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Le musée Zervos
Un projet architectural exemplaire
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ommunication
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’est en 1862 que Paul Durand-Ruel prend la direc-
tion de la galerie créée par son père, et décide d’y
promouvoir les artistes de l’école de Barbizon. Le
marchand admire et soutient moralement et financièrement
Corot, Daubigny, Millet, Rousseau, ainsi que l’artiste roman-
tique Delacroix, entre autres, et organise des expositions
de leurs œuvres régulièrement dans ses galeries à Paris,
Londres et Bruxelles.
Dans les années 1870, Durand-Ruel rencontre Monet,
Pissarro, Sisley, Degas, Boudin, Manet, Morisot et Cassatt,
et se lance immédiatement dans une lutte pour la reconnais-
sance de l’impressionnisme qui durera plus de vingt ans. Le
succès viendra grâce aux américains, à la suite de l’exposition
que Durand-Ruel organise à New York en 1886 présentant
près de 300 œuvres.
Fervent admirateur des artistes contemporains, Durand-
Ruel révolutionne également le métier de marchand de
tableaux sur la scène internationale grâce à 7 principes
clefs excessivement novateurs : 1) l’exclusivité du travail des
artistes, 2) les expositions monographiques, 3) un réseau de
galeries internationales, 4) associer le monde de l’art à celui
de la finance, 5) promouvoir les artistes par le biais de la
presse, 6) proposer l’accès gracieux à ses galeries ainsi qu’à
son appartement, 7) protéger l’art avant tout.
Ainsi entre 1873 et 1922, le marchand orchestre près de
130 expositions à New York et plus de 200 à Paris et achète
en un peu plus de trente ans plus de 11.000 tableaux, soit
environ un tiers de la production impressionniste.
Renoir, l’un de ses amis les plus proches, lui écrit en
novembre 1885: « Ils [le public, la presse et les marchands]
auront beau faire, ils ne vous tueront pas votre vraie qualité :
l’amour de l’art et la défense des artistes avant leur mort.
Dans l’avenir, ce sera votre gloire (...) ».
Flavie Durand-Ruel, arrière-arrière-petite-fille du
marchand, est responsable des Archives Durand-Ruel aux
côtés de son oncle Paul-Louis Durand-Ruel, et travaille
avec les conservateurs, les galeristes, les universitaires et
les experts internationaux afin de confirmer l’historique
des œuvres passées par la galerie familiale et contribuer à
l’organisation d’expositions internationales.
Soucieuse de l’importance du rôle de son bisaïeul dans
l’histoire de l’art, Flavie Durand-Ruel continue à faire
revivre le parcours incroyable de Paul Durand-Ruel. Elle a
eu notamment l’occasion de donner des conférences dans
des institutions à travers le monde : au Musée d’Orsay à
Paris, au Metropolitan Museum of Art de New York, à la Alte
National Gallery de Berlin, à la Fundación Ramón Areces de
Madrid, au Yokohama Museum de Tokyo…
u
Grande salle des séances, le 9 octobre 2013
Paul Durand-Ruel,
ami et marchand des
artistes de son temps
Par
Flavie Durand-Ruel
Paul Durand-Ruel (1831-1922), marchand
précurseur et découvreur de talents, s’est
battu tout au long de sa vie pour faire
apprécier des œuvres aujourd’hui reconnues
comme chefs-d’œuvre incontournables.
A
ctualités
Paul-Louis
Mignon
Correspondant de l'Académie et
délégué du comité de rédaction de la
Lettre de l'Académie des Beaux-Arts
,
Paul-Louis Mignon nous a quittés le
16 novembre dernier.
Photo Radio France - Ch. Abramovitz
Cher Paul-Louis, alors que vous
nous quittez, je tiens à évoquer, pour notre
Lettre de l’Académie
, votre longue et
brillante carrière.
Vous avez été pendant plusieurs décennies
le critique théâtral écouté et parfois…
redouté des chaînes de Radio-France.
J’aurais presque envie de dire que vous
fûtes alors une sorte d’oracle du théâtre
dramatique français.
Vous avez été et vous resterez l’historien
de notre théâtre. Vos nombreuses
biographies de Jean-Louis Barrault, Jean
Vilar, Charles Dullin et de tant d’autres
resteront un témoignage vivant sur les
plus grands metteurs en scène français du
XX
e
siècle, référence que l’on consultera
longtemps encore. Dirigeant le Centre
Français de l’Institut International du
Théâtre de l’UNESCO, vous avez permis à
de nombreux pays de mieux connaître nos
œuvres dramatiques et à plusieurs auteurs
et compositeurs de prendre contact avec
leurs écoles de théâtre et d’opéra.
Enfin, délégué de
la Lettre de l’Académie
,
vous avez accompagné son évolution, lui
apportant toute votre expérience et votre
savoir-faire.
Cher Paul-Louis, vous allez nous manquer,
tous nous vous regretterons, mais votre
mémoire demeurera vivante parmi nous. »
Jean Prodromidès
, membre de la
section de Composition musicale
Parution
Dans son ouvrage
Histoires d’arbres et d’artistes
,
François-Bernard Michel
nous entraîne à la
rencontre d’artistes et d’écrivains célèbres. Ils ont
noué un lien privilégié avec des arbres ; de belles
histoires qui nous sont contées avec passion (Le
Papillon Rouge Éditeur).
H
ommage
En haut : Paul Durand-Ruel (1831-1922), circa 1910,
dans sa galerie parisienne.
Photo Dornac, Archives Durand-Ruel
© Durand-Ruel & Cie
La visite du musée Zervos par une délégation de l’Académie, le 17
octobre, présentait un intérêt particulier. Ce musée, géré par le Conseil général
de l’Yonne et installé dans la maison de Romain Rolland abrite la collection
d'art moderne léguée par le critique et éditeur d'Art, Christian Zervos, à la
ville de Vézelay. Le projet architectural conçu par Pietro Cremonini, fils de
notre regretté confrère Leonardo Cremonini, et l’installation savante des
œuvres ont été développés suivant une étude scientifique menée par Christian
Derouet, conservateur. C’est une démarche de cette nature qui doit conduire
nos réflexions pour le futur aménagement de la maison de Jean Lurçat dont a
hérité, voici quelques années, notre Académie. Certes la maison de Romain
Rolland est d’une ampleur importante et bénéficie de vues remarquables sur
un paysage exceptionnel, dont ne dispose pas la villa Lurçat, mais le travail
mené par l’architecte et le conservateur pour préserver et mettre en valeur les
volumes, les échappées visuelles et le caractère intime de cette demeure peut
être une source d’inspiration.
C’est un autre aspect de la villa construite en 1925 par André Lurçat pour
son frère peintre qui intéressera visiteurs et collectionneurs. Elle fait en effet
partie d’un ensemble de 11 maisons, dont 8 construites par André Lurçat,
qui forment une Cité d’artistes. Représentative de l’architecture moderne,
bâtie dans un quartier encore peu urbanisé, conçue pour un peintre, dont la
notoriété commence à s’affirmer, qui l’habitera durant presque toute sa vie, elle
est un lieu, témoin d’une période particulièrement féconde d’un mouvement
artistique, qu’étudiants et chercheurs pourront découvrir, parcourir et étudier. »
Aymeric Zublena
, membre de la section d’Architecture
En haut : vue de la terrasse,
Amphion
, bronze d'Henri Laurens, 1937.
Photo DR
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