent ainsi sans le
savoir une longue lignée d’artistes qui, au fil du temps,
auront contribué non seulement à enrichir le patrimoine
des formes et des décors de la Manufacture, à contribuer à
son rayonnement partout dans le monde et, indéniable-
ment à maintenir la qualité exceptionnelle de ses savoir-
faire, sans cesse confrontés à de nouveaux défis.
J’ai l’habitude de dire, et je le crois intimement, que
nous représentons une véritable exception culturelle fran-
çaise qui offre, aujourd’hui encore, l’opportunité à des
artistes de créer dans le champ de la céramique en ayant à
disposition les meilleurs spécialistes, des gestes et des
techniques transmis de génération en génération depuis le
XVIII
e
siècle, un patrimoine préservé exceptionnel dans
lequel il est aisé de puiser ou de se ressourcer et la volonté
entière de créer.
L'inventivité, la curiosité et les défis des artistes sont
probablement, depuis plus de 250 ans, les moyens les plus
sûrs de remplir cette double mission. François Boucher fut
Une exception culturelle française
Par
David Caméo,
Directeur de la Manufacture nationale de Sèvres
le premier des artistes invités ; aujourd'hui, il s'agit de
Yayoi Kusama,
de
Louise Bourgeois
, de
Monique
Frydman
, d’
Arman
, de
Johan Creten
, de
Fabrice Hyber
,
de
Marie-Ange Guilleminot
, d'
Izhar Patkin
, de
Bertrand
Lavier
, de
James Brown
, de
Pucci de Rossi
, d’
Elsa Sahal
,
de
Vincent Barré
, d’
Eric Boulatov
, de
Françoise Quardon
, de
Myriam Méchita
ou
encore d'
Ettore Sottsass
, de
Christian
Biecher
, de
Rena Dumas
, de
Pierre
Charpin
, parmi bien d'autres... qui viennent
exprimer à Sèvres, chacun à leur manière, le
double enjeu de la tradition et de la modernité.
Parmi eux et non des moindres, de remar-
quables créateurs membres de l’Académie, que sont
Yves
Millecamps, Chu Teh-Chun
ou
Zao Wou-Ki
sont actuel-
lement nos hôtes dans les ateliers.
Il me sera très agréable, le moment venu, de vous faire
découvrir la qualité de leur démarche respective engagée à
la Manufacture nationale de Sèvres. Qu’ils en soient ici
très sincèrement remerciés.
Dossier
Des gestes et des
techniques transmis
de génération en
génération depuis le
XVIII
e
siècle
A gauche : vue de la Manufacture nationale de Sèvres et
du Musée national de céramique.
Photo Manolo Mylonas.
A droite : Louis-Simon Boizot,
Apollon et Daphné,
1786,
hauteur 49 cm.
Photo DR
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