Printemps 2007 - page 2

3
2
Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T
D E F R A N C E
L’opéra, par la diversité et le rappro-
chement des disciplines mises en
œuvre, offre une image majeure de la
création des académiciens des Beaux-Arts.
Le genre, apparu au début du XVII
e
siècle, s’était affirmé avec
Monteverdi. En 1672, la volonté de Louis XIV l’inscrivit en France
dans l’Académie royale de Musique sous l’autorité de Lully.
Littré, dans son
Dictionnaire de la langue française
, définit l’opéra
comme un “poème dramatique en musique et, plus particulière-
ment, grand poème lyrique composé de récitatif, de chant et de
danse, sans discours, ou dialogue parlé…”. A quoi s’ajoutaient les
fastes du spectacle.
O-PE-RA, ces trois syllabes seulement auront suffi depuis à asso-
cier et à fondre dans sa représentation les arts que réunit
l’Académie des Beaux-Arts. Que, parmi les personnalités de sa
section musicale, trois aient eu la pratique de plusieurs créations
d’opéra, a incité la
Lettre de l’Académie
à ouvrir largement la
réflexion sur l’opéra contemporain. Jusqu’à l’architecture de la salle
dont Paul Andreu, concepteur de l’Opéra de Pékin, en cours de
construction, rapporte la saisissante expérience.
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication :
Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
: délégué Paul-Louis Mignon ;
membres : Yves Boiret, Edith Canat de Chizy, Gérard Lanvin, François-Bernard Michel, Guy de Rougemont •
Conception générale,
rédaction et coordination
: Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
:
Impression :
Imprimerie Delcambre
ISSN 1265-3810 •
Académie des Beaux-Arts
23, quai de Conti 75006 Paris •
sommaire
*
page 2
Editorial
*
page 3
Réception sous la coupole :
Charles Chaynes
*
pages 4 à 25
Dossier :
“L’opéra, création contemporaine”
*
page 26
Actualités :
Visite de Giorgios Voulgarakis,
Ministre grec de la Culture
*
page 27
Exposition :
Livres d’artistes des membres de
l’Académie des Beaux-Arts.
Première partie : les années passées
*
page 28
Actualités :
L’Académie des Beaux-Arts
prend position… :
Les éoliennes
“Présumés innocents”
Création du Prix de Photographie
de l’Académie des Beaux-Arts
Elections
*
page 29
Actualités :
Les 14
e
rencontres musicales
autour de La Prée
Elections de correpondants
Décorations
Publication par les éditions de
l’ENSBA des conférences de
l’Académie Royale de Peinture
et de Sculpture
*
page 30
Communication :
“Les fresques de Primatice
et la chapelle Sainte-Marie
de l’Abbaye de Chaalis”
par Jean-Pierre Babelon
*
page 31
Communication :
“La restauration du donjon de
Vincennes et son histoire”
Par Rober Werner
*
page 32
Calendrier des académiciens
Editorial
Extraits du discours de réception prononcé
par Jean Prodromidès :
… Notre Compagnie, attentive à l’histoire du
passé, se doit évidemment d’être à l’écoute de
toutes les formes artistiques actuelles.
Chacun de nous, engagé dans ses propres choix
esthétiques, doit savoir aussi en faire abstraction
lorsqu’il s’agit de prendre position ou de décerner les
nombreux prix qu’il nous est donné d’attribuer.
C’est une situation d’arbitre, difficile à exercer,
car il faut tenter de discerner les qualités
professionnelles d’une œuvre au-delà même des
options artistiques qu’elle comporte et des facilités
passagères de la mode.
Tout vous préparait à ce rôle d’expert vigilant.
Vous avez été pendant quinze ans à la tête du Service
des Commandes musicales de Radio France et chacun
s’est plu à reconnaître – toutes tendances confondues -
votre ouverture d’esprit et votre largeur de vues.
