Ete 2008 - page 8

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Dossier
I
nclination personnelle, certainement. Incitation natu-
relle favorisée par le type d'enseignement très diversi-
fié reçu à l'Ecole nationale supérieure des Arts
Décoratifs, incontestablement. J'ai toujours eu envie de
créer dans les domaines les plus différents, autres que ceux
de la peinture et la sculpture.
Résoudre un problème d'ordre plastique quel qu'il soit,
cela a constamment été pour moi un défi…
Ce qui m'a amené à concevoir,
lorsque l'opportunité s'est présen-
tée, des montres, des bijoux, des
timbres-poste, des médailles, tro-
phées, logos, cartes de vœux, etc.
J'ai raconté dans le livre
Années
50, l'effet céramique
(collection
Sèvres, une histoire céramique
)
comment j'avais découvert et
aimé la porcelaine de Sèvres.
J'avais donc dessiné en 1960-61
une vingtaine de projets dont certains furent acquis par la
Manufacture, mais jamais réalisés à part seulement un ou
deux prototypes, probablement en raison du départ, peu
de temps après, du directeur de l'époque, Léon-Georges
Baudry. Le directeur qui lui succéda en 1964, Serge
Gautier estima peut-être n'avoir pas à enfourcher le même
cheval que son prédécesseur, et mes projets tombèrent
dans l'oubli… jusqu'à l'arrivée de David Caméo, en 2003.
Ce dernier, en explorant les archives, découvrit mon dos-
sier et décida, quarante ans plus tard, d'éditer mes dessins,
à ma plus grande joie.
En 1960-61 je n'avais pas encore trouvé mon “style”, je
cherchais et m'aventurais dans toutes les directions et for-
mes d'expression. Mais c'est toujours le côté graphique
qui m'a séduit et attiré dans les décors de la Manufacture
nationale de Sèvres. Et j'étais totalement conquis par
l'aspect précieux, délicat, précis qu’un décor pour une
porcelaine d'une telle qualité devait à mes yeux revêtir.
J'avais pleinement conscience qu'il ne s'agissait pas d'une
porcelaine banale, mais qu'elle requérait la mise en œuvre
des meilleurs artisans-artistes, la quintessence des interve-
nants à toutes les étapes de la réalisation. Et cette exi-
gence correspondait tout à fait à ma propre conception du
travail et à mon expression artistique. L'alliance était par-
faite. Un seul regret : qu'elle n'ait pu se réaliser à l'époque
en y trouvant l'ouverture d'esprit qui règne aujourd’hui à
la Manufacture.
C'est toujours
le côté graphique
qui m'a séduit et
attiré dans les
décors de la
Manufacture
nationale
de Sèvres
Yves Millecamps : “Mon expérience à la Manufacture
nationale de Sèvres, une alliance parfaite”
Par
Yves Millecamps
, Président de l’Académie des Beaux-Arts, membre de la section de Peinture
A gauche : assiette plate Diane découpée, Alain Gauvenet,
décor d’après Yves Millecamps. Collections Manufacture
nationale de Sèvres.
Photo DR
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A droite : assiette plate, décor d’après Yves Millecamps.
Collections Manufacture nationale de Sèvres.
Photo DR
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