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A
u cours de cette séance, Lucien Clergue, Président
de l’Académie des Beaux-Arts et membre de la
section de Photographie, a rendu hommage aux
académiciens et correspondants de notre Compagnie
récemment disparus. Le palmarès des nombreux prix et
récompenses décernés par l’Académie des Beaux-Arts a été
proclamé par Claude Abeille, Vice-président, membre de la
section de Sculpture. Le programme musical de cette séance
était assuré par l’Orchestre Colonne, sous la direction de
Laurent Petitgirard, et par l’ensemble vocal Les Cris de
Paris, sous la direction de Geoffroy Jourdain.
L’Orchestre Colonne a interprété
Siegfried Idyll
, de
Richard Wagner, et
Allegro pour quatuor à cordes et
orchestre à cordes
, d’Edward Elgar. L’ensemble vocal Les
Cris de Paris a interprété
Voulez Ouyr les Cris de Paris
, de
Clément Janequin. Comme le veut la tradition, la séance
s’est terminée traditionnellement avec la
Fanfare de La Péri
de Paul Dukas.
u
Séance publique
annuelle de l'Académie
des Beaux-Arts
Extrait du discours prononcé par le Secrétaire
perpétuel Arnaud d’Hauterives et intitulé
« La vie silencieuse des natures mortes » :
Ces « moindreries », comme les nomme Dürer avec
une tendresse admirative, révèlent la prouesse plastique
du peintre qui, pour plaire et toucher, ne dispose ni de la
majesté d’une scène ni de la profondeur psychologique d’un
personnage.
Ces vies immobiles et silencieuses, dépourvues de sujets
vivants que l'on nomme peintures coites puis natures
mortes sont en fait des « morceau(x) de peinture savante
et de virtuosité pure » qui oscillent entre réalisme
et symbolisme, virtuosité esthétique et profondeur
métaphysique. Les proportions harmonieuses des formes,
des couleurs et des matières des objets inanimés mettent
en scène des plaisirs éphémères et nous en rappellent
inévitablement la brièveté. Art modeste et difficile, genre
tardivement reconnu, la nature morte est aujourd'hui
célébrée et les plus grands, de Dürer à Picasso en passant
par Zurbaran, Chardin ou Cézanne s’y sont consacrés […]
Hors de toute présence humaine, la présence des objets
inertes de la nature morte s'impose, évidente. Pourtant,
cette vie silencieuse où s'abolit la figure humaine est en
réalité pleine de sa présence. Présence de l'artiste d'abord
qui construit son monde dans l'espace de sa toile en
célébrant des choses familières et chéries, les objets de ses
plaisirs, les signes de son destin. Présence du spectateur
ensuite qui contemple un moment suspendu, un instantané
de vie : la table est mise, le livre ouvert, l'échiquier
abandonné… Tout peut advenir. »
Le 25 octobre 1795, en créant l’Institut de France, la jeune
République lui confie comme mission que « ce que tous les
hommes savent y soit enseigné dans sa plus haute perfection ».
Depuis, tous les ans, la « Séance solennelle de rentrée des cinq
académies » est l’occasion pour l’Institut de France de réaffirmer
les valeurs qui sont les siennes et le rôle qui lui est imparti dans
le perfectionnement et la diffusion des savoirs. Sous la Coupole,
les cinq Académies se réunissent autour d’un thème choisi
collégialement.
Cette année, la séance était présidée par Jean-Marie Dentzer,
président de l’Institut, président de l’Académie des Inscriptions
et Belles-lettres et le thème retenu était : « Le Passé est-il
passé ? ».
Paul Andreu (photo), délégué de l’Académie des Beaux-arts, avait
intitulé son discours : « Un passé encombré et fragile ». En voici
la synthèse :
Si le présent existe, il nous échappe. Ce que nous
nommons présent est une construction de notre esprit.
Pour notre conscience, il n’y a que du passé, ou, de manière
plus précise, que des traces du passé. Ce sont ces traces que
nous partageons, élaborant nos connaissances à partir d’elles
en une profusion d’autres traces. Nous les partageons par les
gestes, les cris, la parole, l’écriture et toutes les œuvres de
l’esprit. Leur conservation, leur diffusion et leur fragilité ne
sont pas indépendantes les unes des autres. Les techniques
n’ont pas cessé de modifier leurs rapports. L’imprimerie hier
en augmentant la diffusion du livre a donné plus de robustesse
à ce que l’on confiait au papier qu’à ce qu’on exprimait par la
pierre. Les techniques digitales viennent, à leur tour, contester
l’importance du livre. Elles permettent de tout conserver, de
diffuser partout. Mais elles provoquent aussi des fragilités
nouvelles. Les œuvres d’art sont-elles entraînées dans ces
bouleversements récents, changent-elles ? Sans doute pas.
Elles étaient, elles restent, des traces matérielles, délibérées
et fragiles. Diffusées, elles ne peuvent l’être qu’absentes, que
comme des représentations. Il y a bien la promesse, souvent
réitérée, d’un art nouveau, total. Il reste à venir. »
Séance solennelle
des cinq académies
Le mardi 22 octobre a eu lieu sous la Coupole
de l’Institut de France la séance solennelle de
rentrée des cinq académies
Photo Brigitte Eymann
Le 20 novembre dernier, sous la Coupole de
l’Institut de France, a eu lieu la séance solen-
nelle de l'Académie des Beaux-Arts.
A
ctualités
En haut : ce mercredi 20 novembre, parmi les membres
de l'Académie présents à cette photo de groupe, on peut
reconnaître, de gauche à droite, assis au premier plan :
Gérard Lanvin, le Secrétaire perpétuel, Arnaud d’Hauterives,
Yves Boiret. Debouts : Jean Anguera, Lucien Clergue, Jean Cardot,
Vladimir Velickovic, François-Bernard Michel, Patrick de Carolis,
Claude Abeille, Aymeric Zublena, Antoine Poncet et derrière lui
Erik Desmazières, Édith Canat de Chizy, Leonard Gianadda,
Jean Cortot, Jacques Rougerie, Alain-Charles Perrot, Brigitte Terziev,
Jean Prodromidès, Yves Millecamps, François-Bernard Mâche,
René Quillivic et Yann Arthus-Bertrand.
Photo Juliette Agnel
Ci-dessus : Le bureau de l'Académie 2013, composé, de gauche
à droite, du Secrétaire perpétuel Arnaud d’Hauterives, du Président
Lucien Clergue et du Vice-président Claude Abeille.
Photo Juliette Agnel
Ci-dessous : l'Orchestre Colonne était dirigé
par le compositeur et chef d'orchestre
Laurent Petitgirard.
Photo Juliette Agnel
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