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l’Art Nouveau, présentée avec succès à l’exposition univer-
selle de 1900 à Paris.
De grands efforts sont fournis par l’institution, même après
la Première Guerre mondiale qui a cruellement décimé son
personnel. Sa participation à l’exposition internationale des
Arts décoratifs modernes à Paris en 1925, autour de l’idée
maîtresse d’une céramique partie prenante du décor inté-
rieur, remporte un vif succès, comme celle des Arts et tech-
niques de 1937 ; ces expositions génèrent des commandes
prestigieuses, notamment pour les paquebots.
Le XVIII
e
siècle, de Vincennes à Sèvres
En 1740, une manufacture de porcelaine tendre est fon-
dée au château de Vincennes. On doit son essor à la pro-
tection de Louis XV et de la marquise de Pompadour. Si
Giovanni-Claudio Ciambellano, dit Duplessis père, orfèvre
du roi, est le créateur de la plupart des formes inspirées du
baroque, dès 1747,
François Boucher
,
peintre du roi, est quant à lui le 1
er
artiste
invité en 1748.
Transférée à Sèvres en 1756, dans des
bâtiments construits spécialement, à mi-
chemin entre Versailles et Paris, la
Manufacture passe sous l’entier contrôle de
la Couronne en 1759.
En 1768, deux de ses chercheurs, Pierre-
Joseph Macquer, chimiste membre de
l’Académie des sciences et Robert Millot, chef des fours,
découvrent le premier gisement français de kaolin près de
Limoges. La porcelaine dure est alors commercialisée à
Sèvres dès 1770.
Le XIX
e
siècle, de 1800 à 1870
Cas unique dans l’histoire de la Manufacture, le savant
Alexandre Brongniart - fils de l’architecte, auteur du Palais
de la Bourse de Paris -, la dirige pendant près de 50 ans,
impulsant la création du Musée de céramique, ouvert en
Une histoire
de la Manufacture
de Sèvres
Les académiciens
et la Manufacture
de Sèvres
ALAUX, Jean, modèles de décors (vitraux), 1841-1848
BACHELIER, Jean Jacques
, artiste en chef chargé des
décors (et de la sculpture de 1766 à 1773), 1751-1793
BARRIAS, Louis, modèle de sculpture, 1892
BERRUER, Pierre, modèle de sculpture, 1784
BOIZOT, Louis Simon,
artiste en chef chargé de
la sculpture, 1773-1805
BOSIO, François, modèles de sculpture, 1808-1826
BOTTEE, Louis, modèle de sculpture, 1904
BOUCHARD, Henri, modèles de sculpture, 1924-1937
BOUCHER, François, dessins, modèles de décors et
sculptures, 1749-1786
BRIDAN, Charles, modèles de sculpture, 1785-1809
CARTELLIER, Pierre, modèle de sculpture, 1801
CHAPLAIN, Jules,
directeur des travaux d’art, 1895-1897
CHAPU, Henri, modèle de sculpture, 1888
CHAUDET, Antoine, modèle de sculptures, formes et
décors, 1801-1808
CHU, Teh-Chun, modèles et exécution de décors, 2008
COUTAN, Jules,
directeur des travaux d’art, 1891-1895
DAVID D’ANGERS, Pierre Jean, modèles de
sculpture, 1842-1847
DEJOUX, Claude, modèle de sculpture, 1785
DELACROIX, Eugène, modèles de décors (vitraux), 1841-1842
DENON, Dominique-Vivant,
modèles de décors, 1808
DESCATOIRE, Alexandre, modèle de sculpture, 1906
DESEINE, Louis Pierre, modèles de sculpture, 1792-1820
DESPIERRE, Jacques, modèles de décors, 1948-1950
DESPORTES, Alexandre-François, modèles de
décors, 1785-1800
DESRUELLES, Félix, modèle de sculpture, 1905
DIDERON, Louis, modèles de sculpture, 1934-1950
DUBOIS, Paul, modèles de sculpture, 1894-1907
DUPAS, Jean, modèles de décors, 1923
DUPATY, Henri, modèles de sculpture, 1902-1903
FALCONET, Etienne Maurice,
artiste en chef chargé de
la sculpture, 1755-1766
FALGUIERE, Alexandre, modèles de sculpture, 1905-1907
FONTAINE, Pierre, modèle de décor, 1930 et 1841
FREMIET, Emmanuel, modèles de sculpture, 1896-1905
GALANIS, Demetrius, modèles de décors, 1934-1950
GARDET, Georges, modèles de sculpture, 1892-1907
GAUMONT, Marcel, modèle de sculpture, 1914-1932
GERARD, François, modèles de décors, 1807-1832
GEROME, Jean Léon, modèles de décors, 1851
GILLET, Nicolas François, modèle de sculpture, 1769
GOIS, Etienne Pierre Adrien, modèles de sculpture, 1783-1788
1824. Il entreprend la modernisation décisive de la
Manufacture avec l’installation de nouveaux ateliers et de
nouveaux métiers, comme le calibrage et le coulage.
Sous le Premier Empire, l’iconographie marquée par le
style néo-classique s’inspire de l’épopée napoléonienne. A
la Restauration et sous le règne de Louis-Philippe, la pro-
duction est plus éclectique, souvent exotique.
Les innovations se poursuivent sous la II
e
République, comme la mise au point du
décor “pâte-sur-pâte” et l’évolution du cou-
lage qui permet les prouesses remarquées
lors de la 1
e
Exposition Universelle à
Londres, en 1851. C’est à cette période que
l’on doit l’usage de l’attribution, de la part de
l’Etat, de “lots” en porcelaine de Sèvres
comme trophées de manifestations diverses
aux formes récurrentes et décors bleu et or.
La direction de Victor Regnault (1852/1871), ingénieur
des Mines, coïncide à peu près avec le Second Empire. Le
goût pour les thèmes de l’Ancien Régime s’affermit et la
sculpture renaît après une période de désaffection.
La III
e
République, de 1870 à 1940
Une commission de perfectionnement est créée en 1871
pour définir les orientations esthétiques et techniques de
l’établissement. Albert Carrier-Belleuse, membre de la
commission et directeur des travaux d’art de 1875 à 1887,
oriente la production vers des genres nouveaux.
De nouveaux bâtiments, construits spécialement par
l’Etat sur 4 hectares désenclavés du parc de Saint-
Cloud, sont inaugurés en 1877 et abritent aujourd’hui
encore la Manufacture nationale de Sèvres et le Musée
national de céramique.
L’architecte Alexandre Sandier nommé directeur des tra-
vaux d’art en 1897 oriente la production de Sèvres vers
En haut : La Nouvelle Manufacture de Sèvres, vers 1869.
Photo DR.
A droite : Portrait d’Alexandre Brongniard par Emile Wattier, vers
1830, Collection de la Manufacture.
Photo DR.
Sous le Premier
Empire, l’iconographie
marquée par le style
néo-classique s’inspire
de l’épopée
napoléonienne
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