Printemps_2003 - page 8

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Ci-contre à gauche : œuvre de
Jürgen Lingl-Rebetez, troisième prix.
Ci-dessous : Mathieu Gaudric, deuxième prix,
entouré des membres du jury et de la famille Weiller.
En bas : œuvre de Jürgen Stimpfig, Grand Prix.
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Prix
et
concours
S
ur 168 candidats inscrits, 155 ont
déposé un portrait sculpté, parmi
lesquels 62 artistes étrangers
représentant 27 pays (Allemagne,
Belgique, Bulgarie, Canada, Chine,
Colombie, Corée, Croatie, Espagne,
Etats-Unis, Grande-Bretagne, Grèce,
Hollande, Italie, Iran, Israël, Japon,
Liban, Pérou, Pologne, Russie, etc.).
Le
Grand Prix
, d'un montant de
15 245 euros
, destiné à un sculpteur
sans limite d'âge, a été attribué à
Jürgen Stimpfig,
de nationalité
allemande.
Le
deuxième prix
, d'un montant de
6 861 euros
, destiné à un artiste de
moins de 40 ans au 1
er
janvier 2003,
a été décerné à
Mathieu Gaudric,
de nationalité française.
Le
troisième prix
, d’un
montant de
3 812 euros,
également destiné à un artiste
de moins de 40 ans au
1
er
janvier 2003, a été décerné
à
Jürgen Lingl-Rebetez,
de
nationalité allemande.
Les deux autres prix, dits
“Prix
spéciaux du jury
”, destinés à un
sculpteur n’ayant pas atteint 30 ans
au 1
er
janvier 2003, d’un montant de
2 287 euros,
chacun, ont été
attribués à
Yves Lacroix
et à
Mathias Mongin,
de
nationalité française.
Outre celles de ces cinq artistes
récompensés, 20 œuvres, dont trois
d’artistes étrangers ou d’origine
étrangère représentant 5 pays
(Bulgarie, Cap Vert, Hollande,
Belgique et Pologne), ont été retenues
pour participer à l'exposition qui s’est
tenue du 14 au 21 mars,
salle Comtesse de Caen.
Prix de portrait en sculpture
Paul-Louis Weiller
2003
Actualités
{...}
Les figures les plus marquantes de l’art français ont illus-
tré l’histoire de l’Académie, et il est bien embarras-
sant de ne retenir que quelques membres des différentes sections
qui la composent : je citerai cependant les peintres Le Brun,
Watteau, David, Delacroix, Ingres, Moreau, Vuillard, les compo-
siteurs Lully, Berlioz, Fauré, Messiaen, les sculpteurs Houdon,
Barye et Landowsky, d’illustres architectes, tels Le Vau (à qui nous
devons la partie ancienne du Palais qui nous accueille aujourd’hui,
en particulier la Coupole et la façade), Hardouin-Mansart (un des
principaux artisans de la construction du Château de Versailles,
de la place Vendôme, de la Chapelle des Invalides), Perrault
(l’auteur de la colonnade du Louvre), Gabriel (le concepteur de la
place de la Concorde), Chalgrin (qui conçut l’Arc de Triomphe),
Garnier (dont notre Opéra garde le nom), mais également des gra-
veurs et, depuis la création d’une section dévolue au septième art
en 1985, des cinéastes tels Marcel Carné ou Henri Verneuil. Tous
ont contribué, et contribuent encore de nos jours à la grandeur et
au rayonnement de l’art français.
Mais venons-en à l’évocation de ces liens si riches qui unissent
nos deux pays dans le domaine des arts. Au XVIII
e
siècle, les aca-
démies ont constitué une véritable “République des Arts” dans
l’Europe des Lumières, échangeant une correspondance officielle,
nommant comme membres honoraires les artistes réputés des
autres académies, accueillant les artistes étrangers qui voyageaient
pour leur formation ou pour répondre à des commandes. C’est la
visite à Paris du Tsar Pierre I
er
en 1717, dont un magnifique sou-
venir a été laissé par le portrait réalisé par Nattier, conservé
aujourd’hui avec tant d’autres chefs d’œuvre français au Musée
de l’Hermitage, qui donna le coup d’envoi des nombreux échanges
artistiques entre nos deux pays. Une autre date déterminante fut
la création de l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg
en 1757 sous le règne d’Elisabeth. On eut alors recours à des archi-
tectes, sculpteurs et peintres français pour y enseigner. Dès 1760,
les peintres Bajenov et Losenko furent envoyés en France pour
étudier à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, et à partir
de 1764, les statuts de l’Académie de Saint-Pétersbourg pres-
crivirent l’envoi régulier pour trois ans de douze artistes, soit à
Rome, soit à Paris. De 1760 à 1789, une quarantaine d’élèves
russes bénéficièrent ainsi de l’enseignement dans les ateliers des
artistes français professeurs à l’Académie royale.
