Ete 2010 - page 28-29

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C
’est la première fois que la demeure du marquis
de Sade s’ouvre à la sculpture. La présence de
celle-ci interroge ce lieu emblématique pour un
dialogue avec la vie des formes. Si le geste pérenne du
sculpteur inscrit la sculpture dans la permanence d’un
langage qui perdure depuis les premières civilisations,
il rivalise avec la nature dans un espace dont il est
l’interlocuteur permanent. Le destin des œuvres
exposées se renouvelle dans ce face à face où la mémoire
constitue l’enracinement à toute renaissance artistique.
La sculpture qui exige l’exclusivité d’un espace réaffirme
le postulat suivant : il ne s’agit pas tant de comprendre
l’œuvre d’art que d’en faire l’expérience, autrement dit
de la vivre. La présence de sculptures d’aujourd’hui dans
un lieu fermé sur l’histoire apporte une force nouvelle
au Château de Lacoste, dans une volonté de confronter
les recherches des artistes contemporains à une réalité
mythique et perçue comme telle.
Cette rencontre est riche d’un message qui pose à la
fois la question de l’intégration de la sculpture dans un
lieu déterminé et sa perception, en tant qu’œuvre d’art,
par la société. Cette interrogation vivante réactive la
relation privilégiée qu’entretiennent le sculpteur avec
la matière, l’homme avec l’espace, la main et l’esprit.
Qu’il taille le marbre, la pierre, modèle la terre, le
plâtre pour être fondus en bronze, découpe, soude
l’inox, travaille les résines, le sculpteur questionne la
réalité transcendante. Figurale ou abstraite, informelle,
allusive, chacune des sculptures présentes exprime la
pluralité d’un langage réinventé par la métamorphose de
la matière pour un pacte avec l’éternité.
Les académiciens Claude Abeille, Jean Cardot, Eugène
Dodeigne, Gérard Lanvin, Pierre-Edouard, Antoine
Poncet, Brigitte Terziev, et leur confrère décédé
Albert Féraud auquel un hommage est rendu, ainsi
que William Chattaway, membre associé étranger et
les correspondants Gualtiero Busato, Caroline Lee et
Robert Rigot ont investi le Château de Lacoste auquel
ils redonnent une identité spécifique sur laquelle le
temps ne peut avoir aucune prise.
Château de Lacoste, Vaucluse (84),
jusqu’au 5 septembre 2010
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Les sculpteurs de
l’Académie des Beaux-Arts
au Château de Lacoste
Par
Lydia Harambourg
, historienne et critique d’art,
correspondant de l’Académie des Beaux-Arts
E
xposition
Invités par leur confrère
Pierre Cardin, membre de la
section des Membres libres,
les sculpteurs de l’Académie
de Beaux-Arts ont pris leurs
quartiers d’été dans les
jardins et sur les terrasses
du château de Lacoste qui
surplombe la plaine de
Bonnieux dans le Vaucluse.
Ci-dessus et au centre : le Château de Lacoste.
Photo DR
A droite, en haut : Albert Féraud,
Sans titre
, 1995, inox.
En bas : Eugène Dodeigne, Force et Tendresse, pierre de Soignies.
Photo DR
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