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lu membre de la section d’Architecture le mercredi 6
novembre 2002, au siège créé par décret du 8 juin 1998,
Yves Boiret, né en 1926, a été formé à l’Ecole nationale
supérieure des Beaux-Arts, dans l’atelier Pontremoli-Leconte.
Diplômé par le Gouvernement en 1955, il exerce en associa-
tion avec son père et confrère Georges Boiret.
Reçu en 1963 au concours de recrutement d’Architecte en Chef
des Monuments historiques, il exerce des missions successivement
dans onze départements français et assume jusqu’en 1992 celle
d’Inspecteur général à Paris et en Ile-de-France. Membre de la
Commission supérieure des Monuments historiques, de celles des
Sites et des Abords, il est également expert architecte près la Cour
d’Appel de Paris et participe à des missions d’enseignement d’archi-
tecture et d’urbanisme à
l’Ecole des Beaux-Arts de
Paris, au Centre d’Etudes
supérieures d’Histoire
et de Conservation des
Monuments anciens au
Palais de Chaillot. Il est
chargé de cours à l’Université
Catholique de Louvain, au
“Restauro” à Rome et à
l’Ecole Nationale du
Patrimoine. Des missions lui
sont confiées par l’UNESCO et le Conseil de l’Europe.
Depuis 1974, il est membre de l’Académie d’Architecture.
“… Yves Boiret voit rarement ses travaux cités dans les publi-
cations d’architecture contemporaine, à l’exception de l’excel-
lente revue des Monuments Historiques. Il est pourtant l’auteur
d’un grand nombre de réalisations dont certaines font partie de
notre vécu quotidien… A l’éditeur d’une revue d’architecture
qui souhaite publier le travail d’un jeune débutant ou d’une étoile,
il suffit d’une simple lettre pour obtenir par retour de courrier
un dossier complet préparé en vue de l’édition… Il en va autre-
ment dès que l’on s’adresse à un architecte de la trempe d’Yves
Boiret : ce qui pourrait être perçu comme indifférence ou
absence de souci pédagogique ne s’explique pas seulement par
une question de temps et de moyens, mais bien par cette atti-
tude romaine qui veut qu’on laisse la parole aux œuvres et à elles
seules ”. (Extrait de
Archives d’Architecture Moderne
,
Maurice Culot, n°28-1985-p.38)
Yves Boiret a reçu en 1991, le Grand Prix National du
Patrimoine
u
Chacun est libre de vous juger sur vos œuvres,
mais peu nombreux sont ceux qui sont capables de percer
le secret de votre réserve naturelle, même s’ils y
distinguent la force talentueuse de ce qui conduit à
l’aboutissement de vos actes.
Permettez-moi d’avancer quelques hypothèses sur le
secret de votre réussite : vous êtes un homme qui avez le
goût des contacts : le souvenir que vous laissez derrière
vous, dans la multiplicité de vos lieux d’intervention, le
démontre. Vous êtes un homme de conviction fondée sur
le bon sens : lorsque le sentiment intime du bien-fondé
de votre position n’est pas partagé, plutôt que de
renoncer à votre propre certitude, vous sollicitez d’être
déchargé d’une mission qu’il vous serait impossible de
mener à bien. Vous possédez la capacité rare de savoir
concilier l’inconciliable, ce qui vous permet d’associer à
la préservation du passé et de ses symboles qui font
l’histoire, les marques de notre temps qui la prolongent.
Les qualités rares de diplomate que l’on vous prête et
votre sagesse se sont manifestées en maintes
circonstances où l’on a fait appel à vous, chaque fois
qu’il fallait éviter des conflits et trouver des remèdes.
Vous acceptez aujourd’hui de répondre à l’appel qui
vous est adressé au sein de l’Institut de France par
l’Académie des Beaux-Arts. En tant que doyen de cette
illustre instance, je m’en réjouis et forme un vœu
ardent : que votre rôle y trouve sa place !
