Faisant l’objet d’importants travaux de restauration et de réhabilitation depuis 2020, la propriété de Boulogne-Billancourt s’est mue, sous l’impulsion de Laurent Petitgirard, secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, et d’Adrien Goetz, directeur de la Bibliothèque et Villa Marmottan, en une petite « Villa des arts ». Elle accueille désormais chaque année en résidence des chercheurs travaillant sur la première moitié du XIXe siècle ainsi que des artistes de différentes disciplines.
Villa Marmottan - résidences artistiques
Pour la quatrième saison de ce programme, la Villa Marmottan accueillera du 4 septembre 2026 au 30 juin 2027, 5 artistes en résidence. Ils bénéficieront d’un appartement-atelier mis à disposition, d’une bourse de vie mensuelle de 1 500 euros bruts, ainsi que d’une aide à la production.
Madame Hélène Delépine (France), sculpture
Hélène Delépine développe depuis plusieurs années une œuvre basée sur l’observation de son environnement. Les déplacements, points de vue et rapports d’échelle y occupent une place aussi importante que les formes du bâti, fonctionnelles ou à l’état de vestiges, qu’elle interroge et réinterprète en terre cuite. Nourrie de recherches théoriques qui empruntent autant à l’histoire et à l’archéologie qu’à la géologie ou à la cartographie, elle élabore un vocabulaire plastique qui donne vie à un paysage sans hiérarchies ni valeurs préétablies. Hélène Delépine est lauréate du Prix des arts visuels de la Ville de Nantes en 2024 et présente actuellement son travail au « Voyage à Nantes ».
Monsieur Thomas Julliot-Decker (France), dessin
Titulaire d’une agrégation d’arts plastiques, Thomas Julliot-Decker conçoit moins le dessin comme l’image représentée d’un espace que comme un dispositif spatial à part entière qui tire parti des particularités du lieu d’exposition. À la Villa Marmottan, il transformera son temps de résidence en un espace d’enquête et d’imprégnation. En émergera une réflexion dessinée, un dessin-installation autour des strates temporelles qui traversent le site et des différentes personnes qui l’ont fréquenté depuis sa création, en particulier Paul Marmottan. Thomas Julliot-Decker explorera également les dialogues possibles, ou les formes de disjonction, entre la Villa et le territoire dans lequel elle s’inscrit.
Monsieur Mattéo Plassard (France), composition musicale
Tout juste diplômé du Conservatoire national supérieur de Paris en composition musicale, Mattéo Plassard consacrera sa résidence à la Villa Marmottan à l’écriture d’une œuvre pour orgue, qui lui a été commandée par Radio France. Inspirée par le film de Werner Herzog Requiem pour Katia et Maurice Krafft, elle se développera autour de l’image du volcan comme métaphore d’une force intérieure contenue, susceptible de surgir, de se transformer et de se sublimer. Parallèlement à ce travail, fort de ses collaborations avec les poétesses Laura Vazquez et Pauline Picot, il poursuivra ses recherches autour du texte et de la voix avec un nouveau projet destiné à la soprano Karen Vourc’h.
Madame Camille Pozzo di Borgo (France), dessin
Camille Pozzo di Borgo est diplômée de l’École des beaux-arts de Paris et lauréate du prix Pierre Cardin en 2021. Elle nourrit depuis l’enfance une passion pour la nature et la faune, qui l’amène à se concentrer sur l’anatomie animale. Sa pratique repose sur une dissection du sujet par le dessin et les techniques d’impression. En superposant sur une même image différentes temporalités, différentes strates intérieures et extérieures, elle invente de nouvelles chimères. À la Villa Marmottan, elle a l’ambition de réaliser un polyptique de grand format qui croise dessin, pointe sèche et monotype, et rende compte de l’échelle et de la densité du vivant marin : non pas une représentation, mais une présence.
