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Hector Berlioz, vers 1865.
Satan volant au-dessus de la ville de nuit,
litographie d’Eugène Delacroix pour
La Damnation de Faust
d’Hector Berlioz (1846).
Christian Brégou, Président de Radio Classique
et Arnaud d’Hauterives, Secrétaire perpétuel de
l’Académie des Beaux-Arts entourant le buste
d’Hector Berlioz, à l’Institut de France.
H
ector Berlioz fut membre de la section de Composition
musicale de l’Académie des Beaux-Arts de 1856 à 1869.
L’histoire de la relation de l’illustre compositeur
avec l’Académie est contrastée. Berlioz se présenta quatre fois
au célèbre Prix de Rome, organisé à l’époque par l’Académie des
Beaux-Arts, avant d’obtenir cette récompense convoitée en 1830.
Il composa alors une cantate sur la
Dernière nuit de Sardanapale
,
deux ans après l’événement constitué par l’exposition au Salon
de 1828 du tableau d’Eugène Delacroix
La Mort de Sardanapale
.
Très sévère lorsqu’il évoque dans ses
Mémoires
ce Prix de Rome
et la composition de la section de Composition musicale de
l’Académie des Beaux-Arts à l’époque, Berlioz chercha néan-
moins toute sa vie à obtenir la reconnaissance officielle consti-
tuée par l’élection à l’Institut. Là aussi, il dut s’y reprendre à
quatre fois, puisqu’il ne fut élu que le 21 juin 1856 (au fauteuil
précédemment occupé par Adolphe Adam), après trois tenta-
tives infructueuses (en 1842 en remplacement de Cherubini,
Onslow fut élu ; en 1851 à la mort de Spontini, Ambroise Thomas
fut élu ; en 1854, à la nomination d’Halévy comme Secrétaire
perpétuel, Clapisson ravit la place à Berlioz).
Mais dès son élection, celui qui fut un bouillant contesta-
taire pendant une grande partie de sa vie, devint assidu aux
séances hebdomadaires de l’Académie qui avaient alors lieu le
samedi (comme le montrent les registres de présence, conservés
par les Archives de l’Institut), et il manqua de peu d’être élu
Secrétaire perpétuel en avril 1862, à la mort d’Halévy.
Actualités
La mémoire d’Hector Berlioz est ainsi gardée à l’Académie
des Beaux-Arts ; les lieux qu’il y fréquenta ont peu changé, de
nombreuses correspondances ont été conservées, le buste du
compositeur accueille les visiteurs…
Radio Classique, quant à elle, perpétue, par sa grande série
d’émissions thématiques et de retransmissions de concerts consa-
crée à Berlioz, le souvenir de cet “immortel”. Tout au long de
cette année du bicentenaire, les auditeurs de Radio Classique
peuvent suivre le compositeur dans ses nombreux voyages, décou-
vrir des aspects méconnus de sa biographie ou de ses amitiés
artistiques ; les mélomanes prennent également plaisir à écou-
ter la diffusion de concerts donnés par de prestigieux ensembles
dans le cadre de cette célébration nationale.
Un partenariat est donc établi entre l’Académie des Beaux-
Arts et Radio Classique pour célébrer Hector Berlioz. L’Académie
sera associée à toutes les émissions consacrées à Berlioz par Radio
Classique ; de son côté Radio Classique sera présente lors des
événements officiels au cours desquels l’Académie des Beaux-
Arts rendra hommage à son illustre membre, notamment la
Séance publique annuelle du 19 novembre prochain.
L’Académie des Beaux-Arts est heureuse de s’associer à un
média de l’importance et de la qualité de Radio Classique, dans
une démarche visant à faire mieux connaître son histoire, mais
aussi son actualité au service de l’art et des artistes
u
Le mercredi 28 mai dernier,
Arnaud d’Hauterives, Secrétaire
perpétuel, et Christian Bregou,
Président de Radio Classique,
ont signé un partenariat dans le
cadre de la célébration du
bicentenaire de la naissance
d’Hector Berlioz (1803-1869).
Une conférence de presse était
organisée à cette occasion au
Palais de l’Institut.
Extrait du discours prononcé par Arnaud d’Hauterives, Secrétaire
perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts, à l’occasion de la signature
du partenariat avec Radio Classique, dans le cadre de la célébration
du bicentenaire d’Hector Berlioz.
Illustre, Berlioz le fut sans conteste, même si cela lui demanda du
temps. Ne confiait-il pas, au moment de mourir, “Enfin, on va jouer ma
musique ! ”, peu importe d’ailleurs qu’il s’agisse peut-être là davantage
d’une légende que de la réalité historique. Illustre, il l’est vraiment
devenu, si l’on en juge par la programmation des innombrables concerts
qui lui rendent hommage, par les thèmes des magazines spécialisés, par
l’intérêt des publications, des colloques, des expositions et des émissions
radiophoniques qui lui sont consacrés deux cents ans après sa naissance.
(…) Le souvenir de Berlioz est encore bien vivace en ces murs.
La relation du compositeur avec notre institution fut à proprement parler
“passionnée”, faite d’attirance, d’envie, mais aussi parfois d’impatience,
voire d’exaspération. Je laisse aux spécialistes le soin de juger nos
prédécesseurs qui ne lui accordèrent le fameux Prix de Rome qu’à la
quatrième tentative, en 1830. Vous avez pu voir dans la Bibliothèque
l’original du texte de la cantate au programme cette année là.
Je laisse également à l’histoire le soin de juger ceux de nos prédécesseurs
qui n’acceptèrent de recevoir Berlioz parmi eux qu’à la quatrième
tentative, en 1856.
Radio Classique participe de façon magistrale à la célébration de
l’anniversaire de ce membre prestigieux de notre Compagnie.
En programmant de passionnantes émissions ainsi que la transmission de
magnifiques concerts, elle permet aux auditeurs d’entrer dans l’intimité
du personnage, de le suivre dans ses voyages, de partager ses amitiés
artistiques, et enfin de mieux comprendre et apprécier sa musique.
L’idée d’associer une institution comme la nôtre à Radio Classique n’est
donc pas aussi surprenante que d’aucuns pourraient le penser.
Nous sommes en quelque sorte les dépositaires de la mémoire d’Hector
Berlioz ; si j’osais, je dirais que l’on pourrait parfois s’attendre à le
croiser dans les couloirs de ce Palais. De votre côté, vous contribuez à
faire vivre sa musique et à le rendre plus proche du public. En associant
notre mémoire à votre rayonnement au service de ce grand personnage,
nous assurons ensemble sa véritable “immortalité”.
Hector Berlioz,
l’académicien
L’Académie des Beaux-Arts et
Radio Classique célébrent le
bicentenaire de la
naissance du compositeur.
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