Hiver 2007 - page 2

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2
Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T
D E F R A N C E
Au passage hivernal de 2007 à 2008, la
Lettre de l’Académie des Beaux-Arts
est
portée à se réjouir de l’activité intense
qui a marqué les derniers mois d’au-
tomne. Séances solennelles, élections, installations, communications…
Après Régis Wargnier, Jean-Jacques Annaud a rejoint ses confrères de
la section des créations artistiques dans le Cinéma et l’audiovisuel. A la
direction du Musée Marmottan Monet, Jacques Taddei succède au
regretté Jean-Marie Granier. La seule lecture du palmarès annuel,
rapprochant, par ses hautes distinctions, les disciplines qui établissent
l’Académie elle-même, en dégage les grandes lignes.
Mais l’installation sous la Coupole de Lucien Clergue, premier à
représenter la section de la Photographie, longtemps souhaitée, enfin
instituée, souligne assez le souci des académiciens d’embrasser les
apports originaux de l’expression artistique favorisée par l’invention
technologique, comme ils l’avaient fait pour le cinéma et l’audiovisuel,
autant de signes d’une volonté de mouvement. La création du “Grand
Prix de Photographie” à l’initiative de Marc Ladreit de Lacharrière
manifeste la cohérence des actions engagées : l’une appelant l’autre.
Novation encore : lors de la rentrée publique de l’Institut, où chaque
Académie a été invitée à traiter du thème : “Identité nationale et
universalité de l’esprit”, la parole a été donnée, pour l’Académie des
Beaux-Arts, à un membre associé étranger, notre confrère belge
Philippe Roberts-Jones.
Bibliothèques et Archives, quel devenir aujourd’hui ? Ce dossier, que
proposent Yves Boiret et ses confrères, affirme clairement l’impor-
tance récurrente des problèmes soulevés par la question de la conser-
vation et du stockage des archives et des ouvrages, à travers les décen-
nies avec le retour d’une menace, la saturation. L’enrichissement
exceptionnel du patrimoine commun à nos grandes bibliothèques
exige des solutions de tous ordres, et qui ne pourraient être négligées
sans mettre en danger ce patrimoine.
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication :
Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
: délégué Paul-Louis Mignon ;
membres : Louis-René Berge, Yves Boiret, Edith Canat de Chizy, Gérard Lanvin, François-Bernard Michel, Lucien Clergue •
Conception
générale, rédaction et coordination
: Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
:
Impression :
Imprimerie Delcambre
ISSN 1265-3810 •
Académie des Beaux-Arts
23, quai de Conti 75006 Paris •
ht t p : / /www. academi e - de s - beaux - ar t s . f r
sommaire
page 2
Editorial
page 3
Réception sous la Coupole :
Lucien Clergue
pages 4 et 5
Actualités : Séance publique annuelle
de l’Académie des Beaux-Arts
pages 6 à 19
Dossier : “Archives et bibliothèques,
quel devenir aujourd’hui ?”
pages 20 et 21
Actualités :
Séance solennelle des cinq Académies
Jacques Taddei à la direction du
Musée Marmottan Monet
Décorations
Les Académiciens sur internet
Election : Jean-Jacques Annaud
pages 22 et 23
Hommages : Le Mime Marceau
André Bettencourt
pages 24 à 28
Prix & Concours :
Prix de Photographie
Grand Prix d’Orgue
Jean-Louis Florentz
Prix Jean Lurçat
Prix Pierre Cardin
Prix de Chant Choral
Liliane Bettencourt
Prix de la Fondation Simone et
Cino del Duca
Prix de dessin Pierre David-Weill
Prix Cercle Montherlant
Prix d’ouvrages 2007
pages 29 à 32
Communications :
“Ma saga de Corps Mémorable :
Paul Eluard, Valentine Hugo,
Jean Cocteau, Pierre Seghers”
par Lucien Clergue
“Le burin italien”
par Claude-Jean Darmon
“La Libye grecque, romaine et
byzantine” par André Laronde
page 32
Calendrier des académiciens
Editorial
E
lu dans la section de photographie le 31 mai 2006 au siège créé par
décret du 10 mai 2005, Lucien Clergue est né le 14 août 1934 à
Arles. Il est le premier photographe élu à l’Académie des Beaux-
Arts, discipline qui n’était pas représentée jusqu’alors.
