Printemps_2003 - page 2

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Lettre
de
l'
ACADEMIE
des
BEAUX-ARTS
I N S T I T U T
D E F R A N C E
C
e numéro de l a
Lettre de
l’Académie des Beaux-Arts
nous offre à nouveau l’occasion de
faire plus ample connaissance avec quelques-uns des
membres récemment élus dans nos différentes sections :
nous vous proposons, dans ce dossier, de rencontrer l’archi-
tecte Yves Boiret et le musicien Jacques Taddei, qui ont
rejoint notre Compagnie et répondent aux cinq questions,
désormais traditionnelles, posées à chaque nouvel arrivant.
Bien souvent, l’Académie des Beaux-Arts est amenée à
réfléchir et à prendre position sur certaines questions qui
agitent aujourd’hui le monde des arts. Le problème des
droits d’auteurs en matière artistique est au cœur de nos
préoccupations, et notre réflexion a débouché sur l’émis-
si on d’un vœu, rédigé par notre confrère Laurent
Petitgirard, membre de la section de Composition musi-
cale, et que nous publions dans ces colonnes. Puisse-t-il
contribuer à l’élaboration d’une solution à ce problème qui
concerne tous les artistes.
Lors de son récent séjour en France, Vladimir Poutine a
honoré l’Institut de France de sa visite. Nous vous rendons
compte de cet événement à travers le discours que notre
secrétaire perpétuel Arnaud d’Hauterives prononça à cette
occasion, célébrant les rapprochements artistiques qui
se sont manifestés entre nos deux cultures au fil des siècles.
Nous avons eu le plaisir de recevoir sous la Coupole le
peintre Jean Cortot, et de nouvelles élections nous ont
permis d’accueillir parmi nous François-Bernard Mâche
dans la section de Composition musicale, et Hugues Gall
dans la section des Membres libres.
LETTRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS •
Directeur de la publication :
Arnaud d’Hauterives •
Conception générale, rédaction et coordination
:
Nadine Eghels •
Conception graphique
: claude matthieu pezon • Imprimerie CL2 • ISSN 1265-3810 •
Photos
: pages 1, 4 et 16 : Michel Jacquelin / pages
3, 5, 9, 11, 12 et 13 : droits réservés / page : Jacques Peg / pages 10, 14 et 15 : Brigitte Eymann •
Académie des Beaux-Arts
23, quai de Conti 75006 Paris
sommaire
*
page 2
Editorial
*
page 3
Réception sous la Coupole :
Jean Cortot
*
pages 4 à 8
Dossier : Nouvellement élus
*
page 9
Confusions autour du droit d’auteur,
par Laurent Petitgirard
*
page 10
Communication : La redécouverte du
chant grégorien, par Jean Foyer
*
page 11
Communication : Créer un jardin en
Touraine, par Béatrice de Andia
*
page 12
Communication : L’autoportrait,
par Pascal Bonafoux
*
page 13
Communication : Faut-il reconstruire
les Tuileries ? par Alain Boumier
*
page 14
Visite du Président Poutine
à l’Institut de France
*
page 15
Prix de sculpture
Paul-Louis Weiller 2003
Décoration / Elections
*
page 16
Calendrier des académiciens
Editorial
E
lu membre de la section de peinture le mercredi 28
novembre 2001, au fauteuil d’Olivier Debré, Jean Cortot
est né en Egypte, à Alexandrie, en 1925.
Elève d’Othon Friesz à la Grande Chaumière, il fait partie dès
1943 du groupe l
Echelle qu’il a contribué à fonder avec Busses,
Calmettes, Patrix et quelques autres camarades d’atelier et
qui expose jusqu’en 1948. A cette date lui est attribué le Prix de
la Jeune Peinture, suivi en 1954 du Prix de l’Union
Méditerranéenne pour l’Art moderne de Menton.
Son œuvre est riche d’un demi-siècle de peinture ; elle aborde
des thèmes à travers lesquels le
peintre décline les variations
d’une invention graphique excep-
tionnelle. Après les œuvres de
jeunesse d’inspirations diverses,
voilà des
Variations sur le chan -
tier naval de la Ciotat
(1947-
1950), les
Paysages de l’Ardèche,
Natures mortes
(1955-1956),
Variations sur la table du peintre, Série des villes
(1957-1958),
Série d’Antiques
(1962),
Série des Combats,
d’où découle celle
des
Ecritures
(1967) qui se poursuit pendant une longue
période. À partir de 1974, les écritures se font lisibles ; c’est la
série des
Tableaux-poèmes
et des
Poèmes épars.
La curiosité de l’artiste va également l’amener à faire des incur-
sions dans d’autres domaines que la peinture, et à dépasser cer-
taines frontières entre les arts.
De 1951 à 1956, huit tapisseries sont tissées à Aubusson sur
ses cartons, en 1988 deux tapis. Il exécute quelques travaux gra-
phiques, notamment des Télécartes et Tableaux-téléphones,
affiches, etc. Il réalise aussi plusieurs décorations murales entre
autres à Toulouse, Bordeaux, Libourne, Paris.
Son goût prononcé pour les lettres et la philosophie le conduit
à illustrer de nombreux ouvrages littéraires parmi lesquels, en
1965, son premier livre édité chez Maeght,
La charge du roi
de
Jean Giono ; en 1989,
Ouest-Est
de Michel Déon ou encore des
œuvres poétiques de Jean Tardieu, Louise Labé, Yeats et bien
d’autres encore. Plus de soixante-dix ouvrages, livres manuscrits,
manuscrits, peints, imprimés ou gravés : au fil des années une
œuvre unique s’est créée, fondée sur une étonnante symbiose
écriture-peinture.
“Si l’écriture est un dessin, selon Jean Cortot, chez lui elle
n’est pas que cela ; elle est le révélateur au sens photographique
du terme qui signifie transformer une image latente en image
visible” écrit Pierre Cabanne
u
C’est qu’entre-temps, vous avez su
donner à votre œuvre une inflexion si
originale que tous les travaux que je viens
d’énumérer brièvement en les décrivant
s’en trouvent justifiés et semblent entrer
dans une ligne pour ainsi dire logique.
Pourtant, nous savons bien, nous autres
artistes, que les tâtonnements sont des
plus précieux. “Une œuvre est faite d’une
quantité de choses qu’on ne connaît pas”
m’avez-vous dit avec cette humilité que je
sais sincère, à quoi vous avez ensuite
ajouté, comme si c’était là que résidait
l’une des leçons les plus précieuses,
encore que jamais acquises : “il ne faut
pas avoir peur de la répétition, c’est là
qu’on peut faire des progrès… Et par
ailleurs, on ne sait pas”.
Extrait du discours prononcé
par Guy de Rougemont
Jean
Cortot
Réception
sous
la
Coupole
Le mercredi 11 décembre
2002, Jean Cortot, élu
membre de la section de
Peinture, était reçu par
son confrère
Guy de Rougemont.
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