Hiver_2011 - page 22-23

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Prix de Dessin de
l’Académie des Beaux-Arts
Fondation
Pierre David-Weill
C
réé en 1971 par Pierre David-Weill, membre de
l'Académie de 1970 à 1975 dans la section des
Membres libres, ce concours est ouvert aux artistes
plasticiens de moins de 40 ans. Organisé par l'Académie
des Beaux-Arts, il est doté de trois prix.
1
er
Prix
décerné à
Thomas Dussaix, 2
e
prix
décerné à
Anne Leclerc, 3
e
Prix
décerné à
Adrien Vermont.
u
L
’Académie des Beaux-Arts a créé le Prix de
Photographie en 2007 à l’initiative de Marc Ladreit
de Lacharrière, membre de l’Académie. Ce prix
a pour vocation d’aider des photographes professionnels
à réaliser un projet significatif dont le sujet, le mode de
traitement et le support sont libres. D’un montant de 15
000 euros, il récompense un photographe confirmé, français
ou étranger, travaillant en France, sans limite d’âge, auteur
d’un projet photographique réalisé et exposé à l’Institut de
France dans l’année suivant son attribution.
Le
Prix de Photographie 2011
a été décerné à
Françoise Huguier
, pour son projet
Vertical/Horizontal,
Intérieur/Extérieur. Singapour - Kuala Lumpur - Bangkok.
« Middle classes » en Asie du Sud-Est à l’aube du XXI
e
siècle.
Après ses débuts comme photographe indépendante,
dès 1983, elle photographie pour
Libération
le monde du
cinéma, de la politique, de la culture et de la mode, aussi
bien en France qu’à l’étranger.
Grande voyageuse, elle entreprend, parallèlement à ces
réalisations, des travaux personnels sur l’Afrique, la Sibérie,
le Japon, la Russie et l’Inde. Lauréate à deux reprises, de
la Villa Médicis hors les murs, sa passion pour l’Afrique
la conduit à créer en 1994 la première Biennale de la
photographie africaine à Bamako, au Mali. Après une longue
incursion dans le domaine de la mode, elle décide, en 2001,
de partir à Saint-Pétersbourg afin de travailler sur les appar-
tements communautaires ; elle publie à son retour en 2008
un ouvrage ainsi qu’un film consacrés à ce sujet. En 2004,
elle retourne pour la première fois au Cambodge, cinquante
ans après l’avoir quitté ; l’ouvrage
J’avais huit ans
retrace
l’histoire de son enfance prisonnière des Viet Minh.
u
En haut, à gauche : Françoise Huguier, lauréate 2011, et Marc Ladreit de
Lacharrière lors de la remise de son prix.
Photo Julien Millet
Rencontre avec Françoise Huguier
Nadine Eghels : Comment êtes-vous venue
à la Photographie ?
F.H. : Je n’ai pas fait d’école de Photographie, j’ai commencé
par travailler dans des laboratoires, pendant deux ou trois
ans, je développais des films toute la semaine, et pendant le
week-end je faisais des photos en amateur. C’est devenu une
passion, et comme je voyageais beaucoup, en Asie essen-
tiellement, j’en profitais pour faire des reportages photogra-
phiques que je vendais à divers magazines. Finalement ces
reportages sont devenus la raison de mes voyages.
N.E. : C’est donc devenu votre métier ?
F.H. : J’ai travaillé pendant quinze ans en free-lance pour
Libération
. Je faisais de la mode, des reportages surtout dans
les domaines société et culture. J’ai réalisé mon premier
projet personnel avec le livre
Sur les traces de l’Afrique fantôme
,
pour lequel j’ai refait le parcours de Michel Leiris de Dakar
à Djibouti. Ce travail a été rendu possible parce que j’avais
obtenu une bourse de la Villa Médicis hors les murs, et le livre
a été publié par les éditions Maeght. J’ai ensuite passé six
mois en Sibérie polaire, et conçu mon deuxième livre, toujours
avec les éditions Maeght,
En route pour Behring – notes de
voyage en Sibérie.
Plus tard j’ai fait un autre livre en Afrique,
Secrètes,
série de portraits saisis dans les chambres des
femmes (Actes Sud), et puis un travail sur les appartements
communautaires à Saint-Pétersbourg pendant 10 ans
(
Kommunalki
, Actes Sud). Enfin, je suis retournée en Asie, à
Singapour, où je me suis attachée à photographier la classe
moyenne qui vit dans les HDB (logements sociaux). En fait ce
projet englobe trois villes du sud-est asiatique : Singapour,
Bangkok et Kuala Lumpur. Ces villes se caractérisent par
une grande modernité et en même temps la cœxistence de
plusieurs communautés aux racines culturelles très fortes.
