Printemps 2006 - page 3

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lu le 13 avril 2005 à l’Académie des Beaux-Arts dans
la section d’architecture au fauteuil précédemment
occupé par Jean Balladur, Claude Parent est né le 26
février 1923, à Neuilly-sur-Seine.
En 1936, il rejoint l’atelier de Noël Lemaresquier à l’Ecole
des Beaux-Arts de Toulouse, puis il étudie à l’Ecole natio-
nale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où il
effectue des stages dans de nombreux ateliers,
notamment dans ceux de Jean Trouvelot et de
Charles Le Corbusier. Architecte dès 1955 à
Neuilly-sur-Seine, il est membre jusqu’en 1988
du Comité de
L’Architecture d’aujourd’hui
,
où il tient une chronique, membre de
l’Académie d’Architecture, directeur du Collège
des architectes du nucléaire, co-fondateur en
1968 puis rédacteur en chef de la revue
Architecture Principe.
En 1952, la rencontre du sculpteur Nicolas
Schöeffer fut fondamentale : “La première rencontre avec
l’utopie, sans doute même la révélation de ce que pouvait
être l’utopie architecturale”.
Ses premières réalisations sont des habitations individuelles
aux structures insolites : maison triangulaire à Domont,
maison Bordeaux Le Pecq à Bois-le-Roi, maison Drusch à
Versailles... Viendront, ensuite, des immeubles d’habitation,
des centres commerciaux...
Associé à Ionel Schein de 1953 à 1955, il se lie avec les
milieux proches du groupe Espace créé par Félix Del Marle
et André Bloc, fondateur avant la Seconde Guerre mondiale
de la revue
L’Architecture d’aujourd’hui
.
Théoricien de la Fonction Oblique, esprit critique, polé-
miste, Claude Parent crée en 1963 le groupe Architecture
Principe avec Paul Virilio.
Il est l’auteur de la Maison de l’Iran à la Cité universitaire
de Paris avec Mohsen Foroughi et Heydar Ghiai (1962-1969).
Architecte des centrales nucléaires de Cattenom en 1978 et
de Chooz en 1982, il est également l’architecte du Conseil
régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur à Marseille (1991)
et de l’Hôtel de ville de Lillebonne (1993-1998).
Auteur de nombreux ouvrages, Claude Parent a reçu, en
1979, le Grand Prix National d’Architecture pour l’ensemble
de son œuvre. Il est Officier de la Légion d’Honneur,
Commandeur du Mérite, Commandeur des Arts et Lettres
et Officier des Palmes académiques.
Extrait du discours prononcé par Claude Parent
Pensez à une coulée de lave sur les flancs du Vésuve,
pensez à habiter dans l’océan et non sur l’océan, pensez à la
forêt primaire où à la forêt vierge que vous taillez à la
machette pour forcer le passage et trouver votre
bulle habitable.
Remontez le temps jusqu’à 9 000 ans avant Jésus-Christ et
habitez Çatal Huyuk sur les hauts plateaux de Turquie.
Cette ville est sans aucune rue, il y vit 30 000 habitants
qui ne communiquent que par sa terrasse parcourable
et communautaire.
Dans la couche urbaine qui couvre le sol, taillez vos accès,
vos respirations, creusez votre lumière à votre gré, sans plan
quinquennal, sans planification du territoire.
L’architecture des façades ne pose plus ses vaines et
éternelles questions de style.
Seul l’espace habitable compte. Il s’agit seulement de le
tricoter puis de l’inciser à bon escient. Cette incision
urbaine stoppe le gaspillage du sol de la planète.
Y serions-nous heureux ? Cela c’est votre affaire. Moi je ne
peux que vous offrir ce rêve, vous en riez ou vous y croyez,
cela ne regarde que vous. Mais pourquoi ce
rêve, ce rêve qui me semble si légitime ? Parce
que nous assistons impuissants à un partage
inquiétant de notre univers. Toute notre
infrastructure s’empare de la planète, vole
notre terre, notre terre nourricière au
détriment de l’homme ; une lutte à mort dont il
sortira vaincu et obligé de s’expatrier après
avoir gaspillé son espace, vers d’autres
mondes, vers Pluton, Mars ou sur les anneaux
gazeux de Saturne.