Monsieur Adonis Ferro (Cuba), sculpture
Dans un contexte de difficultés économiques et sociales à Cuba, la Villa Marmottan et la Villa Dufraine coordonnent une action commune d’accueil d’artistes cubains, s’appuyant sur des finalistes repérés lors du jurys de sculpture dans le cadre du programme Fondation Bernard Grau × Cité internationale des arts. La séance plénière de l’Académie des beaux-arts du 25 mars 2026 a ainsi décidé d’accueillir le sculpteur Adonis Ferro.
Villa Marmottan - résidences de la recherche
Initié en 2021, le programme de résidences de recherche de la Villa Marmottan accueillera, pour la promotion 2026-2027, cinq chercheurs travaillant sur l’histoire, les arts et les lettres de la première moitié du XIXᵉ siècle. Deux d’entre eux bénéficieront, du 4 septembre 2026 au 30 juin 2027, d’un appartement mis à disposition et d’une bourse de vie mensuelle de 1 500 euros bruts. Deux autres chercheurs bénéficieront d’une bourse de vie, pour des durées de résidence de cinq mois.
Résidences de 10 mois
Monsieur Quentin Coquillat (France), histoire de l’art
Doctorant de Sorbonne Université sous la direction de Barthélémy Jobert, Quentin Coquillat s’intéresse au rideau comme élément de la décoration intérieure néoclassique. Proposant aussi bien une étude esthétique que matérielle et technique, il démontre son rôle essentiel dans les demeures de la première moitié du XIXe siècle. Omniprésente dans les livres de modèles et les traités théoriques, cette pièce textile est en effet développée de bien des manières : rideau de croisée, de vitrage, d’alcôve, de ciel de lit, portière, mur drapé… Quentin Coquillat entend élargir son étude à l’échelle européenne, le modèle français ayant été repris et adapté en Italie et en Allemagne, en grande partie du fait de l’influence napoléonienne.
Madame Laëtitia Saintes (Belgique), lettres
Après une thèse sur la parole pamphlétaire dans le premier XIXe siècle parue aux éditions Honoré Champion, Laëtitia Saintes souhaite mettre en lumière un corpus largement méconnu d’écrits féminins tout en contribuant à l’histoire littéraire d’une période souvent négligée. En adoptant une approche interdisciplinaire mêlant histoire littéraire, histoire des idées, analyse du discours ou études de genre, elle entend montrer que ces textes polémiques publiés sous forme de brochures ou de pamphlets ont pu constituer une forme privilégiée d’action pour leurs autrices à une époque où leur présence dans la sphère publique était loin d’être évidente et où le discours polémique dépendait des régimes politiques.
Bourses de 5 mois
Monsieur Italo Papandrea (Italie), histoire du théâtre
Depuis l’obtention de son doctorat en histoire des arts et du spectacle à l’Université de Florence, Italo Papandrea s’intéresse à la figure du peintre-décorateur Pierre-Luc-Charles Ciceri (1782-1868). Encore mal connu malgré son rôle important dans l’histoire de l’Opéra de Paris et de la Comédie-Française, l’artiste ne bénéficie toujours pas d’une monographie complète – une lacune qu’Italo Andrea espère combler par ses recherches en étudiant non seulement son activité dans les théâtres parisiens, mais aussi en tant que décorateur des fêtes de cour. Il croisera pour ce faire documents iconographiques, archives, presse de l’époque, livrets et autres traités de scénographie.
Madame Katia Schaal (France), histoire de l’art
Titulaire d’une thèse sur la médaille de sculpteur durant la période 1880-1920, Katia Schaal s’intéresse désormais à la première moitié du XIXe siècle, lorsque fut créé en 1803 un Prix de Rome de gravure en médailles et en pierres fines. Déplorant le déficit de notoriété artistique des médailleurs et des glypticiens au regard de celle de leurs homologues peintres, sculpteurs ou architectes, Katia souhaite, dans une ambition prosopographique, renseigner l’identité de chacun des candidats au concours lancé par l’Académie des beaux-arts. Parallèlement, l’objectif est de saisir l’évolution des sujets et des jugements au fil des années et de l’affirmation de la doxa académique.