Hiver_2011 - page 6-7

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L
e 25 octobre 1795, en créant l’Institut de France, la
jeune République lui confie comme mission que « ce
que tous les hommes savent y soit enseigné dans sa
plus haute perfection » (Constitution de l’An III). Depuis,
tous les ans, la « Séance solennelle de rentrée des cinq acadé-
mies » est l’occasion pour l’Institut de France de réaffirmer
les valeurs qui sont les siennes et le rôle qui lui est imparti
dans le perfectionnement et la diffusion des savoirs.
Sous la Coupole, à la date anniversaire de la création de
l'Institut de France, les cinq Académies se réunissent autour
d’un thème choisi collégialement.
Cette année, la séance était présidée par Jean Baechler,
Président de l’Institut de France, Président de l’Académie
des Sciences morales et politiques, et le thème retenu était :
« Le virtuel et l’actuel ».
Un représentant de chacune des académies a prononcé un
discours élaboré pour l’occasion : « La finance ne serait-elle
qu'un monde virtuel ? » par Michel Pébereau, délégué de
l’Académie des Sciences morales et politiques ; « Le virtuel
en physique » par Serge Haroche délégué de l’Académie
des Sciences ; « Le virtuel, futur du passé » par Michel Zink,
délégué de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres ;
« Le virtuel et le possible » par Jean-Luc Marion, délégué de
l’Académie française ; et enfin « Architecture virtuelle » par
Aymeric Zublena
, délégué de l’Académie des Beaux-Arts,
dont voici un extrait :
Par métier, j’invente des formes et j’organise des
volumes où pesanteur et inertie dictent leur loi.
J’utilise ces outils de l’immatériel qui donnent accès à
l’espace virtuel, ces logiciels qui libèrent ou semblent
libérer l’architecte de la rude contrainte, d’affronter, de
composer, de vaincre l’inertie. Dans la pesante réalité
des masses qu’il met en œuvre, l’architecte invente des
équilibres d’où naissent des volumes et des espaces
improbables. Cet aboutissement s’est toujours fait au
prix d’une lente démarche, au gré d’une déambulation
intellectuelle qui de la perspective originelle, image
virtuelle d’une architecture en devenir, fera jaillir l’œuvre
dans la matérialité ultime du dernier béton coulé ou du
dernier boulon serré [...]
Aujourd’hui de puissants outils informatiques permettent à
des vitesses sans cesse croissantes, de créer et de parcourir
des architectures virtuelles. Ces espaces qui n’ont d’autres
réalités que celles du regard sont en théorie libres d’accès
au premier venu, espaces transformables, manipulables si
le désir prend à l’un des visiteurs de jouer à l’architecte.
De cette mathématique savante, de cette virtualité peut-il
naître une architecture inspirée d’une nouvelle conception
de l’espace ? »
E
xposition
Séance solennelle
de rentrée des cinq
académies
Comme chaque année, l’Académie des Beaux-
Arts a exposé les œuvres des pensionnaires
de la Casa de Velàzquez, désormais nommée
« Académie de France à Madrid », et dont notre
confrère l’architecte Aymeric Zublena vient
d’être élu Président du Conseil artistique.
T
out à la fois centre de création artistique et centre
de de recherche scientifique, la Casa de Velásquez
présente la particularité d’accueillir, depuis sa fon-
dation en 1928, des artistes qui souhaitent développer un
travail de création, en Espagne, dans diverses disciplines :
architecture, arts plastiques, art vidéo, cinéma, composition
musicale, photographie. [...]
Les artistes accueillis en résidence à la Casa de Velásquez
sont recrutés par son Conseil artistique pour une année,
renouvelable une fois. Il s’agit pour eux de réfléchir à leurs
orientations artistiques, d’explorer de nouvelles techniques,
d’expérimenter de nouveaux matériaux. Durant leur séjour,
ils sont amenés à côtoyer des artistes espagnols admis en
résidence pour la même durée. Les uns et les autres dispo-
sent d’ateliers et de studios. C’est à partir de leur production
qu’est élaborée la programmation artistique, qui fait l’objet
depuis deux ans d’une diffusion accrue. [...]
Jean-Pierre Etienvre
,
Directeur de la Casa de Velásquez
Accueillie par notre confrère Pierre Cardin, dans sa galerie
« Espace Evolution »,
Itinérance Deux
, l'exposition des
artistes de la Casa de Velásquez 2011, a réuni les travaux
d'Albert Corbi, Amélie Ducommun, Etienne Fouchet,
Charlotte Guibé, Olivier Nord, Blaise Perrin,
Gema Rupérez, Daniel Touati, et Nima Zaare Nahandi.
à gauche : Charlotte Guibé,
Dîner d'affaires
,
2010, acrylique sur toile, 120 x 120 cm.
Ci-dessous : Blaise Perrin, photographie issue
de la série « Tierras Altas », 2010.
Le mardi 25 octobre a eu lieu sous la Coupole
de l’Institut de France la séance solennelle
de rentrée des cinq académies
Depuis 2011, la section artistique de
la Casa de Velásquez porte le nom
d’ « Académie de France à Madrid », une appellation
chère au cœur de notre Compagnie. Voici donc une
deuxième Académie en terre méditerranéenne et nul
ne doute qu’à l’avenir elle ne soit aussi prestigieuse
que son aînée italienne ! La réforme statutaire en
cours doit apporter une plus grande autonomie à la
Casa de Velásquez ; il s’agit donc bien d’une nouvelle
étape dans l’histoire déjà ancienne de cette école
française en terre espagnole.
Et c’est bien une étape aussi, que représente le séjour
à la Casa de Velásquez dans la vie d’un artiste.
Ancien pensionnaire de cet établissement, je sais
combien son univers si particulier est susceptible
d’influencer un parcours, d’imprégner une trajectoire
par son environnement extraordinairement propice
à la création : approfondir sa recherche dans une
sérénité absolue, la confronter à celle d’autres
artistes ou chercheurs issus de toutes les disciplines,
créer des liens d’amitié qui dureront parfois toute
une vie, voilà quelques-unes des possibilités offertes
par un séjour à la Casa de Velásquez.
C’est un lien très particulier qui relie l’Académie des
Beaux-Arts à cet établissement qu’elle contribua jadis
à fonder. Le temps a passé, le contexte est aujourd’hui
tout autre, mais l’intérêt des académiciens pour cette
école et ce qui s’y passe est intact : c’est toujours
avec le même enthousiasme que l’Académie des
Beaux-Arts accompagne, découvre et soutient chaque
année les travaux des jeunes artistes nourris de cette
expérience que tous décrivent comme unique. »
Arnaud d’Hauterives
, Secrétaire perpétuel de
l’Académie des Beaux-Arts
Les artistes de
la Casa de Velásquez
A
ctualités
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