Printemps 2008 - page 4

7
6
A
vant d’ouvrir ce dossier sur la gravure, il nous
semble naturel de nous souvenir de nos trois
confrères disparus, trois grands burinistes :
Decaris, Roger Vieillard et Jean-Marie Granier qui ont
honoré notre Académie par leur grand talent. Trois artistes
très différents qui avec un même outil ont su trouver leur
propre écriture et nous montrer chacun un univers artis-
tique très personnel.
Albert Decaris, classique dans sa conception formelle,
avait un trait d’une puissance exceptionnelle qui donnait
une force très particulière à son travail. Roger Vieillard
recherchait dans chacune de ses gravures des matières
faites de traits disposés chaque fois de manière différente,
ce qui donne à ses œuvres une profonde unité dans la
diversité de ses représentations et une très grande origina-
lité. Enfin Jean-Marie Granier, grand dessinateur et
travailleur infatigable, inscrivait dans ses gravures d’une
puissante personnalité ses accumulations de traits, qui lais-
sent à chaque spectateur une liberté totale d’interprétation.
Actuellement, la gravure est, pour toutes sortes de
raisons, moins bien traitée sur le plan commercial qu’elle
ne le fut il y a quelques années, et cela a bien sûr une
influence sur la création. Mal perçus, mal diffusés, certains
artistes de valeur se détournent de ce domaine artistique
peu valorisé, pour s’exprimer à travers d’autres disciplines
mieux soutenues.
La gravure,
un domaine artistique
peu valorisé
Par
Louis-René Berge
, membre de la section de Gravure
Le devoir de la section de Gravure de l’Académie des
Beaux-Arts doit être d’aider sinon au renversement de
cette tendance, en tout cas de travailler à mieux faire
connaître cette discipline, ce qu’elle fait d’ailleurs en
récompensant chaque année certains artistes confirmés ou
débutants par l’attribution de nombreux prix dont ceux,
importants, donnés par notre confrère Pierre Cardin et
Nahed Ojjeh, correspondante de l’Académie.
Il faut aussi rappeler le rôle éminent qu’elle joue dans la
désignation d’artistes envoyés en Espagne à la Casa
Vélasquez pour y travailler à l’abri de tous soucis matériels,
pendant un ou deux ans.
Dossier
Mal perçus, mal diffusés, certains artistes de valeur se détournent
de ce domaine artistique peu valorisé, pour s’exprimer à travers
d’autres disciplines mieux soutenues.
Ci-dessus : Jean-Marie Granier,
Figures paranomase 1,
1977.
A droite : Albert Decaris,
Christophe Colomb mis aux fers à Saint-Domingue,
burin, 1956,
1,2,3 5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,...17
Powered by FlippingBook