Hiver_2005 - page 2

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Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T
D E
F R A N C E
La
Lettre de l’Académie des Beaux-Arts
se
propose, de livraison en livraison, de consa-
crer un dossier à une actualité forte qui
intéresse la création artistique et peut
influer sur sa pratique.
Pour ce numéro, c’est l’Académie des Beaux-Arts elle-même qui est l’objet
du dossier. Son activité intense, sous la présidence de Jean Prodromidès,
au cours des derniers mois de 2005, éclaire le sens de l’institution, son
fonctionnement, la diversité de ses missions, de ses objectifs.
Le regard porté par un sculpteur, Jean Cardot, sur le thème du “courage”
choisi pour la séance des cinq académies, l’ample fresque sur le sourire
dans les arts plastiques, qui a permis au Secrétaire perpétuel, Arnaud
d’Hauterives, d’y inscrire, lors de la séance solennelle, l’apport de l’ex-
pression photographique, nouvelle venue à l’Académie, le développe-
ment enfin des communications, internes ou publiques, de spécialistes
invités dans les séances hebdomadaires, ont illustré la volonté d’ouvrir
et d’enrichir le débat commun.
La proclamation des prix au cours de la séance solennelle a souligné l’im-
portance de l’aide dont l’Académie, grâce à ses mécènes et ses fondations
(près d’un demi million d’euros), peut faire bénéficier les artistes.
Si elle a rendu un juste hommage à de grandes personnalités, le peintre
Eduardo Arroyo, le sculpteur Robert Couturier et le compositeur Pascal
Dusapin, réjouissons-nous des aides attribuées à la nouvelle génération
de peintres, d’architectes avec la tenue du Grand Prix d’Architecture,
de compositeurs. Sur les soixante-trois prix décernés, une quarantaine
les ont distingués.
L’Académie, ce sont d’abord les académiciens appelés à contribuer à
l’animation de la Compagnie. Deux installations, celle d’un associé
étranger, le mécène japonais Seiichiro Ujiie, et, saluons-la particuliè-
rement parce que compositeur, elle est la deuxième femme à entrer à
l’Académie, Edith Canat de Chizy, et l’élection de nouveaux membres,
le compositeur Charles Chaynes, le graveur Louis-René Berge et le
peintre Vladimir Velickovic, témoignent de la continuité de l’action. Le
mécanisme des élections a été parfois prétexte à rumeur sur les condi-
tions des votes. La longue histoire de l’Institut de France s’accompagne
de cette petite histoire. François-Bernard Mâche a fait, avec l’impassi-
bilité du greffier, l’inventaire des obstacles rencontrés par Hector Berlioz.
Les temps ont changé, croyons que les mésaventures de Berlioz auraient
peu de chances de se renouveler aujourd’hui !
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication :
Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
: délégué Paul-Louis
Mignon ;
membres : Yves Boiret, Francis Girod,
Gérard Lanvin, François-Bernard Mâche, François-Bernard Michel,
Guy de Rougemont
Conception générale, rédaction et coordination
:
Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
:
Impression :
Imprimerie Delcambre
ISSN 1265-3810 • Photos : pages 1, 24 :
Michel Jacquelin, page 3 : Brigitte Eymann, pages 4, 8, 9, 20, 21 : Juliette Agnel, page 5 : Képi Blanc, pages 6, 7 : Képi
Blanc, Arnaud Carpentier,
D.R., page 10, 11, 12, 13, 14, 19, 22 : droits réservés , page 15 :
Henri Cartier-Bresson, page 16 : Lucien Clergue, page 17 : Beltramo,
page 18 : G. Rouget, page 23 : Jérôme Faggiano •
Académie des Beaux-Arts
23, quai de Conti 75006 Paris •
sommaire
page 2
Editorial
page 3
Réception sous la Coupole :
Seiichiro Ujiie
page 4
Réception sous la Coupole :
Edith Canat de Chizy
pages 5 à 7
Actualités :
Séance des cinq Académies
Le buste en bronze de
Pierre Messmer par Jean Cardot
pages 8, 9
Actualités : Séance publique
annuelle de l’Académie des
Beaux-Arts
pages 10 à 14
Dossier : “Histoires d’élections”
page 15
Elections : Louis-René Berge,
Charles Chaynes,
Vladimir Velickovic
Exposition :
Henri Cartier-Bresson
Collection Sam, Lilette et
Sébastien Szafran à la
Fondation Gianadda
pages 16, 17
Actualités : “Une longue
attente” par Lucien Clergue
page 18
Communication :
“Chants initiatiques pour
le culte des vôdoun au Bénin”
Par Gilbert Rouget
page 19
Communication : “Peut-on
reconsidérer l’histoire de
l’art au XX
e
siècle ?”
Par Jean-Philippe Domecq
pages 20 à 23
Prix &Concours
page 24
Calendrier des académiciens
Editorial
E
lu le mercredi 2 juin
2004,
membre associé
étranger, au siège créé
par le décret du 8 juin 1998,
après avoir été pendant deux
années correspondant de
l’Académie, Seiichiro Ujiie est
né le 17 mai 1926 à Tokyo.
