Arthur Rubinstein

Associés étrangers
Fauteuil VII
Élu(e) le
Prédécesseur
Né(e) à
Lodz
Le
Date de décès

Arthur Rubinstein (1887-1982) est un pianiste du XXe siècle. Né en 1887 à Lódz alors partie de l’empire russe, le jeune homme montre un talent musical précoce. Ainsi donne-t-il son premier concert à l’âge de six ans. Repéré par ses professeurs, il part étudier à Berlin. Rebelle, il quitte les salles de classe à seize ans et part pour Paris où il donne plusieurs concerts, jouant même devant Saint-Saëns. Introduit dans les cercles artistiques, il mène une vie mondaine. Mais rattrapé par ses pairs qui décèlent son grand talent, le jeune Rubinstein se remet au travail, approfondissant notamment l’œuvre de Chopin.

Retourné à Berlin, il traverse une période plus difficile au début des années 1910. Après une tentative de suicide, il reprend en main sa carrière et voyage à Londres et en Espagne. Véritable star, il donne concert sur concert à travers toute l’Europe. Plutôt mal reçu par la critique aux Etats-Unis, il connait un vif succès en Amérique du Sud. Revenu en France en 1924, il s’installe à Montmartre et parvient enfin à séduire le public outre-Atlantique.

Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est contraint de fuir l’Europe et part s’installer aux Etats-Unis. Naturalisé américain en 1943, il retourne régulièrement en Europe, en France comme en Pologne mais refuse catégoriquement de jouer en Allemagne, après que ses proches aient péri pendant la Shoah. Dans les années 60, il enchaine les tournées aux Etats-Unis et en Union Soviétique.

Interprète phare de la musique de chambre, il est salué par la critique comme un virtuose du genre. Considéré comme l’interprète de référence de Chopin, Rubinstein n’en demeure pas moins un grand admirateur de Brahms. En la matière, ses enregistrements font encore aujourd’hui date et servent à l’enseignement des jeunes pianistes.

Ses dernières années se muent en une véritable course aux honneurs. Aux médailles et doctorats honorifiques s’ajoute son élection à l’Académie des beaux-arts en 1971. A 90 ans, presque aveugle, il enregistre son dernier disque… consacré à Brahms. Il meurt en 1982, à 95 ans, poussant dit-on son dernier soupir après avoir écouté un air du Barbier de Séville. Le terme d’une carrière à la longévité exceptionnelle pour cet interprète mondialement reconnu.