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Prix
et
concours
Le Prix de
musique de
la fondation
Simone et
Cino Del Duca
D
oté d’un montant de 38.000
,
ce prix, créé en 1995 par
Madame Simone Del Duca,
correspondant de l’Académie des
Beaux-Arts, dont nous déplorons la
toute récente disparition, est décerné
chaque année, en alternance à un
interprète français, soliste de moins
de quarante ans, et à un compositeur,
français de préférence, pour
l’ensemble de son œuvre. Le 12 mai
dernier, le jury a attribué le Prix de
musique 2004 au compositeur
français
Gilbert Amy
.
Né en 1936, Gilbert Amy a été l’élève
de Simone Plé-Caussade,
Henriette
Puig-Roger,
Darius Milhaud et
Olivier Messiaen.
Dès 1958, ses
œuvres ont été jouées dans tous les
hauts lieux de la création musicale,
notamment grâce à Pierre Boulez.
En 1967, il a pris la direction des
concerts du Domaine musical.
Parallèlement, il a poursuivi sa
carrière de chef d’orchestre,
dirigeant notamment l’Orchestre de
Paris, l’Orchestre national de France,
l’Orchestre de l’Opéra de Paris,
l’Orchestre symphonique de la BBC,
l’Orchestre de la radio bavaroise…
En 1976, il fonde le Nouvel orchestre
philharmonique de Radio-France,
dont il sera le directeur artistique
jusqu’en 1981. Il devient directeur du
Conservatoire national supérieur de
musique de Lyon en 1984.
C
e prix créé en 1990 par Liliane et
André Bettencourt,
membre de
l’Académie des Beaux-Arts, doté d’un
montant de 38000
, récompense chaque
année un chœur, en alternance parisien,
de province ou étranger.
Le jury s’est réuni le mercredi 29 avril au
Palais de l’Institut, et le Prix a été attribué
au
Chœur des Arts Florissants
, dirigé
par
William Christie
. L’Académie des
Beaux-Arts récompense ainsi non seule-
ment un chœur de grande qualité,
mais elle
honore également tout un pan de la vie
musicale d’aujourd’hui, celui de la musique
ancienne, particulièrement dynamique.
Fondés en 1979 par le claveciniste et
chef d’orchestre franco-américain William
Christie, Les Arts Florissants sont l’une des
formations les plus réputées en Europe et
dans le monde. Ils ont joué un rôle pion-
nier pour imposer dans le paysage musical
un répertoire jusqu’alors méconnu, celui
des XVII
e
et XVIII
e
siècles, notamment
français, et ils ont activement contribué à
la remise en valeur des impératifs tech-
niques et stylistiques de l’Art vocal baroque.
Le Grand Prix
d’Orgue de
l’Académie des
Beaux-Arts
C
e Grand Prix annuel, doté par
l’Académie des Beaux-Arts d’une
récompense de 3000
, a été décerné
le dimanche 2 mai dernier à
Lidia Ksiazkiewicz
.
Organisé dans le cadre du Printemps
des orgues par l’Association pour la
Connaissance, la Sauvegarde et la
Promotion des Orgues du Maine-et-
Loire, ce prix est destiné à promouvoir
les jeunes organistes diplômés des CNR,
des ENM ou des Conservatoires
Municipaux de la Ville de Paris.
Les épreuves se sont déroulées cette
année les 2 et 3 mai ; la finale du
concours a eu lieu sur le Grand-Orgue
de la Cathédrale d’Angers, et le jury
était présidé par Thierry Escaich.
Née à Poznan (Pologne) en 1977,
Lidia Ksiazkiewicz a étudié le piano et
l’orgue dans sa ville natale
(Prix d’excellence à l’orgue en 2002 dans
la classe du Professeur Kaminski), ainsi
qu’à l’Académie de Musique de
Bydgoszcz (diplôme de piano en 2001
dans la classe de Jerzy Goziszewski).
Elle a obtenu en 2003 une Médaille d’or
“à l’unanimité” au CNR de Saint-Maur-
des Fossés dans la classe d’orgue
d’Eric Lebrun.
Elle a participé à de nombreuses
académies d’été, notamment avec Jean
Boyer, Loïc Mallié, Ludger Lohmann,
Lorenzo Ghielmi.
Le travail que William Christie a mené
avec le chœur des Arts Florissants sur la
direction, la sonorité, la rhétorique, a
depuis 25 ans donné à cet ensemble un
style reconnaissable, une sonorité incom-
parable et une grande élégance.
Réunissant des effectifs variables (du petit
chœur de solistes au grand chœur
d’opéra), cet ensemble s’adapte au réper-
toire vocal sacré ou profane, qu’il soit fran-
çais, allemand ou italien, avec une grande
souplesse et en tenant compte des impé-
ratifs esthétiques de l’Art vocal baroque.
