Hiver_2004 - page 4

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Nouvellement élus
Depuis quelques mois, de nouveaux membres ont rejoint notre Compagnie, et ont été reçus
sous la Coupole. Nous leur avons demandé de répondre aux désormais traditionnelles questions
qui ont été posées à chacun des académiciens.
Pourquoi êtes-vous entré à l’Académie des Beaux-Arts ?
Zao Wou-Ki
: Parce que j’ai une haute estime de cette insti-
tution et de ses membres.
Francis Girod
: Parce que des amis, artistes de grand talent,
qui en étaient membres,
me l’ont suggéré. J’ai pensé que ce serait
un grand honneur qui, bien sûr, impliquerait des devoirs.
François-Bernard Mâche
: L’amicale sollicitation de certains
confrères, le désir d’approcher d’autres artistes et personnalités
éminentes, et surtout l’admiration et l’amitié que j’avais pour
Iannis Xenakis, auquel j’étais appelé à succéder,
m’ont incité à
présenter ma candidature.
Que représente l’Académie des Beaux-Arts aujourd’hui,
quelle position occupe-t-elle dans le monde artistique
et culturel ?
Z.W-K. : L’Académie des Beaux-Arts ne joue plus le rôle majeur
qui fut le sien au siècle dernier. Acteur, parmi d’autres, du monde
artistique et culturel, elle se distingue par sa fidélité à une tradi-
tion d’excellence et tend à officialiser les “nouveaux classiques”.
F.G. : L’Académie des Beaux-Arts est à la fois gardienne de
notre patrimoine artistique et “découvreuse” de nouveaux talents
dans toutes les disciplines qui relèvent de sa compétence.
F-B.M. : L’Académie des Beaux-Arts est, je crois, l’institution
artistique la plus ancienne qui soit consacrée à tous les arts dans
notre pays. En faire partie représente un honneur,
même si son
rôle est devenu plus symbolique que pratique. Ce droit d’aînesse
lui confère un prestige réel, et aussi certains devoirs.
Quelles sont vos attentes par rapport à l’Académie
des Beaux-Arts ?
Z.W-K. : Partager une certaine intelligence de la création.
F.G. : Je souhaite que l’Académie des Beaux-Arts soit, régulière-
ment, à l’initiative d’événements artistiques et culturels. Un premier
projet de programme pourrait être proposé l’année prochaine.
F-B.M. : L’Académie gère un important patrimoine, et
distribue le fruit de nombreux legs. Par cette action elle couronne
des carrières,
mais encourage aussi des vocations. Il est essen-
tiel que cet équilibre dynamique entre gestion et prospection
penche toujours un peu plus vers le second terme, condition de
son dynamisme.
Comment voyez-vous l’évolution de l’Académie
des Beaux-Arts ?
Z.W-K. :
Il faut attendre
l’époque abonde
l’époque met au monde
elle n’est pas encore signée
disait mon ami Henri
Michaux (
Lecture de huit lithographies
de Zao Wou-Ki
).
F.G. Je la vois profiter de la multiplicité des moyens de commu-
nication pour faire connaître ses travaux et sa réflexion.
F-B.M. :
On peut espérer que l’Académie retrouvera peu à
peu le rôle consultatif qu’elle est statutairement appelée à exercer
auprès des pouvoirs de décision en matière artistique, et que le
renouvellement de ses membres contribuera à estomper une
certaine image de conservatisme. Pour largement injustifiée
qu’elle soit devenue, celle-ci a laissé des marques très tenaces
dans l’opinion commune.
Pourquoi vous êtes-vous consacré à votre art ?
Z.W-K. : Peindre est un désir qui m’a toujours habité et ne
m’a jamais quitté.
F.G. C’est une passion qui m’habite depuis l’âge de douze ans.
Impossible pour moi d’y résister !
F-B.M. : Je suis devenu compositeur par une vocation précoce,
qu’a induite une longue tradition familiale, et qu’a favorisée l’ef-
fervescence artistique des années de l’après-guerre.
A
ctualités
Zao Wou-Ki
Membre de la section
de Peinture.
Francis Girod
Membre de la section des
Créations artistiques dans
le cinéma et l’audiovisuel.
François-Bernard Mâche
Membre de la section de
Composition musicale.
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