Printemps 2006 - page 2

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Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T
D E F R A N C E
Le phénomène de la création artistique
demeure mystérieux, et d’abord pour
le créateur. Une part de lui-même s’y
manifeste, dont, parfois, il n’a pas clai-
rement conscience. Dans leur création, l’architecte, l’artiste
plasticien disposent de règles que la pratique, au cours des siècles,
a déterminées ou qu’ils ont élaborées, le compositeur de systèmes
de notation. Ils ont appris à avoir la pleine maîtrise des outils arti-
sanaux, des instruments sur lesquels ils appuient leur démarche :
le crayon, le pinceau, la couleur, la règle, le compas, le ciseau, la
portée, la main elle-même…
En revanche, l’invention du cinéma a lié aussitôt cet art à une tech-
nique qui s’est avérée de plus en plus complexe : celle-ci a imposé
des relations nouvelles entre le créateur et l’outil de sa création.
Et voici que, dans les conquêtes de la technologie du XX
e
siècle est
intervenue l’informatique. Sa prodigieuse expansion invite à
réflexion. Les désenchantements qui, pour certains, suivent toute
découverte, ont succédé aux enchantements premiers. Comment
l’informatique joue-t-elle dans le processus créatif ? La question
posée dans ce dossier en appelle d’autres.
Le traitement informatique n’est-il qu’un outil, comme un autre,
pour parvenir à créer ? Peut-il provoquer l’imagination créatrice,
jusque là domaine réservé à l’homme, traduit par sa main ? Quelle
sera son influence sur le maintien – ou l’abandon – du dessin qui
était à l’origine et l’aboutissement d’un projet ?
Le débat reste ouvert. Différence de générations ? De ceux qui
ont vu l’informatique s’inscrire dans leur pratique et bénéficié des
libertés et des moyens qu’elle offrait, et de ceux qui sont nés
avec l’informatique, alors que les exceptionnelles promesses de
l’acquis n’en définissent pas les limites.
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication :
Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
: délégué Paul-Louis Mignon ;
membres : Yves Boiret, Francis Girod, Gérard Lanvin, François-Bernard Mâche, François-Bernard Michel, Guy de Rougemont •
Conception générale, rédac-
tion et coordination
: Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
:
Impression :
Imprimerie Delcambre • ISSN 1265-3810 • Photos :
pages 1, 24 : CmP, page 3 : Brigitte Eymann, pages 4 : Juliette Agnel, pages 5, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 22 et 23 : droits réservés, pages 10
et 11 : ENSAD, page 21 : Régis Cléva - M.N.H.N. •
Académie des Beaux-Arts
23, quai de Conti 75006 Paris •
sommaire
page 2
Editorial
page 3
Réception sous la Coupole :
Marc Ladreit de Lacharrière
page 4
Réception sous la Coupole :
Claude Parent
pages 5
Prix &Concours :
Grand Prix d’Architecture 2005
de l’Académie des Beaux-Arts
pages 6 à 19
Dossier :
“L’informatique
dans la création artistique”
page 20
Communication :
“Opéra et société :
bilans et perspectives”
par Danièle Pistone
page 21
Communication :
“L’ADN, l’évolution,
nos deux vies”
par Claude Combes
page 22
Communication :
“Dans les petits papiers
de Monsieur Ingres”
par Adrien Goetz
page 23
Communication :
“L’éthique de la vie”
par Claude Sureau
page 24
Calendrier des académiciens
Elections
Editorial
E
lu le 9 février 2005 à l’Académie des Beaux-Arts au
fauteuil de Gérald Van der Kemp, Marc Ladreit de
Lacharrière, né le 6 novembre 1940, est fondateur et
président du groupe Fimalac (Financière Marc de Lacharrière).
Président de Fitch, société d’analyses financières qu’il a créée
par la suite, il est aussi administrateur de Casino et de l’Oréal,
société dont il fut Vice-président et directeur général adjoint,
membre du Conseil international
de Renault depuis 2002, membre
du Conseil consultatif de la
Banque de France depuis 1997.
Créateur du
Prix de l’audace
créatrice
, du
Prix du livre poli-
tique
et du
Prix du livre de l’éco-
nomie
, Marc Ladreit de
Lacharrière est membre de l’as-
sociation
Lire la politique
.
Homme de l’art, Marc Ladreit
de Lacharrière a constamment,
depuis la création de Fimalac en
1991, manifesté le souci de faire
participer son entreprise à la vie culturelle de la France.