Soyez le bienvenu parmi nous !
Extrait du discours prononcé par Marc Saltet
Yves
Boiret
Réception
sous
la
Coupole
M
a perception personnelle du rôle de Président de
l’Académie rejoint la définition des statuts. Il s’agit
avant tout d’un rôle d’animation et d’encadrement. Il
s’agit de veiller à la bonne tenue des séances, au respect de
l’ordre du jour, à la circulation de la parole. Il faut que chacun
ait l’occasion de s’exprimer, que l’avis de chacun soit entendu.
Une fois l’ordre du jour établi, et le rapport de la séance pré-
cédente lu et approuvé, il s’agit de proposer des sujets de dis-
cussion qui concernent la vie de l’Académie, la position qu’elle
occupe dans le monde culturel d’aujourd’hui, les questions
d’actualité en matière artistique dans lesquelles elle se sent
impliquée. C’était d’ailleurs le combat de mon prédécesseur, le
peintre Pierre Carron, qui revendiquait pour notre Compagnie
une meilleure écoute de la part des pouvoirs publics, et militait
activement pour lui faire retrouver un statut d’instance consul-
tative pour toutes les grandes questions artistiques. C’est un
combat qu’il nous faut poursuivre, et j’entends moi aussi m’y
Portrait
Le
Président
de l’Académie
des Beaux-
Arts
Gérard Lanvin, membre de la section de
Sculpture, est Président de l’Académie des
Beaux-Arts pour l’année 2003.
Mais que signifie exactement ce titre, quelles
tâches et quelles responsabilités implique-t-il ?
Selon les statuts de l’Académie des Beaux-Arts,
“ les fonctions du Président sont de proposer les
sujets de délibération ou de discussion, de
maintenir l’ordre dans l’assemblée, de
dépouiller les scrutins et d’en prononcer les
résultats. Il est spécialement chargé de veiller à
l’exécution des statuts et des règlements de
l’Académie et d’y rappeler ceux qui pourraient
s’en écarter”.
Comment Gérard Lanvin envisage-t-il
aujourd’hui cette fonction ?
consacrer au cours de mon mandat. Il semble que les choses
commencent à évoluer puisque nous avons récemment eu la
visite du Ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon. Il s’agit
de lui exprimer nos revendications, et de lui faire entendre quel
rôle nous pourrions assumer en tant que représentants de ce qui
est dénommé “beaux-arts” dans ce pays.
Je voudrais également, au cours de ce mandat, privilégier
toutes formes de communication et de rencontres au sein de
notre compagnie, qu’il s’agisse de conférences ou de débats plus
informels. C’est en général dans les questions diverses, que nous
abordons en fin de séance, que naissent les discussions les
plus passionnantes, parce qu’elles s’affranchissent des problèmes
pratiques ou organisationnels, et nous permettent de traiter
de notions plus sensibles, plus personnelles, qui fondent notre
pratique artistique. La Lettre de l’Académie des Beaux-Arts est
un outil de communication très important pour nous. Au-delà
de nos actions et de nos activités, dont elle se doit de rendre
compte, il s’agit d’y aborder aussi des sujets d’intérêt plus géné-
ral en matière artistique, de traiter des questions d’actualité par
rapport auxquelles nous nous sentons concernés même si nous
n’y sommes pas directement impliqués.
Notre compagnie est une réunion de créateurs, donc de
personnalités fortes, d’individualités marquées, de tempéraments
affirmés. Au-delà des divergences et des singularités individuelles,
c’est le lieu d’échanges d’une grande richesse. Et le rôle du
Président est tout simplement de provoquer et de maintenir les
conditions nécessaires à ces échanges, tant internes qu’ouverts
à nos interlocuteurs du monde des arts et de la culture
u
Le mercredi 25
juin 2003, Yves Boiret,
élu membre de la section
d’Architecture était reçu
à l’Académie des
Beaux-Arts par le doyen
de la compagnie, son
confrère Marc Saltet.
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