Ete_2012 - page 2-3

sommaire
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page 2
Éditorial
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page 3
Réception sous la Coupole : 
Jean-Jacques Annaud
*
pages 4 à 25
Dossier : 
« L'audiovisuel,
un champ de création »
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page 26
Actualités : 
Décorations
Élection
Parution 
Inauguration
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pages 26, 27
Exposition : 
« Henri Rouart,
l'œuvre peinte »
au Musée Marmottan Monet
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pages 28, 29
Hommages : 
Georges Mathieu
Jacques Taddei
Brigitte Engerer
*
pages 30, 31
Communications : 
« L’arrivée des sculptures
ethnographiques en Occident »
Par Hélène Leloup
« Du cri d’Artaud
à la naissance de
l’abstraction lyrique »
Par Patrice Trigano
*
page 32
Calendrier
des académiciens
Lettre
de
l’
Académie
des
Beaux-Arts
i n s t i t u t d e F r a n c e
Lettre de l’Académie des beaux-arts •
Directeur de la publication
 : Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
 : délégué Paul-Louis Mignon ;
membres : Yves Millecamps, Claude Abeille, Yves Boiret, Aymeric Zublena, Louis-René Berge, François-Bernard Michel, Michaël Levinas, Lucien Clergue
Conception générale, rédaction et coordination
 : Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
 : Claude-Matthieu Pezon •
Impression
  : Belzica Imprimerie
Frazier • ISSN 1265-3810 •
Académie des Beaux-Arts 23, quai de Conti 75006 Paris
http : //www.academie-des-beaux-arts.fr
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mythologique,
Sa Majesté Minor
(avec José Garcia et Vincent
Cassel) est réalisé en 2007 ; Jean-Jacques Annaud revient en
2011 à l’épopée romanesque avec
Or Noir,
fresque sur fond
de découverte du pétrole en Arabie avec Tahar Rahim et
Antonio Banderas.
Grand Prix National du Cinéma, Grand Prix du Cinéma
de l’Académie française, Jean-Jacques Annaud a reçu cinq
Césars : Meilleur film
(La Guerre du feu
), Meilleur film
étranger
(Le Nom de la Rose
), Meilleur réalisateur (
La Guerre
du feu, L'Ours
), Meilleur film publicitaire (
Hertz
).
u
Mais qui est donc ce type ? » À ce stade, nous
disposons de quelques réponses. Jean-Jacques
Annaud est un globe-trotter, à l’étroit en France, à l’aise
au large. Un cinéaste qui a tâté de presque tous les genres
mais ne s’est emprisonné dans aucun. Son ambition
première ? Échapper au formatage, aux scénarios
prévisibles, aux héros sympathiques et inoxydables, à
tout ce qu’il appelle l’hygiène globalisée du spectacle. Son
aspiration essentielle ? Passer les bornes. Son œuvre est
multiforme, mais on y trouve quelques thèmes récurrents.
Pêle-mêle, immersion dans les autres cultures, intérêt pour
la communication, qu’elle passe par le langage ou par le
geste, réflexion sur l’inné et l’acquis, sur la fraternité à tous
les sens du terme. Il est fasciné par l’Histoire avec un grand
« H », mais il excelle à la raconter via de petites histoires et
des drames intimes. Une idée-force court dans cet ensemble
si varié : plaider pour la tolérance. Cet homme est un
idéaliste. C’est aussi un de ces artistes qui se forgent des
univers. « En tout homme, » prétendait Nietzsche, « il y a
un enfant qui veut jouer ».
Extrait du discours prononcé par
Roman Polanski
La naissance du cinéma au seuil du
XX
e
siècle et ses métamorphoses - noir
et blanc, muet, sonore, parlant,
couleur…-, le lancement, après la
Première Guerre mondiale, d’une radiodiffusion d’État, commençant
à diffuser information et fiction, dans son premier studio aménagé
au sommet de la Tour Eiffel, jouant de la seule parole, du son, de la
musique sur l’imagination de l’auditeur, l’éclosion enfin de la télévision
et le foisonnement de ses images, au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale, auront dominé la société contemporaine et révolutionné en
vérité la nature et le rythme de sa vie quotidienne, intime.
