Hiver_2012 - page 24-25

24
|
| 25
P
ierre Cardin, membre de l’Académie (section des
Membres libres) a souhaité encourager les jeunes
artistes en créant en 1993 cinq prix annuels décernés
à un peintre, un sculpteur, un architecte, un graveur et
un compositeur sur proposition de chacune des sections
concernées de l’Académie des Beaux-Arts.
Le Prix d'
Architecture
décerné à
Isabel Hérault,
née
en 1963, diplômée architecte DPLG en 1987. Elle a étudié
à l’Ecole d’Architecture de Grenoble, Chevalier des Arts et
Lettres, membre de l’Académie d’Architecture. Enseignante
à l’Ecole Spéciale d’Architecture à Paris depuis 2004.
Workshop internationaux : Paris, Buenos Aires, Québec,
Cape Town... Membre du Conseil d’Administration de la
Maison de l’Architecture de Grenoble de 1999 à 2003 et
de l’Ecole d’Architecture de Grenoble de 2001 à 2005.
Rapporteur au Comité Consultatif de la Ville de Grenoble
de 2002 à 2004. Responsable de projets dans les agences
Architecture Studio (Paris) et J.P. Pargade (Paris) en 1988 et
1989. A fondé en 1991, avec Yves Arnod, l’agence « Hérault
Arnod Architectes ».
Le Prix de
Peinture
décerné à
Oda Jaune
,
née en
1979 à Sofia, Bulgarie
.
Vit et travaille à Paris. Elle a étudié
à la Kunstakademie de Düsseldorf, Allemagne, avec Jörg
Immendorff. Expositions personnelles récentes :
Hybride
,
Fondation Francès, Senlis, France en 2012,
Confrontation
Félicien Rops - Oda Jaune
, Musée Félicien Rops, Namur,
Belgique en 2011,
Once in a Blue Moon
, Galerie Daniel
Templon, Paris, France en 2010… Oda Jaune est repré-
sentée par la Galerie Daniel Templon à Paris.
Le Prix de
Sculpture
décerné à
Christiane Müller
,
née en Allemagne en 1965. Diplômée du Diplôme National
Supérieur d’Arts Plastiques, elle enseigne et pratique le
dessin, le modelage, la sculpture... Parallèlement à ses
études, elle a travaillé à la création de décors à l’Opéra
Bastille et participé aux chantiers de restauration de sculp-
tures au Louvre. Expositions récentes : à la Maison des Arts,
Conches en Ouche (2012), au Château de Gaillon (2011), au
salon “Réalités Nouvelles”, Paris, 2010.
Le Prix de
Composition musicale
décerné à
David
Hudry
, né en 1978. Compositeur français, il développe des
synergies avec différents artistes issus de la nouvelle scène
transdisciplinaire de l’opéra contemporain. Parallèlement à
des études d’Analyse, d’Orchestration, de Composition et
Nouvelles Technologies au CNR de Montpellier, il mène
des études de musicologie à l’université Paul Valéry à
Montpellier. Obtient l'Agrégation de Musique en 2002,
intègre la classe de Composition et Nouvelles Technologies
du CNSMDP en 2003, premier prix de Formation
Supérieure en 2008. David Hudry est membre du collectif
Multilatérale et  enseigne la musique dans une Classe
Préparatoire aux Grandes Ecoles. Sa musique a été jouée
par différentes formations : l'Ensemble Multilatérale, l'En-
semble Linea, le Quatuor Arditti, l'Ensemble Recherche…

Le Prix de
Gravure
décerné à
Baptiste Fompeyrine
,
né en 1991 à Lyon. Etudiant à l'Ecole des arts décoratifs
de Paris, il étonne déjà par sa maîtrise technique (dessin,
gravure, peinture) et l'étrangeté saisissante de son univers.
De sa première exposition personnelle en galerie, on
retiendra surtout ses grandes toiles, où la réalité glisse
insensiblement vers le fantastique, l'angoisse, la stupeur.