En 1953, il publie se premiers clichés dans le quotidien
Le Provençal
,
rapidement suivis de séries de photographies comme
Les Saltimbanques
(1954). Il rend visite à Picasso, et fait la connaissance de personnages aussi
différents que Manitas de Plata, Jean Cocteau et Max Ernst. Il se découvre
un grand intérêt pour les nus, qui deviennent son sujet de prédilection avec
la corrida et les paysages. En l’espace de quelques années, il publie un
premier livre
Corps mémorables
, expose ses travaux à Zurich et à Cologne,
et participe au film
Le testament d’Orphée
de Jean Cocteau. Ces expé-
riences passionnantes l’amènent à quitter son travail en 1959 pour devenir
photographe indépendant. Dès lors, les expositions se succèdent.
En 1961, il expose au Museum of Modern Art de New York, l’année
suivante au Musée des Arts Décoratifs, au Pavillon de Marsan du Musée du
Louvre. Suivront des expositions personnelles et collectives en France et à
l’étranger, notamment aux Etats-Unis et au Japon. Lucien Clergue fonde à
Arles en 1969, avec Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette, les
Rencontres internationales de la photographie, qui engendreront en 1983
l’Ecole Nationale Supérieure de photographie dans la même ville, où il
enseignera à temps partiel ; il a également initié la collection de photogra-
phies du Musée Reattu d’Arles dès 1962, désormais forte de 4500 œuvres.
De récentes rétrospectives ont eu lieu à Los Angeles, Séoul, Freiburg,
Tokyo, New York et Munich. La ville d’Arles a organisé une rétrospective
couvrant les 54 années du travail de Lucien Clergue à l’espace Van Gogh
en 2007.
Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre national du
Mérite et Commandeur des Arts et Lettres, Lucien Clergue est membre de
l’Académie d’Arles et vice-président du Conseil d’Administration des
Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles.
En haut : Lucien Clergue, à droite, et son confrère Guy de Rougemont.
Photo Brigitte Eymann
Extrait du discours de
réception prononcé par
Guy de Rougemont, membre
de la section de Peinture :
Pour aborder une œuvre
comme la vôtre, il faut la
considérer dans son épaisseur,
sa profondeur, selon les strates d’une
sédimentation, comme une matière
compacte, dont les couches successives
sont en relation les unes avec les
autres et qui, par osmose, nourrissent
les couches à venir. C’est-à-dire qu’il
convient de prendre en compte
l’ensemble, pas forcément homogène
de l’œuvre ainsi que la multiplicité des
liens parfois contradictoires qui la
rattachent à une réalité. Au contraire
de cela, trop souvent on l’épure, on la
sectionne, on la réduit à ce qui permet
de la mettre en perspective d’une
Histoire de l’Art, comme un maillon
que l’on enchaîne.”
Extrait du discours de
Lucien Clergue :
Photo - graphie : écriture avec
la lumière. Ainsi la chose est
entendue : c’est l’art le plus vieux du
monde, puisque le big-bang de la
création de l’univers fut le premier
flash du Dieu créateur.
Reportons-nous donc 168 ans en
arrière, lorsque François Arago,
membre de l’Académie des Sciences,
annonce la naissance de
“La Photographie”.
[...] Revenons aux circonstances de
cette séance historique de l’Académie :
Arago écrit au Président du Conseil
des Ministres et le presse de révéler au
monde les principes de l’invention de
Niepce et Daguerre afin que des
citoyens de nations étrangères n’en
puissent tirer profit avant nous.
En effet, un certain Fox Talbot,
en Angleterre, s’apprête à déposer des
brevets concernant les tirages sur
papier. Le Président du Conseil
s’adresse alors à l’Assemblée nationale
en ces termes : “La France ne veut pas
laisser aux nations étrangères la gloire
de doter le monde d’une des plus
merveilleuses découvertes dont
s’honore notre pays”.”
Lucien Clergue
Le mercredi 10 octobre 2007, sous la Coupole de l’Institut de
France, le photographe Lucien Clergue a été reçu à
l’Académie des Beaux-Arts par son confrère de la section de
Peinture Guy de Rougemont.
R
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