L’Académie des Beaux-Arts l’a reconnu en instituant sa septième section
« Créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel ». Déjà, la
Lettre
de l’Académie
s’est penchée sur l’évolution et les problèmes du cinéma.
La présence, au sein de notre compagnie, de Patrick de Carolis, fort de
l’expérience et la maîtrise qu’il a acquises à la télévision, nous a incités
à consacrer un dossier à l’audiovisuel.
Qu’entendre dans ce domaine par les termes « création » et « art » ?
Comment se manifestent-ils ? Dans le fond et dans la forme. Le regard
et la technique inventive du réalisateur en sont les premiers agents. Une
des missions de la télévision est de servir la connaissance des œuvres
du patrimoine. On en trouvera ici l’exemple des œuvres dramatiques,
réalisées à partir des pièces de Molière et des contes de Maupassant
avec le désir d’être fidèle à leur esprit. Mais de la construction scénique
mise en œuvre par Molière ou de l’écriture de Maupassant pour cerner
les réalités de ses personnages, à la forme de l’interprétation que peut
commander la transposition à l’écran, intervient le processus de la
création audiovisuelle.
Ce dossier ne propose pas un programme, il confronte des témoignages
de praticiens, il pose des questions et souhaite susciter la réflexion.
E
ditorial
Jean-Jacques Annaud, élu dans la section des
Créations artistiques dans le cinéma et l’audiovi-
suel le 21 novembre 2007 au fauteuil précédemment
occupé par Gérard Oury (1919-2006), était reçu par son
confrère Roman Polanski, le 28 mars dernier, sous la
Coupole de l’Institut de France.
R
éception
sous la
C
oupole
N
é en 1943, Jean-Jacques Annaud se passionne très
jeune pour la photographie et le cinéma. Après
des études à l’école Louis Lumière et à l'IDHEC
(aujourd'hui la FEMIS), puis des études de lettres à la
Sorbonne, il débute à vingt ans dans l’univers du film publi-
citaire et se consacre à cette spécialité pendant dix ans.
En 1976 Jean-Jacques Annaud réalise son premier long-
métrage :
La Victoire en chantant
, un pamphlet anticolo-
nialiste couronné par l’Oscar du Meilleur Film étranger
sous le nom
Black and White in Color
. En 1978, il dirige
Patrick Dewaere dans
Coup de tête
, une satire du milieu
du football ; trois ans plus tard, une épopée située à l’aube
de l'humanité,
La Guerre du feu
, consacre Jean-Jacques
Annaud au niveau international
et pose la première pierre
d'un cinéma où s'entrecroiseront les différentes passions
du
cinéaste, l’archéologie, la nature, les livres, les cultures
« primitives » et extra-européennes.
En 1988, il dirige Sean Connery à travers le labyrinthe
du monastère-bibliothèque du
Nom de la rose
, d'après le
roman d'Umberto Eco. Le film rencontre un immense
succès international. Trois ans plus tard,
L'Ours
, adoptant
le point de vue de l'animal dans un hymne à la nature et à la
vie connaît également un très grand succès.
Après son adaptation du roman autobiographique de
Marguerite Duras
L'Amant
en 1992, Jean-Jacques Annaud
réalise en 1996 le premier moyen-métrage utilisant le
procédé en relief IMAX 3D :
Les Ailes du courage
qui
raconte l'aventure du pilote Henri Guillaumet tombé dans
la Cordillère des Andes.
À l’occasion du tournage de
Sept ans au Tibet
en 1996
(avec Brad Pitt), Jean-Jacques Annaud approfondit sa
fascination pour l’Extrême Orient ; il réunit ensuite Jude
Law et Ed Harris dans
Stalingrad
en 2001. En 2004, dans les
ruines des temples d'Angkor, il retrouve de nouveau l’Asie
et le point de vue des animaux pour évoquer dans
Deux
Frères
le destin de deux tigres jumeaux. Film baroque et
Jean-Jacques Annaud
En haut : Jean-Jacques Annaud, accompagné de Roman Polanski
et du Secrétaire perpétuel Arnaud d'Hauterives, lors de sa réception,
le 28 mars dernier.
Photos Juliette Agnel
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