Hiver 2009 - page 8-9

A
ctualités
L
aCasa de Velazquez fête aujourd’hui ses quatre-vingts
ans. Elle a l'impérieux besoin de se faire connaître et
reconnaître, au-delà du cercle de ses anciens mem-
bres et de ses amis de toujours. C'est pourquoi, à la faveur
des très importants travaux de mise en conformité et de
modernisation de son bâtiment principal, qui vont entraver
son fonctionnement à compter de l'automne prochain, elle
va résolument développer toutes ses activités hors les murs,
à Madrid, en Espagne, en France et ailleurs, avec le parte-
nariat du Conseil Général de Loire-Atlantique, qui accueille
depuis plusieurs années, à la Villa Lemot, une ample exposi-
tion des artistes sortants, et l’appui de l’Académie des Beaux-
Arts qui lui apporte son précieux soutien, au fil des ans, des
générations et des promotions, depuis sa fondation. C'est
dans le cadre de collaborations institutionnelles aussi étroites
et fécondes que les pensionnaires peuvent trouver un prolon-
gement visible et durable à leurs travaux.
Jean-Pierre Etienvre
,
Directeur de la Casa de Velazquez
Il est étonnant de constater combien la seule évocation
de l'Espagne fait surgir dans l'inconscient ou dans la mémoire
certaines visions mêlées de gloire et de sévérité, d'exubérance
et de ferveur. En Espagne, la joie et la tristesse paraissent
plus intenses, les émotions plus définitives, c'est un pays où la
lumière aveugle et la chaleur fait suffoquer, où l'amour et la
beauté font souvent mourir.
Je me souviendrai toujours de l'éblouissement, de la symphonie
de sensations que fut pour moi la découverte de ce pays et
le tournant que ce séjour de deux ans représenta dans mon
itinéraire d'artiste, à l'image de celui de mes compagnons
d'alors, Jean Cardot ou Guy de Rougemont. Du sentiment
d'étonnement que je ressentis également face au mystère
émanant de ce pays et de ses habitants, de cette cœxistence de
traditions immémoriales et d'énergie vitale qui saisit le visiteur
dès son arrivée.
C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis toujours intéressé
par la manière dont les pensionnaires d'aujourd'hui utilisent
cette parenthèse de temps et d'espace privilégiée, s'approprient
l'esprit des lieux, en partant dans une quête éperdue d'images
et de sensations, ou bien en approfondissant certains
questionnements intérieurs grâce aux conditions matérielles
exceptionnelles que leur apporte leur séjour.
Dans les moments de crise et de doute, l'existence de tels
endroits apparaît à la fois plus luxueuse et plus que jamais
nécessaire, en nous rappelant que l'art est l'une des rares
activités permettant à l'homme de se recentrer sur sa nécessité
intérieure. Aussi notre Académie est-elle particulièrement fière
de contribuer à la gestion de cet établissement unique qu'est la
Casa de Velazquez et d'accompagner le cheminement artistique
de ses pensionnaires. »
Arnaud d’Hauterives
, Secrétaire perpétuel de
l’Académie des Beaux-Arts
Exposition des pensionnaires
de la Casa de Velazquez
Cette année encore, grâce à la générosité de
Pierre Cardin, l’Académie des Beaux-Arts a
accueilli à l'Espace Cardin, dans le Marais,
l’exposition des jeunes artistes pensionnai-
res de la Casa de Velazquez dont le séjour va
s'achever l'été prochain. C’est l’occasion de
découvrir de nouveaux talents qui s’épanouis-
sent grâce à ce séjour dans l’environnement
privilégié que leur offre la Casa.
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En haut : Laurent Millet,
Les derniers
jours d'Emmanuel Kant. La nuée
,
2007, tirage argentique.
Ci-dessus : Claire de Santa Coloma,
La Reconquista #1
, 2008, Peral.
Ci-dessus : Pauline Horovitz
, Tentatives d'inventaire de tous
les aliments remarquables ingurgités depuis ma naissance
(Catalogue de traumatismes alimentaires et ode à la junk-food)
,
2009, court-métrage sur DCVPro et Super 8, 3'50.
Iris Fossier,
Rome, Via Imperiali
, 2008,
encre et gouache sur papier marouflé sur toile.
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