Hiver 2007 - page 11

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L
’Académie des Beaux-Arts était représentée par
Philippe Roberts-Jones, membre associé étranger,
Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie
Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, et
membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature
françaises à Bruxelles. Son discours était intitulé : “Les liai-
sons difficiles”. En voici un extrait.
Le thème intitulé “Identités nationales et
universalité de l’esprit” pourrait être un chemin à
poursuivre en art, mais les rapports entre les deux termes
de la proposition sont instables et les liaisons ne sont pas
toujours simples à établir.
Qu’est-ce que la création ? C’est l’urgence de la réponse,
dans un langage pictural, musical ou écrit, à une émotion
ou à un questionnement intime et obsédant. Gardons cette
relation aussi générale et vague que possible. Au départ, il
y a donc une étincelle, le “vers donné” selon Paul Valéry, le
“démarreur” pour être prosaïque. Le trajet s’appuie sur un
itinéraire plus ou moins connu, menant d’un point à
l’autre, et accompli de manière harmonieuse ou économe,
lente ou rapide, selon 1’humeur du moment. Les
conséquences ne présenteront guère d’innovation formelle
puisque l’itinéraire est tracé d’avance.
L’enracinement de l’art offrait, par le passé, la spécificité
des écoles locales et nationales - italienne, française,
flamande, anglaise, parmi d’autres - et se caractérisait par
une expression ou un rendu typiques. Les sujets, quant à
eux, étaient identifiés : figures, portraits, paysages, natures
mortes ; ils pouvaient même être identiques lorsqu’ils
évoquaient des scènes religieuses dans les limites du monde
dit civilisé d’alors.[…]
Le monde est aujourd’hui assailli par un grand nombre
d’apports qui s’accumulent par globalisation ou se
diversifient par régionalisme. Ces éléments proviennent de
lieux distincts, d’autres civilisations, des arts premiers aux
pierres de rêve. L’attention est donc requise pour éviter
tout jugement hâtif, tout réflexe hostile.
Dans ce monde pressé, haletant, l’art ne serait-il pas doué de
lenteur ? Les racines ne sont plus à arracher, elles peuvent
induire de nouveaux surgeons, elles ont fusionné en de plus
grands ensembles, les croisements peuvent être porteurs.
L’adversaire premier de l’art est la valeur vénale, qui n’est
qu’un mobile, une fuite en avant, jamais une fin en soi.
L’individualisme de notre temps permettra-t-il de concevoir
une réelle universalité de l’esprit ? La question se pose
devant la confusion qui est celle des arts, comme elle est
aussi celle du monde, comme elle le fut sans doute toujours.”
Jacques Taddei à la
direction du Musée
Marmottan Monet
A
u cours de sa séance
plénière du mercredi 21
novembre dernier, l’Académie
des Beaux-Arts a élu Jacques
Taddei Directeur du Musée
Marmottan Monet.
Membre de l’Académie des
Beaux-Arts depuis 2001,
Jacques Taddei succède à ce
poste au graveur Jean-Marie
Granier, membre de l’Académie
des Beaux-Arts décédé le
4 août 2007.
Photo DR
Distinctions
Claude Abeille
, membre de la section de Sculpture, a été
promu Commandeur dans l'Ordre des Palmes académiques.
Edith Canat de Chizy
, membre de la section de
Musique, a été nommée Chevalier de la Légion d’Honneur.
Lucien Clergue
, membre de la section de Photographie,
a été nommé Commandeur des Arts et Lettres.
Arnaud d’Hauterives
, secrétaire perpétuel de
l’Académie, a été décoré de l’Ordre de l’Amitié par le
président russe Vladimir Poutine.
Gérard Lanvin
, membre de la section de Sculpture,
a été promu Officier des Palmes académiques.
Pierre Schœndœrffer
a reçu le Prix Henri Langlois
2008 pour l'ensemble de son œuvre et, en particulier, pour
la qualité exceptionnelle de l'adaptation de son œuvre
littéraire au cinéma, lors de la 3
e
cérémonie qui s'est
déroulée lundi 28 janvier.
Pierre-Yves Trémois
, membre de la section de Gravure,
a été promu Officier de la Légion d’Honneur.
Les Académiciens
sur internet
Depuis le 30 janvier, un “blog” diffuse sur internet de
larges extraits des échanges ayant lieu entre les
Académiciens à l’occasion des réunions de la “Commission
des Travaux et Débats”. Il est possible d’y retrouver, dans
leur enthousiasme et leur spontanéité, les regards croisés
des artistes Académiciens et de participer à la discussion
en cours autour de la notion de “Forme”.
Au cours de sa séance plénière du 21 novembre,
l’Académie des Beaux-Arts a procédé à
l’élection d’un nouveau membre dans la section
Créations artistiques dans le cinéma et
l’audiovisuel.
Photo DR
Jean-Jacques Annaud
a été élu dans la section
Créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel au
fauteuil précédemment occupé par Gérard Oury.
Né en 1943, diplômé de l’Ecole de Vaugirard et de
l’Idhec, Jean-Jacques Annaud dit avoir appris à manier
le rire et la comédie en réalisant des films
publicitaires. Après avoir travaillé de 1968 à 1974 dans
ce milieu, il décide de se consacrer à sa passion : le
cinéma. Un voyage en Afrique lui inspire son premier
film,
La victoire en chantant
, comédie cinglante sur le
colonialisme qui obtient l’Oscar du meilleur film
étranger en 1977. L’année suivante, le cinéaste explore
l’univers du football et de ses supporters avec
Coup de
tête
. Suit une longue et fertile collaboration avec le
scénariste Gérard Brach. Le tandem produira une
série de films marquants tels
La guerre du feu
(1981),
César du Meilleur film et du Meilleur réalisateur, puis,
en 1986, l’adaptation du best-seller d’Umberto Eco
Le nom de la rose
avec Sean Connery, ambitieuse
coproduction internationale couronnée par le César
du Meilleur film étranger. Suivront
L’ours
en 1988 et
l’adaptation de
L’amant
de Marguerite Duras en 1992.
En 1996,
Les ailes du courage
, consacré à la vie du
pilote Henri Guillaumet et, en 1997,
Sept ans au Tibet
,
évocation de l’alpiniste autrichien Heinrich Harrer,
signent un retour à l’univers épique. Jean-Jacques
Annaud dirige ensuite Jude Law dans
Stalingrad
(2001).
Sa Majesté Minor
, son dernier film en date,
actuellement dans les salles, marque le retour du
cinéaste au registre de la comédie.
Séance solennelle
des cinq Académies
La Séance solennelle de rentrée des cinq Académies a eu lieu le mardi 23 octobre 2007 sous la Coupole de
l’Institut de France. Elle était présidée par Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de
l’Académie française, et avait pour thème “Identités nationales et universalité de l’esprit”.
A
ctualités
É
lection
Jean-Jacques Annaud
En haut : sous la Coupole de l’Institut.
Photo Brigitte Eymann
Ci-contre : Philippe Roberts-Jones, membre associé étranger de
l’Académie des Beaux-Arts.
Photo Brigitte Eymann
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