élections à l'Académie des beaux-arts

Diébédo Francis Kéré et Jean Claude Gandur élus membres associés étrangers de l’Académie des beaux-arts

Au cours de sa séance plénière de ce mercredi 13 mai 2026, l’Académie des beaux-arts a élu Diébédo Francis Kéré et Jean Claude Gandur en tant que membres associés étrangers, aux fauteuils respectivement occupés précédemment par SA Karim Aga Khan IV (1936-2025) et Léonard Gianadda (1935-2023).

Les membres associés étrangers sont élus parmi des artistes ou personnalités étrangères contribuant par leur action à promouvoir la création artistique dans le monde. Conformément aux statuts de l’Académie, ces élections ont préalablement été soumises pour avis au Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Elles seront approuvées par décret de Monsieur le Président de la République, protecteur de l’Académie.

L’Académie comptera ainsi désormais 13 membres associés étrangers : S.M.I. Farah Pahlavi, Woody Allen, SA la Cheikha Mozah, Sir Norman Foster, Philippe de Montebello, Antonio Lopez Garcia, Jiří Kylián, William Kentridge, Giuseppe Penone, Annie Leibovitz, George Benjamin, Diébédo Francis Kéré et Jean Claude Gandur.

 


Diébédo Francis Kéré

Diébédo Francis Kéré est né en 1965 à Gando, au Burkina Faso. Premier enfant de son village à être scolarisé, il quitte très jeune son pays pour poursuivre ses études en Allemagne, où il se forme à l’architecture à la Technische Universität Berlin. C’est durant ses études qu’il initie son projet fondateur : la construction d’une école primaire dans son village natal de Gando. Achevé en 2001, ce bâtiment, conçu avec des matériaux locaux et des techniques adaptées au climat sahélien, reçoit en 2004 le prestigieux Aga Khan Award for Architecture, révélant son approche innovante et engagée. À travers son agence Kéré Architecture, fondée à Berlin, Francis Kéré développe une architecture à la croisée du social, de l’écologique et du culturel. Ses projets, réalisés au Burkina Faso, au Mozambique, au Kenya mais aussi en Europe, aux États-Unis et en Asie, se distinguent par leur capacité à répondre aux besoins des communautés locales tout en valorisant les savoir-faire traditionnels. Il a notamment réalisé plusieurs établissements scolaires, médicaux et des édifices parlementaires parmi lesquels nous pouvons citer l’ensemble de bâtiments pour le Parc national de Bamako en 2010, le lycée Schorge au Burkina Faso en 2016, le pavillon Serpentine à Londres en 2017 et le Start up Lions Campus au Kenya en 2021. Son travail a été couronné en 2022 par le Prix Pritzker, faisant de lui le premier architecte africain à recevoir cette récompense. Parallèlement à ses réalisations, Francis Kéré s’engage dans l’enseignement et la transmission, occupant des postes dans plusieurs institutions prestigieuses à travers le monde. Il a par ailleurs été chargé par l’Unesco de constituer un musée virtuel du patrimoine mondial menacé.


Jean Claude Gandur

Jean Claude Gandur est un homme d’affaires, mécène et philanthrope suisse. Né en 1949, il suit des études en droit et en sciences politiques à l’Université de Lausanne ainsi qu’en histoire à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à Paris. En 1987, il fonde sa propre société, le Groupe Addax et Oryx (AOG). Il amène rapidement le groupe à se diversifier - du négoce pétrolier, à l’amont et aval pétroliers, en passant par les biocarburants - avec la volonté de développer un modèle d’entreprise socialement responsable, respectant les directives de l’ONU et de la FAO. Parallèlement à sa carrière, Jean Claude Gandur constitue depuis plusieurs décennies une importante collection d’art couvrant l’archéologie, les beaux-arts, les arts décoratifs et l’ethnologie. Afin d’en assurer la pérennité et l’accessibilité, il crée en 2010 la Fondation Gandur pour l’Art. Forte de plus de 4 000 œuvres, cette collection est aujourd’hui reconnue à l’échelle internationale. À travers sa fondation, il œuvre à la préservation, à l’étude et à la diffusion du patrimoine artistique, en collaborant régulièrement avec des institutions muséales internationales et en soutenant des projets de recherche et d’exposition. En 2020-2021, la Fondation Gandur s’est associée au Mémorial de Caen pour produire l’exposition « Libération de la peinture, 1945-1962 », suivie en 2023, de l’exposition « Années pop, années choc, 1960-1975 ». En 2023, l’exposition « Éloge de l’abstraction », présentée au Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts, a permis de mettre en lumière les œuvres des sept membres de l’Académie présents dans les collections de la Fondation. En mai 2024, Jean Claude Gandur annonce la création d’un nouveau musée à Caen, à proximité du Mémorial pour la Paix. Ce projet d’envergure, dont l’ouverture est envisagée à l’horizon 2030, s’inscrit dans sa volonté de renforcer l’accès du public à l’art et de contribuer durablement au rayonnement culturel.