Printemps_2012 - page 2-3

De gauche à droite : Françoise Bonnot, veuve d'Henri Verneuil,
Régis Wargnier, le Ministre de la culture Frédéric Mitterrand,
Alain Delon et Marc Ladreit de Lacharrière (
photo Brigitte Eymann
).
à gauche : Régis Wargnier sous la Coupole de l'Institut (
photo
Juliette Agnel
)
et, ci-dessus, présentant son épée, accompagné de
Stéphane Richard, PDG de France Télécom et Président du Comité
de l'épée), Catherine Deneuve et du Secrétaire perpétuel Arnaud
d'Hauterives (
photo Brigitte Eymann
).
sommaire
*
page 2
Editorial
*
page 3
Réception sous la Coupole : 
Régis Wargnier
*
pages 4, 5
Exposition : 
« Berthe Morisot »
au Musée Marmottan Monet
*
pages 6 à 27
Dossier : 
« Le design, un art appliqué »
*
page 28
Actualités : 
Le « mini-site » du
dossier de la Lettre
Distinctions
Publication
*
pages 28, 29
Hommages : 
Antoni Tàpies
Pierre Schœndœrffer
*
pages 30, 31
Communications : 
« La biologie, l’art
et les molécules »
Par François Gros
« Symbolique de la main
dans l’art paléolithique »
Par Claudine Cohen
*
page 32
Calendrier
des académiciens
Lettre
de
l’
Académie
des
Beaux-Arts
i n s t i t u t d e F r a n c e
Lettre de l’Académie des beaux-arts •
Directeur de la publication
 : Arnaud d’Hauterives •
Comité de rédaction
 : délégué Paul-Louis Mignon ;
membres : Yves Millecamps, Claude Abeille, Yves Boiret, Aymeric Zublena, Louis-René Berge, François-Bernard Michel, Michaël Levinas, Lucien Clergue
Conception générale, rédaction et coordination
 : Nadine Eghels •
Conception graphique, réalisation
 : Claude-Matthieu Pezon •
Impression
  : Belzica Imprimerie
Frazier • ISSN 1265-3810 •
Académie des Beaux-Arts 23, quai de Conti 75006 Paris
http : //www.academie-des-beaux-arts.fr
2
|
| 3
Depuis toujours, à travers le regard lumineux
de vos interprètes et la musique qui rythme le
jour, la nuit, la mer, vous ne posez en définitive qu’une
question : d’où vient la grâce ? Belle question qui parcourt
votre œuvre et à laquelle vous allez peu à peu apporter ses
éléments de réponse.
D’où vient la grâce ?
Il y a bien évidemment celle des femmes de votre
vie, vos interprètes. Dominique, Jane, Catherine,
Emmanuelle, Sandrine, Kristin, Rachida, autant d’actrices
exceptionnelles qui comptent parmi les plus belles du
cinéma français et dont vous avez su sublimer le talent et
l’insolente féminité, grâce à votre sensibilité et votre finesse.
Ces qualités de direction et de mise en scène, comment ne
pas les mettre en parallèle avec cet autre métier que vous
admirez tant, celui de chef d’orchestre ? Comme lui,
« vous devez séduire, convaincre, fédérer, veiller aux détails
et aux grandes courbes ». La musique vous accompagne, et
c’est là aussi source de grâce. »
Extrait du discours de
Marc Ladreit de Lacharrière
DESIGN, le vocable a été attribué
en 1849 à Sir Henri Cole, éditeur
du 
Journal of Design and Manufacture
lors de l’Exposition universelle de
Londres en 1851. D’autres termes l’ont accompagné depuis près de
deux siècles, art décoratif, art nouveau, art déco... Il est donc question
d’art et la
Lettre de l’Académie des Beaux-Arts
 est portée à s’interroger
sur cette discipline.
Dans l’essor industriel galopant du XIX
e
siècle, Cole, William Morris
et leurs pairs s’inquiétaient de la banalisation de l’environnement de
l’humanité par la standardisation des instruments de la vie quoti-
dienne. En introduisant une dimension artistique dans la conception
d’objets utilitaires, ils entendaient rendre la vie de chacun plus
agréable au jour le jour.
