Printemps 2009 - page 6-7

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ossier
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M
IROIR
MAGIQUE
»
Depuis que l’apparition de l’idée du « Musée imaginaire » a pu nous
convaincre que l’inventaire des œuvres du passé était pratiquement
établi et que nous avions maintenant une idée assez complète de
la création sculpturale du monde entier depuis les origines, nous
aurions pu croire que nous nous trouvions maintenant dans une épo-
que toute nouvelle et qu’il fallait oublier tout ce passé encombrant
et même le détruire si on pouvait, dans la pensée, certes naïve, que,
comme la science, l’art pouvait progresser et donc se trouver un
moment dépassé et mis au rebut.
Tout ce que nous pouvons voir maintenant de la vie artistique, grandes
expositions, rétrospectives, engouements pour les musées, nous
prouve abondamment le contraire et nous confirme que la sculpture
n’est pas seulement l’expression d’une époque, d’une civilisation, d’un
moment exceptionnel, mais tout simplement un langage universel.
Ce langage est le même depuis toujours dans sa syntaxe et sa rhéto-
rique, depuis les masques animistes africains, les gardiens furieux
des temples japonais, les envolées mystiques du Baroque jusqu’aux
déploiements géométriques de Pevsner.
Le groupe des sculpteurs de l’Académie des Beaux-Arts montre, dans
sa diversité, un peu de l’universalité de ce langage capable, après
30 000 ans de service, de continuer à inventer et à nous proposer le
«miroir magique» de ce que nous sommes.
Claude Abeille
, membre de la section de Sculpture
Albert Féraud,
Sans titre
, dans l’atelier, 1995.
Photo François Galinier
culptures
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