Printemps_2004 - page 3

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lu le mercredi 18 décembre 2002,
membre de la section de Composition
musicale, au fauteuil précédemment occupé par Iannis Xenakis, François-Bernard
Mâche est né le 4 avril 1935 à Clermont-Ferrand dans une famille de musiciens
depuis trois générations.
En 1955, il entre à l’Ecole normale supérieure de Paris, où il étudie les lettres classiques
et l’archéologie. Il est diplômé d’archéologie grecque (1957), agrégé de lettres (1958). Puis
il entre au Conservatoire de Paris dans la classe d’Olivier Messiaen ; il remporte un prix de
philosophie de la musique en 1960. En 1961, il est nommé
professeur de littérature classique.
Membre fondateur du
Groupe de Recherches Musicales de Pierre Schaeffer (1958-
1963), professeur invité dans de nombreux pays, il s’intéresse
à la poésie grecque contemporaine ; plusieurs de ses œuvres
sont inspirées de la mythologie grecque. En matière de com-
position, François-Bernard Mâche adhère aux méthodes expé-
rimentales. En 1980, il obtient un doctorat d’Etat en musico-
logie pour sa thèse sur les modèles de musique nouvelle.
En 1983, il est nommé professeur de musicologie à l’Université de Strasbourg II.
Actuellement, il est directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.
Parallèlement à sa carrière internationale de compositeur - son répertoire compte plus
de 80 titres -, il est aussi l’auteur d’ouvrages et de nombreux articles théoriques.
De nombreuses récompenses lui sont attribuées : le Prix de la Biennale de Paris (1963),
Prix Enesco de la Sacem (1964), Prix Italia (1977), Prix Chartier de l’Académie des Beaux-
Arts (1984), Grand Prix National de la Musique (1988). Il a obtenu en 1998 le Prix Rossini
de l’Académie des Beaux-Arts. Enfin, il a reçu le Grand Prix de la musique symphonique
de la Sacem. Parmi ses dernières œuvres, citons :
Athanor
pour 10 instruments (1991) ;
Hiérogamie
pour flûte piccolo et percussion (1993) ;
Cassiopée II
pour chœur mixte et
2 percussions (1998) ;
Les 12 lunes du Serpent : Le printemps du serpent
pour percus-
sions, pianistes et sons enregistrés (2001) :
Achéron
pour piano et 1 percussion (2002).
Il est Commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres.
C’est Françoise Xénakis qui a remis son épée d’académicien à François-Bernard Mâche
à lissue de la séance sous la Coupole. Cette épée est une création originale alliant, à la
demande du compositeur, outre les matériaux usuels des sculpteurs (résine, bronze,
etc.), un élément inattendu (la lame est remplacée est remplacée par un rostre d’espa-
don) et un objet de haute technologie (un lecteur de puce MP3).
Extrait du discours prononcé par Laurent Petitgirard
Evoquant par la langue ou la sonorité la Nouvelle-Guinée, Java, Sumer,
l’étrusque et le gaulois, le hittite et le guayaki, le xhosa ou l’eskimo, votre œuvre
est la relation saisissante et colorée de vos voyages à travers le temps et l’espace.
Vous parlez au monde et le monde vous parle, bruissement poétique d’une irréductible
singularité que vous savez recueillir et réinventer.
Il se dégage de votre œuvre une constante de poésie et de tendresse, quelle que soit la
sophistication des moyens techniques que vous ajoutez aux instruments traditionnels.
De même, votre immense érudition vous sert essentiellement à vous rapprocher de
civilisations méconnues et de langages oubliés. C’est cette dimension d’humilité et de
rêve qui rend votre art si particulier.”
François-Bernard
Mâche
Réception
sous
la
Coupole
Le mercredi 3 mars 2004,
le compositeur
François-Bernard Mâche,
était reçu par son confrère
Laurent Petitgirard,
membre de la section de
Composition musicale.
Extrait du discours prononcé
par François-Bernard Mâche
La Grèce, chez Xenakis, n’était
pas seulement la naissance de toute
notre civilisation :
Hippocrate et
l’humanisme, Platon et le questionne-
ment. C’était aussi toute une part
d’ombre assumée : l’homophagie des
rites dionysiaques où les ménades en
transe dévoraient des chevreaux
vivants, ces rites dont les Anastenaria
offrent un fascinant prolongement
jusqu’à nos jours ; ou encore l’Apollon
lycien d’Arcadie, un dieu-loup accep-
tant jusqu’au temps de Périclès les
sacrifices humains ; et dans le mythe,
les Titans en révolte contre le règne de
l’esprit imposé par Zeus, ou les
Amazones en révolte contre l’ordre
social masculin. C’est d’ailleurs dans
sa phase dite archaïque qu’il admirait
le plus cette naissance grecque.
Les présocratiques par exemple plutôt
qu’Aristote, et Eschyle plutôt
qu’Euripide.
