Hans Hartung

Peinture
Fauteuil XIII
Élu(e) le
Prédécesseur
Né(e) à
Leipzig
Le
Date de décès

Hans Hartung (1904-1989) est un peintre franco-allemand, figure majeure de l’art abstrait et l’un des pionniers de l’abstraction lyrique. Né en Saxe, fils d’un peintre amateur, il s'intéresse très tôt à la peinture et à la musique. Inspiré par les maîtres anciens et les expressionnistes allemands du début du siècle, il développe dès les années 1930 un style personnel fondé sur la spontanéité du geste et la force de la ligne.

Poursuivi par la Gestapo à la montée du nazisme, son art étant jugé dégénéré, Hartung décide de fuir son pays. L’exil le mène à Paris, qu’il connait déjà pour y avoir séjourné, jeune étudiant au début des années 20 ans, avant de rejoindre le sud de la France où il retrouve d’autres artistes allemands. Naturalisé français en 1946, après avoir combattu avec beaucoup de courage et de détermination dans la Légion étrangère, Hartung traverse une période difficile. Traumatisé par le conflit, amputé aux jambes suite à une blessure au combat, l’artiste cherche à se reconstruire, dans sa vie comme dans son art. Ces épreuves vont nourrir son œuvre renaissante dans laquelle le geste devient un exutoire à la souffrance et une quête de liberté.

Dans les années 1950, Hartung atteint une reconnaissance internationale et fait figure d’avant-gardiste dans bien des domaines. Il travaille par séries, multipliant les expérimentations techniques : grattage, projection, pulvérisation de peinture. Sa peinture rigoureuse conjugue, chaos et maîtrise. Des grands maitres qu’il admire, Goya et Rembrandt au premier rang, Hartung s’amuse à simplifier les formes en ne retenant que le travail de masses colorées. S’affranchissant de toutes contraintes, il plonge dans l’abstraction. Alors que ses premières œuvres sont pleines de formes tourbillonnantes et hachurées, il s’oriente peu à peu vers un art plus minutieux et contrôlé.

Jusqu’à sa mort à Antibes en 1989, Hartung continue de repousser toutes les limites plastiques. L’atelier d’Antibes devient un laboratoire de création où il s’essaie à des outils non conventionnels — râteaux, pinceaux métalliques, pistolets à peinture — pour explorer le potentiel expressif de son art. Son approche marque ainsi profondément la peinture abstraite de l’après-guerre, en Europe comme aux Etats-Unis. Hartung laisse derrière lui une œuvre immense, marquée par une tension entre violence et harmonie, douleur et lumière, faisant de lui l’un des grands poètes du geste du siècle dernier.

Le plaisir de vivre se confond pour moi avec le plaisir de peindre.