Andrzej Wajda

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Wajda Andrzej

Andrzej Wajda (1926-2016) est un cinéaste polonais du XXe siècle. Né en 1926, d’un père militaire, il grandit dans les bouleversements de l’entre-deux guerres et du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En 1940, son père est assassiné par le KGB, avec 4500 autres officiers polonais, lors du massacre de Katyn. Engagé dans la résistance à seulement seize ans, le jeune Andrzej entre à l’Académie des beaux-arts de Cracovie puis à l’Ecole nationale de cinéma de Łódź au sortir de la guerre. En 1954, il réalise Une fille a parlé, son premier long-métrage.

1957 est marquée par la sortie de Kanal, le deuxième opus de sa trilogie de guerre , qui le propulse sur le devant de la scène internationale. Ces films, centrés sur la résistance polonaise et les dilemmes moraux de la guerre, établissent sa réputation de cinéaste humaniste et engagé. Suivra Cendres et Diamant, récompensé au festival de Venise en 1959. Dès ses débuts et tout au long de sa carrière, Wajda questionne les tabous de son époque, de l’antisémitisme de ses compatriotes aux dérives du stalinisme. Dans un langage de l’absurde et de la dérision, le réalisateur s’attaque au mythe d’une Pologne socialiste et héroïque, questionnant la dimension tragique de l’histoire de son peuple.

Dans les années 70, L’homme de marbre puis L’homme de fer assoient Wajda comme l’un des grands réalisateurs de son temps. Avec L’homme de fer, véritable critique du régime communiste en place, alors remis en cause par le mouvement Solidarność de Lech Walesa, Wajda reçoit une Palme d’Or en 1981. Au cours des années 80, Wajda quitte la Pologne, la situation politique étant devenue trop instable pour créer en toute liberté. En France, il tourne Danton en 1982 avec Gérard Depardieu. Il part ensuite pour l’Allemagne où il réalise Un amour en 1983. En 1994, il est élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de son aîné et confrère, Fellini.

Célébré par un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2000, il se tourne alors vers des projets de plus en plus engagés. Ainsi rend-il hommage à son père en 2007 avec Katyn et à Lech Walesa en 2013 avec L’Homme du peuple. Wajda reste actif jusqu’à sa mort en 2016. Son style, poétique, politique et engagé, a permis d’explorer l’identité de sa Pologne natale au travers de son histoire et de ses luttes.