Redoutable fonction que celle que vous avez eu à
exercer à une époque fertile en oppositions violentes
entre les différentes écoles. Vous avez su alors ne
privilégier aucune tendance au détriment d’une autre.
Votre présence aujourd’hui parmi nous témoigne aussi
de cette impartialité de jugement qui vous caractérise.
J’ajouterai que ces années passées à Radio France
ont fait de vous un des meilleurs connaisseurs des
œuvres musicales contemporaines françaises
et étrangères…”
E
lu dans la section de composition musicale le 9
novembre 2005 au fauteuil précédemment occupé
par Marius Constant, Charles Chaynes est né en1925
à Toulouse de parents musiciens, professeurs au
Conservatoire. Dès son plus jeune âge, il travaille la musique
avec ses parents et suit les cours au Conservatoire de
Toulouse. Il poursuit ses études au Conservatoire national de
Paris où il obtient les prix de violon, d’harmonie, fugue et
composition. Disciple de Darius Milhaud, il reçoit le Premier
Grand Prix de Rome en 1951 et devient pensionnaire à la
Villa Médicis, l’Académie de France à Rome jusqu’en 1955.
De 1965 à 1975, il est directeur de France Musique, puis
jusqu’en 1990, chef de service de la création musicale de
Radio France. Menant une politique d’ouverture à toutes les
esthétiques, responsable des commandes musicales à la
radio, il contribue ainsi au
maintien de la diversité musi-
cale française et joue un rôle
important dans le renouveau
de l’opéra en France. Ses
tâches administratives ne
l’empêchent pas de composer.
Plusieurs opéras jalonnent
sa carrière : passionné par le
monde africain, les textes de la
négritude qu’il met en
musique dans
4 poèmes
pour
soprano et orchestre sur des
textes de Wade, Bolamba, Diop et Césaire, il crée
Pour un
monde noir
(1976), puis
Erzsebet
(1983), opéra pour une
seule cantatrice d’après
Vers Bathory
de Ludovic Janvier,
Noces de sang
trois ans plus tard, d’après l’œuvre de Federico
Garcia Lorca et
Jocaste
(1993), sur un livret de Jacques
Lacarrière. 2000 voit la création de
Cecilia
, opéra en deux
actes sur un livret de Eduardo Manet à l’opéra de Monte
Carlo, retransmis à la télévision et à Radio-France. Son opéra
Mi Amor
sur un livret d’Eduardo Manet sera créé à l’opéra de
Metz en mars 2007 sous la direction d’Arturo Tamayo.
Il est difficile d’énumérer la liste imposante des autres
ouvrages lyriques, œuvres symphoniques et concertantes,
œuvres de musique de chambre composées par Charles
Chaynes. Sa carrière est jalonnée de nombreux prix et récom-
penses : Grand Prix Musical de la Ville de Paris (1955),
lauréat du concours musical Prince Rainier de Monaco
(1960), lauréat de la Tribune internationale des Compositeurs
(1979), Prix de musique de la SACD (1989), à plusieurs
reprises, Prix du disque de l’Académie du disque français,
Grand prix de musique de l’Académie Charles-Cros (1994),
Orphée d’Or de l’Académie du disque lyrique (1996 et 2003),
Prix Del Duca de l’Académie des Beaux-Arts (1998).
Charles Chaynes est Officier de la Légion d’honneur,
Officier de l’ordre national du Mérite et Chevalier des Arts
et Lettres.
Un ouvrage sur le compositeur est paru :
Charles Chaynes,
stéréotomie d’une passion musicale
publié aux Editions du
Millénaire III.
Photo Britte Eymann
u
Charles
Chaynes
R
éception
sous la
C
oupole
Le mercredi 31 janvier,
sous la Coupole de
l’Institut de France,
le compositeur
Charles Chaynes
(à droite) était reçu à
l’Académie des Beaux-
Arts par son confrère
Jean Prodromidès.
1 3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,...17
Powered by FlippingBook