Il nous faut encore évoquer, dans l’histoire artistique du
Siècle des Lumières, le “Cavalier de bronze” du sculpteur fran-
çais Etienne-Maurice Falconet, statue équestre de Pierre le Grand
dressée à Saint-Pétersbourg, et commandée par Catherine II.
La ville fondée par Pierre I
er
accueillit d’ailleurs plusieurs autres
architectes et sculpteurs français, tels Jean-Baptiste Leblond,
Thomas de Thomon, qui apportèrent un certain goût classique
français sur les bords de la Néva.
A la fin de ce siècle brillant, Elisabeth Vigée Le Brun, l’auteur
des célèbres portraits de Marie-Antoinette, passa six ans en Russie,
fuyant la tourmente révolutionnaire française. Elle peignit là
certains de ses plus beaux portraits.
Citons enfin Auguste deMontferrand, qui érigea en 1834, à Saint-
Pétersbourg encore, la colonne d’Alexandre I
er
, plus haute que la
colonne Vendôme érigée à Paris à la gloire d’un autre empereur…
Les liens artistiques noués de façon si éclatante ne se sont depuis
lors pas distendus, et notre Académie a accueilli de nombreux
artistes russes, en tant qu’associés étrangers ou correspondants ; je
ne citerai ici que les musiciens Rimsky-Korsakov et Dimitri
Chostakovitch. Aujourd’hui encore, d’illustres artistes russes hono-
rent notre Compagnie, tels le grand violoncelliste Msistlav
Rostropovitch, le peintre Tahir Salakhov, ou notre confrère et ami
le sculpteur Zurab Tsereteli, Président de l’Académie des
Beaux-Arts de Russie, que nous avons eu le plaisir de recevoir
l’année dernière en séance plénière, accompagné d’une délégation
d’artistes russes. J’appartiens moi-même à cette Académie et je ne
manque jamais une occasion de me rendre en Russie car je suis
très attaché à cette distinction.
Une cause m’est très chère, beaucoup ici le savent : c’est l’avenir
de notre Compagnie, qui sera assuré par une plus grande ouver-
ture. Ouverture à d’autres respirations artistiques, à d’autres formes
d’expression qui ne sauraient être ignorées longtemps encore sans
nous faire courir le risque du repli sur nous-même. Ouverture aussi
vers nos confrères étrangers ; ma brève évocation de nos illustres
prédécesseurs nous aura, je l’espère, convaincus de l’urgence qui
s’impose à nous : multiplions les occasions de rencontres, d’échanges
fructueux avec les artistes russes. Notre riche passé commun nous
y invite, comme nous le rappellera encore la célébration du tri-
centenaire de la ville de Saint-Pétersbourg ; votre présence parmi
nous aujourd’hui, Monsieur le Président, nous encourage à tou-
jours renforcer ces liens et à construire ensemble cette République
des Arts chère aux hommes des Lumières
u
Décorations
Antoine Poncet
, membre de la section
de Sculpture, a été fait chevalier des
Palmes Académiques
Elections
Au cours de sa séance du 18 décembre
2002, l’Académie des Beaux-Arts a élu
Hugues Gall,
dans la section des
Membres libres au fauteuil de Daniel
Wildenstein et
François-Bernard
Mâche
dans la section de Composition
musicale au fauteuil de Yannis Xenakis.
Récompenses
Triomphe pour notre confrère
Roman
Polanski
dont le film
The Pianist
a
obtenu, parmis d’autres récompenses
internationales, sept Césars et trois Oscars
à Hollywood.
Erratum
En page 3 de la
Lettre
n°31, dans l’article
consacré à Yves Millecamps, il fallait lire :
“En 1954, à Saint-Céré, il rencontre
Jean Lurçat qui l’encourage très vivement
à créer des cartons de tapisserie.
Sa première tapisserie tombe de métier
(1)
en 1956.”
(1)
Lorsque le tissage d’une tapisserie est
terminé, la chaîne des fils est coupée, et la
tapisserie tombe du métier, avant d’être
remise aux “couseuses”, chargées de
coudre toutes les petites fentes situées
entre les différentes zones tissées.
Extrait du discours prononcé
par Arnaud d’Hauterives, Secrétaire
perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts,
à l’occasion de la visite de
Vladimir Poutine, Président de la
Fédération de Russie, le 11 février dernier.
France
-Russie :
des
liens artistiques
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