Ce déracinement total est déjà en marche car
on commence à comprendre que la terre à terme ne sera
plus habitable. L’homme devra s’adapter pour survivre, il se
transformera, et nous les anciens terriens ne le
reconnaîtrons pas.
Tous mes efforts d’architecte se font depuis quarante ans,
pour améliorer l’usage que l’on fait de la terre pour vivre et
habiter. La fonction oblique que j’ai amorcée avec Paul
Virilio est un premier pas vers cette économie globale du sol
et vers une façon d’habiter plus intelligente, plus saine.
Aujourd’hui je m’efforce d’imaginer cette agglomération
continue et sans rue.
Donnant ce programme l’année dernière aux élèves de
l’Ecole Spéciale d’Architecture, j’ai eu la joie et la surprise
de voir quelques élèves de 19 ans à peine répondre avec
enthousiasme à ce problème difficile.
Ils ont proposé un tissu urbain tactile qui, sous l’impulsion
de capteurs s’ouvrirait aussitôt devant l’homme en marche,
et se refermerait derrière lui après son passage.
Les espaces collectifs se creuseraient de même à la demande
et rétréciraient après le départ des participants.
Cet avenir me semble envisageable techniquement.
Cette forme d’économie du sol prolongerait notre présence
sur terre.
Ces jeunes m’ont donné une leçon d’espérance que je vous
transmets”.
Le mercredi 15 mars
2006, sous la Coupole
de l’Institut de France,
Claude Parent a été
reçu à l’Académie des
Beaux-Arts par son
confrère architecte
Roger Taillibert.
R
éception
sous la
C
oupole
Claude Parent
Le mercredi 11 janvier 2006 a eu
lieu le vernissage de l’exposition
des lauréats du Grand Prix
d’Architecture 2005 de
l’Académie des Beaux-Arts.
L
e thème choisi pour l’année 2005
était : “L’Institut mondial de la
biodiversité sur l’Ile Seguin à Boulogne
Billancourt”.
Ce concours était ouvert à tous les
architectes et étudiants en architecture,
ressortissants européens, n’ayant pas
dépassé 35 ans au 1
er
janvier 2005.
Les candidats ont été départagés au
cours de trois épreuves :
1) une première esquisse conçue de
manière indépendante
2) une montée en loge d’une durée de
20 heures qui s’est déroulée le mercredi
18 mai 2005 et qui a réuni les vingt
candidats retenus à l’issue de la
première épreuve
3) au terme de cette deuxième épreuve,
dix candidats ont été retenus pour
présenter leurs projets d’architecture,
de 5m sur 3m, salle Comtesse de Caen,
au Palais de l’Institut de France. Parmi
eux, trois lauréats ont été récompensés.
Le Grand Prix (Prix Charles Abella),
d’un montant de 25 000
, a été
décerné à
Taylor Ishmaël
.
P
rix
&
C
oncours
Retrouvez tous les Prix et Concours sur le site
Grand Prix d’Architecture 2005
de l’Académie des Beaux-Arts
Le deuxième prix (prix André
Arfvidson), d’un montant de 10 000
,
a été attribué à
Fabrizio Esposito
.
Le troisième prix (prix Paul Arfvidson),
d’un montant de 5 000
, a été décerné
à
Laurent Lorcy
.
Cette année, une mention spéciale du
jury a été accordée à
Hector Martin
.
L’Académie des Beaux-Arts bénéficie
pour ce concours d’un important parte-
nariat technologique avec la société
Hewlett-Packard et un certain nombre
d’éditeurs de logiciels informatiques,
dont la société Autodesk. La descrip-
tion précise du matériel et des logiciels
mis à la disposition des candidats est
disponible sur le site internet de
l’Académie des Beaux-Arts.
(rubrique Actualités, puis Grand Prix
d’Architecture).
Ci-dessus : projets de Taylor Ishmaël
(Grand Prix & Prix Charles Abella)
et de Fabrizio Esposito (deuxième Prix &
Prix André Arfvidson).
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