En 1919, dans le manifeste de l’architecte, designer et urbaniste alle-
mand Walter Gropius, fondateur et animateur du célèbre Bauhaus,
l’appel était lancé : « Créons une nouvelle corporation d’artisans sans
les distinctions de classe qui construisaient une barrière arrogante entre
l’artisan et l’artiste ». Entouré de nombreux artistes, parmi lesquels des
peintres aussi éminents que Paul Klee et Wassily Kandinsky, il proposait
une œuvre d’art totale, conjuguant les arts et les techniques, intégrant
les données économiques, à la manière des bâtisseurs de cathédrales.
En France, vers 1900, l’architecte Hector Guimard, représentant
majeur de l’Art nouveau, avait déjà conçu une œuvre globale, ornant
dans leurs moindres détails ses projets d’habitat ou imaginant l’entrée
des métros parisiens. A partir de 1925, Le Corbusier se révélera adepte
du « ripolinage » des murs pour atteindre au dépouillement d’une
pureté de formes.
Au sein même de l’actuelle Académie des Beaux-Arts, Pierre Cardin,
dessinant du mobilier à l’originalité novatrice, et Guy de Rougemont,
inscrivant dans l’espace urbain ses longues colonnes aux motifs colorés,
incitent à une réflexion. Devenu professionnel vers 1950, le design
relève-t-il des beaux-arts ? Vaste question que, sans prétendre l’épuiser,
nous abordons dans cette
Lettre
.
E
ditorial
Le mercredi 1
er
février 2012, Régis Wargnier, élu dans
la section des Créations artistiques dans le cinéma et
l’audiovisuel le 4 avril 2007 au fauteuil précédemment
occupé par Henri Verneuil (1920-2002), était reçu à
l'Académie des Beaux-Arts par son confrère Marc Ladreit
de Lacharrière, sous la Coupole de l’Institut de France.
R
éception
sous la
C
oupole
R
égis Wargnier est né en 1948. Après une licence de
lettres classiques et une maîtrise de grec, il ouvre un
atelier de photographie. Sa rencontre avec Claude
Chabrol est déterminante ; il effectue avec lui son premier
stage sur le tournage de
La décade prodigieuse
. Il devient
alors tour à tour assistant metteur en scène, assistant à la
caméra puis régisseur général.
Par l’intermédiaire de Michel Picccoli, il rencontre Francis
Girod avec lequel il collabore pour les films
L’état sauvage,
La banquière, Le grand frère, Le bon plaisir.
Il travaille
en même temps avec des réalisateurs étrangers tels que
Valerio Zurlini, Volker Schlöndorff, Margarethe Von Trotta
ou Andreï Tarkovsky.
En 1986 il réalise son premier film,
La femme de ma vie,
récompensé par le César de la première œuvre. En 1989
vient l’adaptation de l’ouvrage de Susan Hill,
Je suis le
seigneur du château
. Mais c’est avec
Indochine
, en 1992, que
Wargnier accède à la notoriété internationale : le film reçoit
l’Oscar et le Golden Globe du meilleur film étranger.
En 1995,
Une femme française
obtient le Prix de la mise en
scène au festival de Moscou. En 1999,
Est-Ouest,
racontant
la vie d’une famille dans la Russie stalinienne est plébiscité
par la critique française et internationale : le film reçoit « Les
étoiles de la presse » ainsi que les prix du public au Festival
de Miami et de Santa Barbara.
Man to man
, en 2002, pose la
question de l’intolérance en une vaste fresque historique.
Avec
Pars vite et reviens tard
(qui reçoit le prix du New
York Police Department), adaptation d’un livre de Fred
Vargas, le réalisateur aborde le polar pour la première fois
en 2007. Régis Wargnier a également réalisé des documen-
taires,
Liban année
z
éro
et deux films sur le sport,
Cœurs
d’athlètes
et
D’or et d’argent 
; il poursuit son incursion
dans l’univers de la compétition sportive en 2011 avec la
réalisation de son dernier long-métrage,
La Ligne droite.
De 2006 à 2008, il a été président du « Fonds Sud »,
organisme étudiant les demandes d’aide à la production
provenant des pays émergents. Il fait partie depuis 2009 du
comité de pilotage de la Fondation « Culture et diversité »
créée par Marc Ladreit de Lacharrière, qui a pour but de
favoriser l’accès des jeunes de l’éducation prioritaire aux arts
et à la culture.
u
Régis
Wargnier
1 4-5,6-7,8-9,10-11,12-13,14-15,16-17,18-19,20-21,22-23,...32
Powered by FlippingBook