Des citations quasi-
obsessionnelles de ce moment inaugu-
ral de la pensée grecque reviennent
souvent chez lui, notamment l’apho-
risme de Parménide : “penser et être
ne font qu’un”. Ce n’était pas seule-
ment pour lui le cogito bien avant
Descartes, c’était l’affirmation de la
dimension primordiale de la pensée,
avec en arrière-plan l’espoir lointain
de changer le monde en changeant les
fondements mêmes de cette pensée,
jusqu’à voyager peut-être dans le
temps en déconstruisant l’illusion sur
laquelle repose cette catégorie men-
tale, jusqu’à revoir peut-être, comme
Ulysse dans le rite de la Nekuïa,
l’ombre insaisissable de la mère dispa-
rue, ou jusqu’à changer le cours de la
guerre civile où il avait brutalement
perdu sa jeunesse.”
L
ors de la séance du 17 mars 2004, Francine Mariani-
Ducray est venue nous entretenir de la réforme de la
Réunion des musées nationaux.
Jean-Jacques Aillagon, alors Ministre de la culture et de la com-
munication, a engagé une importante réforme des musées natio-
naux et de la Réunion des musées nationaux (RMN), dont il a pré-
senté le plan en Conseil des ministres le 4 juin 2003.
Cette réforme met fin à l’union institutionnelle de la Direction
des musées de France (DMF) et de la RMN, et donne sa pleine
autonomie de gestion à l’établissement public industriel et com-
mercial, la DMF assurant désormais une mission classique de tutelle.
Soucieux de l’équilibre économique et de l’efficacité de la
RMN, le Ministre a par ailleurs confirmé les missions de l’éta-
blissement public : la RMN est l’éditeur naturel des musées natio-
naux, leur diffuseur et l’organisateur majeur de leurs expositions.
Opérateur principal du ministère de la culture et de la
communication dans ce domaine, elle assure l’organisation
directe des expositions des Galeries nationales du Grand Palais,
la co-organisation avec les musées nationaux pour les exposi-
tions sur les sites tels que le musée du Louvre, le musée d’Orsay
et le musée national du château de Versailles, ainsi que
l’organisation d’expositions produites en partenariat avec des
collectivités territoriales et des institutions étrangères.
Confirmée dans ses fonctions d’administrateur général de
la RMN, où elle avait été nommée à compter du 1
er
octobre
2002, Sophie Aurand assure à ce titre la gestion de l’établis-
sement public.
La réforme de
la Réunion des
musées nationaux
Décorations
et distinctions
Roman Polanski
,
membre de la section des créations
artistiques dans le Cinéma et l’Audiovisuel, a été fait Docteur
Honoris Causa de l’Université de Bucarest et de l’Université
de la Sapienza de Rome.
Pierre Schœndœrffer
,
membre de la section des créations
artistiques dans le Cinéma et l’Audiovisuel, a été promu
Commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur.
Jean-Louis Florentz
a reçu le 6 mai le Grand Prix Lycéen
des compositeurs pour son œuvre
L'Anneau de Salomon.
Publications
Une monographie consacrée à
Pierre-Yves Trémois
,
membre de la section de Gravure,
est à paraître aux éditions de Fallois,
début juin 2004.
Actualités
Séance
commune
en l’honneur de
l’Académie Roumaine
L
e 10 mars dernier, l’Académie des Beaux-Arts, l’Académie
des Inscriptions et Belles Lettres, l’Académie des Sciences
Morales et Politiques ont tenu une séance commune en
l’honneur de l’Académie Roumaine, présidée par Eugen Simion,
sur le thème :
La préservation du patrimoine culturel roumain.
Après l’allocution d’ouverture prononcée par Arnaud
d’Hauterives, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-
Arts, différentes communication se sont succédées.
Razva Theodorescu
,
Ministre de la Culture et des Cultes,
Membre de l’Académie Roumaine :
Un noyau étatique européen :
la Bucovine.
Alain Besançon
,
membre de l’Académie des
Sciences Morales et Politiques :
Introduction à l’histoire de la
Roumanie.
Dan Berindei
, Président de la section Sciences his-
toriques et Archéologie de l’Académie Roumaine :
Les Roumains
et la Bucovine.
François Chamoux
,
membre de l’Académie des
Inscriptions et Belles Lettres :
La coopération franco-roumaine
en matière d’archéologie classique.
Thérésa Sinigalia
,
Directrice
de l’Institut National des Monuments historiques :
La restaura-
tion du patrimoine artistique de Bucovine.
Enfin, le Professeur
Eugen Simion
, Président de l’Académie roumaine, a clos cette
séance en exprimant ses remerciements.
Arnaud d’Hauterives, Secrétaire perpétuel de l’Académie,
et Francine Mariani-Ducray, le 17 mars dernier.
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