Après le
mécène Yosoji
Kobayashi et l’architecte
Kenzo Tange, aujourd’hui disparus, il rejoint ainsi sur les
bancs de notre Compagnie son confrère et compatriote, le
chef d’orchestre Seiji Ozawa élu en 2001.
En 1951, après avoir été diplômé de la Faculté des
sciences économiques de l’Université de Tokyo, Seiichiro
Ujiie débute fait ses débuts de journaliste au quotidien
Yomiuri Shimbun
. Il fait, au sein de ce grand journal qui
tire à plus de 14,5 millions d’exemplaires, une brillante
carrière jusqu’à en devenir Directeur général en 1980. Puis
en 1982, il rejoint la direction de la Nippon Television
Network Corporation (NTV) où il est nommé vice-prési-
dent. Il poursuit sa fulgurante ascension et, en 1992, il est
élu président de la chaîne de télévision, fonction qu’occu-
pait avant lui Yosoji Kobayashi.
En 2004, il devient directeur du Musée d’art contempo-
rain et de la Fondation de l’histoire et de la culture de la ville
de Tokyo.
Depuis juin 2005, il occupe le poste de
chairman
de la
Nippon Television Network Corporation. Outre ses fonctions
de chef d’entreprise, il fut le principal artisan de plusieurs
projets culturels entrepris par NTV. Seiichiro Ujiie prend le
relais des projets de mécénat lancés par Yosoji Kobayashi,
notamment dans la Chapelle Sixtine au Vatican pour la restau-
ration de la peinture murale de Michel-Ange et des Maîtres
de la Renaissance, ou encore l’exposition France-Japon.
Fidèle à la tradition de mécénat initiée par son prédé-
cesseur à qui l’on doit en outre la rénovation du Musée
Marmottan et de la salle des peintures de Monet, un des fleu-
rons de l’Académie des Beaux-Arts, Seiichiro Ujiie pour-
suit son engagement en faveur des échanges artistiques
franco-japonais. Ses actions de mécénat ne se limitent pas au
seul soutien apporté à l’Académie et à ses fondations, le
Musée Marmottan et la Villa Ephrussi de Rothschild dont il
assume en 2003 la restauration du jardin japonais. C’est la
Nippon Television qui a financé dans son intégralité le réamé-
nagement de la salle des Etats au Musée du Louvre.
Depuis
le printemps 2005, les visiteurs peuvent ainsi découvrir ou
redécouvrir la
Joconde
dans son nouvel écrin. En cours d’amé-
nagement également, les salles des Antiquités grecques où
l’on pourra contempler très bientôt la
Vénus de Milo
.
Aux côtés de ses grandes campagnes de mécénat, la Nippon
Television s’engage dans des actions humanitaires au profit
des réfugiés et des enfants de pays pauvres.
Seiichiro Ujiie est Chevalier dans l’ordre de la Légion
d’Honneur et Commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres.
Extraits du discours prononcé par Arnaud d’Hauterives
:
La Villa Ephrussi de Rothschild est l’une des plus
charmeuses des demeures de la Côte d’Azur...
mais c’est
aussi un musée des jardins. Les sept jardins qui enserrent
la villa évoquent les natures européennes et exotiques,
rappellent les caractères des jardins italiens et espagnols si
chers à la donatrice. [...]
Mais le véritable bijou de ces jardins, c’est à vous,
Monsieur, que nous le devons. Le jardin japonais a été
conçu et réalisé par le professeur Masa Fukuhara, de
l’Université des Beaux-Arts d’Osaka, et aménagé grâce au
mécénat de la Nippon Television. [...] Ce jardin contient les
éléments principaux du jardin
japonais,
chargé de plus de
mille ans d’histoire. Il porte un nom fort poétique :
“Cho-Seki Tei”, ce qui signifie “jardin où l’on écoute
tranquillement l’agréable bruit des vagues au crépuscule”.
Nous voilà tout à coup transportés dans le monde zen, au
cœur de l’univers spirituel japonais.
Les éléments qui composent ce jardin, comme le pavillon en
bois, la porte, le pont en bois, les lanternes et les vasques
ont été fabriqués au Japon et importés en France.
En utilisant au maximum l’espace et les éléments originaux,
le jardin se compose de trois parties : le jardin-étang tout
d’abord, le jardin sec ensuite, exprimant l’océan avec des
gravillons blancs ratissés et la montagne avec des roches
naturelles, un espace extraordinairement harmonieux avec
la Méditerranée, et enfin le jardin du thé, qui restitue
l’atmosphère d’un jardin à la montagne.
Lorsque nous nous promenons dans ce jardin, nous
pouvons percevoir la philosophie qu’il exprime, par la
disposition des pierres et des rochers, la représentation des
éléments naturels comme la montagne, la rivière et l’océan.
Il s’agit d’un jardin de contemplation et de méditation, qui
est le reflet de l’influence du bouddhisme Zen.”
R
éception
sous la
C
oupole
Seiichiro Ujiie
Le mercredi 12 octobre
2005, sous la Coupole
de l’Institut de France,
Seiichiro Ujiie était
reçu à l’Académie des
Beaux-Arts par le
Secrétaire perpétuel,
Arnaud d’Hauterives.
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