Le grand Prix de Photographie de l’Académie des Beaux-Arts
est bienvenu car il va me permettre de poursuivre ce travail en
cours, qui me tient très à cœur, aussi je remercie Marc Ladreit
de Lacharrière et l’Académie des Beaux-Arts de l’avoir créé.
N.E.: Le métier de photographe de reportage a-t-il évolué ?
F.H. : En fait, la profession de photographe de société est de
plus en plus sinistrée, les grands magazines pour lesquels je
travaillais fréquemment (
Géo
) ne commandent pratiquement
plus ce type de documentaires. Grâce à ce Prix, je vais pouvoir
passer un mois à Bangkok, un mois à Kuala Lumpur, et
approfondir mon travail sur Singapour. Comme je travaille en
argentique, il faut acheter les pellicules, les faire développer,
ce qui est de plus en plus onéreux.
N.E. : Pourquoi choisissez-vous l’argentique ?
F.H. : J’affectionne le moyen format. Le numérique est plus
volatile, il faut régulièrement sauvegarder les clichés. Toutes
mes archives sont sur négatifs, pas immortelles mais pres-
que ! En outre l’argentique m’offre un meilleur rendu pour la
profondeur de champ, et un grain rond, plus velouté.
N.E. : Comment percevez-vous l’évolution de votre travail ?
F.H. : A présent mon travail évolue vers le banc titre. J’ai
envie de raconter des histoires en photos, par séquences, en
tournant autour des personnages, en segmentant le sujet
et l’environnement. Cette approche trouve son origine dans
le travail réalisé dans les appartements communautaires
de Saint-Pétersbourg, où déjà j’avais commencé à raconter
des histoires et à mettre en valeur des personnages comme
Natacha, mon égérie à Saint-Pétersbourg... Je tends vers le
roman-photo, injustement cantonné aux publications style
Nous deux
, c’est un genre que je voudrais faire revivre sous
une forme contemporaine.
Au cours du vernissage de l'exposition (25 octobre -
20 novembre 2011), a été proclamée en présence du
jury et de nombreuses personnalités du monde de
la photographie la lauréate du Prix 2011, Françoise
Huguier. Les projets des finalistes de l'édition
2011 étaient présentés parallèlement. Le Prix et
l’exposition de la lauréate s'inscrivaient pour la
première fois dans le cadre du Festival Photo - Saint-
Germain-des-Prés (4-30 novembre 2011).
Dans la continuité de ses réalisations sur
les différents âges de la vie - l’enfance,
l’adolescence et la vieillesse, Marion Poussier proposait
dans cette exposition une exploration des liens, aussi
impalpables que structurants, unissant les générations
réunies sous un même toit. Choisissant de limiter son
champ d’action à l’espace défini par la maison, elle nous
invitait à une observation subtile de la famille,
ce premier lieu de socialisation de l'individu. »
« famille »
Exposition de Marion Poussier
Lauréate du Prix 2010
C
e prix de sculpture figurative récompense un
artiste européen de moins de 30 ans. Il est attribué
annuellement sur proposition de la section de
Sculpture de l’Académie des Beaux-Arts.
Décerné à
Maylis Wilhelm-Jauréguiberry.
u
Prix Georges Coulon
En haut : œuvres d'Anne Leclerc, second prix et Thomas Dussaix,
premier Prix de Dessin de l’Académie des Beaux-Arts -
Fondation Pierre David-Weill 2011.
Ci-dessus : le travail de Maylis Wilhelm-Jauréguiberry,
lauréate du Prix Georges Coulon 2011.
En haut, à droite : vue extraite de la série « famille »
de Marion Poussier, lauréate 2010.
Ci-dessus, à gauche : Daniel Barroy, Chef de la Mission de la
photographie au Ministère de la Culture et de la Communication
et Jean-Noël Jeanneney, Président des Rencontres photographiques
d’Arles, lors du vernissage du 26 octobre dernier.
Photo Julien Millet
Ci-dessus, à droite : Marion Poussier, à gauche, et Françoise Hugier,
au centre, avec les finalistes de l’édition 2011 : William Daniels,
Jérômine Derigny, Hélène Jayet.
Photo Julien Millet
Prix de Photographie
de l'Académie
des Beaux-Arts
Marc Ladreit de Lacharrière
P
rix & concours
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