Des compositions qui empruntent à l'expressionnisme de
James Ensor ou à celui de Francis Bacon et qui jouent
aussi de couleurs contradictoires, de l'effacement et de
l'inachèvement.
u
C
réé en 2005 à l’initiative de Simone Lurçat à la
mémoire de son époux Jean Lurçat (1892-1966),
membre de l’Académie, dans la section de Peinture,
ce prix de la Fondation Jean et Simone Lurçat récompense
chaque année un ouvrage original récent de bibliophilie.
Il s’agit de l’un des Grands Prix de bibliophilie en France.
Attribué à
Jean Daive
(texte) et
Eduardo Arroyo
(illustrations) pour l’ouvrage
L’enfant au nuage
(Robert et
Lydie Dutrou éditeurs).
Entretien avec Eduardo Arroyo
Nadine Eghels : Quelle place occupe la bibliophilie
dans votre œuvre ? Avez-vous toujours travaillé comme
illustrateur de livres ou cette pratique est-elle récente ?
Eduardo Arroyo : C’est une part importante de mon travail.
J’ai fait souvent de « beaux livres » en complicité avec des
écrivains et cela me plaît beaucoup. Je suis heureux d’avoir
eu ce prix, pas seulement pour moi mais parce que c’est
une façon de récompenser la bibliophilie, une discipline qui
devient de nos jours de moins en moins courante. Avant les
poètes faisaient appel à des artistes pour éditer, et vendre
leurs livres de poésie. Aujourd’hui c’est de moins en moins
fréquent. Les poètes et écrivains ne sollicitent plus guère les
artistes peintres ou graveurs, cela devient vraiment rare. En
ce qui me concerne j’espère pouvoir continuer car c’est une
approche très enrichissante.
N.E. : Comment procédez-vous ? Est-ce le
texte qui inspire votre création ou s’agit-il de
confronter le texte et l’œuvre picturale ?
E.A. : Les « beaux livres » résultent d’une bonne dose
de volonté de personnes qui ont vraiment le désir de les
voir publier. Il s’agit dans la plupart des cas d’ouvrages
de commande. L’éditeur trouve d’abord l’écrivain, et puis
l’artiste, ou bien c’est l’inverse, l’important est qu’une
connivence se crée entre ces trois protagonistes.
N.E. : Comment qualifieriez-vous la position
de l’artiste dans ce type de travail ?
E.A. : C’est un peu comme quand on fait un décor de
théâtre par exemple. L’artiste doit se mettre au service de
la pièce, ou dans ce cas du texte. Un décor de théâtre n’est
pas un tableau, une affiche non plus. De même lorsqu’on
travaille pour un livre, la création doit être spécifique pour
ce support, et se mettre au service de l’écriture, qu’elle soit
littéraire ou poétique.
N.E. : Dans ce cas précis, connaissiez-vous l’écrivain
avant ou est-ce l’éditeur qui vous a mis en rapport ?
E.A. : Je connaissais Jean Daive, j’appréciais tant la personne
que son écriture poétique, très variée, qui offre des
approches très diverses. Il tenait beaucoup à faire un livre
avec moi, et c’est lui qui a engagé le projet avec les éditeurs
Robert et Lydie Dutrou. C’est donc du désir de Jean Daive
que le projet est né mais c’est ensuite devenu notre œuvre
commune, et nous sommes heureux de partager aujourd’hui
ce Prix de Bibliophilie Jean Lurçat décerné par l’Académie
des Beaux-Arts.
u
P
rix & concours
Les Prix Pierre Cardin
En haut : Oda Jaune, Vladimir Velickovic, Isabel Hérault,
Érik Desmazières, Baptiste Fompeyrine, David Hudry, Antoine Poncet,
Pierre Cardin et Christiane Müller.
Photo CmPezon
Yves Millecamps, Érik Desmazières, Jean Daive, Guy de Rougemont,
Eduardo Arroyo et Arnaud d'Hauterives.
Photo Juliette Agnel
Le Prix de Bibliophilie Jean Lurçat
1...,4-5,6-7,8-9,10-11,12-13,14-15,16-17,18-19,20-21,22-23 26-27,28-29,30-31,32
Powered by FlippingBook