Associé aux grandes productions
lyriques, le chœur des Arts Florissants a
triomphé dans
Atys
de Lully à l’Opéra
Comique en 1987,
mais également dans
les opéras de Rameau, de Charpentier,
de Purcell, de Haendel et de Mozart. Si
l’activité lyrique des Arts Florissants est
intense, celle des concerts et des disques
ne l’est pas moins, comme le démontrent
les nombreuses interprétations en version
de concert, les pastorales, divertissements
ou petits opéras et la musique sacrée (en
particulier les grands motets de Rameau,
Mondonville,
Desmarest, Campra ou
les oratorios de Haendel).
Des grandes salles parisiennes aux salles
européennes prestigieuses en passant par
les festivals réputés, les Arts Florissants
communiquent cette musique avec
passion. Ambassadeurs de la culture
franco-européenne à l’étranger, ils assu-
rent en même temps une large diffusion
aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et
récemment en Asie du Sud-Est, défendant
avec vitalité un répertoire aujourd’hui
largement interprété et admiré. C’est du
reste en cela que le chœur des Arts
Florissants a pu rejoindre la Philharmonie
de Berlin en octobre 2002 pour interpréter
des extraits d’opéras de Rameau et Purcell
sous la direction de William Christie, chef
invité de Sir Simon Rattle.
C
ette très grande exposition permet de
voir le manuscrit des Très Riches
Heures dans la Chapelle du château, les
manuscrits de la collection duDuc d’Aumale
représentatifs de l’art du XV
e
siècle dans le
Cabinet des livres, et de consulter sur des
postes informatiques le fac similé
numérique intégral des
Très
Riches Heures du Duc de
Berry
dans le Salon du Roi.
Les Très Riches Heures
sont un livre d’heures,
c’est-à-dire un livre de
prière à l’usage des
laïcs, exécuté pour Jean
de France,
Duc de
Berry (1340-1416)
En 1411 , J ean de
Fr ance ,
un
de s
premiers personnages
du royaume de France,
demande à trois artistes
à son service, les frères
Limbourg, originaires
des
Pays-Bas,
de
réaliser ce manuscrit.
Celui-ci est brutale-
ment interrompu en
1416, avec la mort du
duc et des trois frères, sans doute en raison
de la peste. Vers 1440-1450, le manuscrit se
retrouve en Anjou où le peintre Barthélemy
d’Eyck reprend le travail en cours. Vers 1485,
le manuscrit se retrouve en Savoie où l’enlu-
mineur Jean Colombe achève les miniatures.
C’est en Italie que le Duc d’Aumale le décou-
vrit dans un couvent de jeunes filles et
l’acheta au Baron Margherita. Le Duc
d’Aumale dévoilait ce joyau avec parcimonie,
mais cette année la présentation au public
est réalisée dans une véritable scénographie
qui donne tout son intérêt au manuscrit en
lui consacrant la chapelle entière ; ce qui
répond à la très grande demande du public,
qui ces dernières années ne pouvait voir que
des fac-similé.
D’autre part, le musée du
Louvre organise une grande exposition, inti-
tulée «Paris 1400», consacrée aux arts sous
le règne de Charles VI. Les organisateurs ont
réuni presque tout ce qui subsiste de cette
période, cependant, une pièce majeure leur
manque : les Très Riches Heures, puisque le
testament du Duc d’Aumale interdit de
prêter les œuvres de sa collection à des expo-
sitions extérieures.
Les Très Riches Heures comportent 206
feuillets, 66 grandes miniatures pleine page
et 65 plus petites.
Rappelons que l’artiste a le
pouvoir d’accéder à des
domaines inaccessibles à
tout autre que lui ; grâce
à son art, il nous
permet de goûter ainsi
à des délectations inac-
cessibles autrement.
Il nous faut donc aller
au-delà de l’anecdote,
du sujet représenté,
qui n’est pour l’artiste
qu’un
point
de
départ, pour savourer
lignes, couleurs,
valeurs, toute la mise
en page de chacune
des miniatures.
Après la visite des
Très Riches Heures,
les
membres
de
l’Académie se sont retrouvés dans la salle
informatique où chacun eut le plaisir de
regarder les fac-similés numériques, ce qui
permet de voir les détails et d’admirer la très
grande liberté des artistes. Ceux-ci ne se
contentent pas de se conformer à un schéma
général, mais introduisent ça et là des modi-
fications dans la présentation des miniatures.
On trouve une très grande modernité dans
ce manuscrit du XV
e
siècle : ainsi, certains
fonds géométriques évoquent déjà Vasarely.
Christian Langlois
,
Membre de la
Section d’architecture, membre du
Collège des conservateurs du
Château de Chantilly
Exposition présentée
au Château de Chantilly
jusqu’au 2 août 2004.
En haut :
Les Très Riches Heures du duc de
Berry, f. 1v : le mois de janvier.
Les Très riches Heures
du Duc de Berry
,
exposition d’enluminures,
au Château de Chantilly
Visites d’expositions
Prix de Chant Choral
Liliane Bettencourt
1,2,3,4,5,6,7,8 10,11
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