Attaché à la défense du patrimoine culturel de notre pays et
à son rayonnement international, il a conclu en 1995 un accord
de partenariat avec le département des Antiquités grecques,
étrusques et romaines du Louvre. Ce mécénat a notam-
ment permis la restauration en 1997 du
Gladiateur Borghèse
,
l’une des pièces maîtresses de la statuaire grecque du Musée
du Louvre, puis la restauration en 1999 de la
Vénus Génitrix
,
l’une des plus fines répliques romaines (fin du 1
er
siècle après
J.C.) d’un bronze grec (fin du V
e
siècle avant J.C.). Ce mécénat
s’est prolongé en 2000 par le soutien de l’exposition “2000 ans
de création… d’après l’Antique” présentée par le Musée du
Louvre et la Réunion des Musées Nationaux. En 2003 et 2004,
ce mécénat s’est consacré au réaménagement muséographique
de la salle du Manège, inaugurée en juin 2004.
Le mécénat culturel de Marc Ladreit de Lacharrière s’est
également orienté vers le domaine du théâtre : Fimalac est
en effet membre fondateur de la Fondation Jacques Toja (du
nom de l’initiateur du projet, grand interprète du théâtre fran-
çais, administrateur général de la Comédie Française). Il
soutient également la création de jeunes auteurs au travers
du Théâtre du Rond-Point.
Fimalac a rejoint, dès sa création en 1996, la Fondation du
Patrimoine dont il est l’un des membres fondateurs, s’atta-
chant ainsi à l’identification, à la préservation et à la mise en
valeur du patrimoine non protégé par l’Etat.
Marc Ladreit de Lacharrière préside également
La Revue
des Deux Monde
s, fondée en 1829, la plus ancienne revue
d’Europe, acquise par Fimalac en 1991.
Depuis 1997, Marc Ladreit de Lacharrière siège au Conseil
artistique des Musées nationaux aux côtés de ses confrères
Henri Loyrette, Michel David-Weill et Arnaud d’Hauterives,
Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts. Il a
été membre du conseil d’administration du Musée du Louvre.
Il est aujourd’hui administrateur du Musée des Arts décora-
tifs et de l’Association des amis du Musée du Quai Branly.
Il est Commandeur de la Légion d’Honneur et
Commandeur des Arts et Lettres.
Extrait du discours prononcé par Henri Loyrette
J’ai déjà évoqué votre mécénat culturel, ce que vous
faites pour les musées et, en particulier, pour le premier
d’entre eux. On y ajoutera le théâtre, qui est une de vos
passions, la Fondation Jacques Toja et le Théâtre du Rond-
Point. Votre mécénat est généreux et discret, vous
n’intervenez pas dans les projets que vous patronnez. Vous
êtes là, tout simplement, à nos côtés. Toujours vous
favorisez l’audace, les jeunes talents, la création et
l’initiative, l’esprit d’entreprise. Vous avez aussi le goût des
choses qui tombent. Vous restaurez des monuments en
péril, vous reprenez des affaires qui ne sont plus que des
noms. Je ne sais si c’est pour cette raison que vous venez
parmi nous mais c’est ce qui vous attira dans
La Revue des
Deux Mondes
, la plus ancienne revue d’Europe que vous
avez acquise en 1991.[...]
Pourquoi, cher Marc, fais-tu tout cela ? Pourquoi as-tu
souhaité être aujourd’hui parmi nous ? Je n’en sais rien et
tu n’en parles pas. Et c’est très bien ainsi. Sans doute, par
fidélité à tous ceux dont tu es issu et que tu as amené
subrepticement avec toi cet après-midi, par amour pour tes
enfants dont tu as tant surveillé les progrès et l’éducation et
pour leur dispenser un
exemplum virtutis
de plus, sans
doute pour t’inscrire à ton tour dans une lignée, celle de
ceux qui, en France, patronnèrent les arts, de ceux qui te
précédèrent à ce sixième fauteuil et dont j’énumère les
noms comme une bienheureuse litanie, le comte Turpin de
Crissé, Georges Kastner, le Comte Walewski, Charles
Blanc, Edmond du Sommerard, Léon Heuzey, Paul Léon,
Georges Wildenstein, René Dumesnil, notre très cher
Gérald Van der Kemp, qui tous firent tant pour les musées
et l’histoire de l’Art...”
R
éception
sous la
C
oupole
Marc Ladreit
de Lacharrière
Le mercredi 25 janvier
2006, sous la Coupole
de l’Institut de France,
Marc Ladreit de
Lacharrière est reçu à
l’Académie des
Beaux-Arts par son
confrère, Président
Directeur du Louvre,
Henri Loyrette.
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