Programmes de résidences
Académie des beaux-arts x Cité internationale des arts
L’Académie des beaux-arts et la Cité internationale des arts se sont associées, en 2021, afin de créer 3 programmes de résidences dans les domaines « Arts visuels », « Chorégraphie » et « Architecture et paysage ».
Ces programmes Académie des beaux-arts x Cité internationale des arts accueillent ainsi chaque année une dizaine d’artistes venus du monde entier pour des périodes de résidence allant de 5 à 10 mois, afin de leur permettre de développer leur travail au cœur de Paris. Ils s’inscrivent, pour l’Académie des beaux-arts, dans le projet global d’accueil d’artistes et de chercheurs en résidence qui se déploie sur plusieurs sites qu’elle possède (la Villa Dufraine à Chars, la Bibliothèque et la Villa Marmottan à Boulogne-Billancourt, et prochainement la Villa et les jardins Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat) ou dans les institutions dont elle est partenaire (la Villa Médicis à Rome, la Casa de Velázquez à Madrid, le Château de Lourmarin, etc.) Ils s’inscrivent également dans le projet global de la Cité internationale des arts qui se construit en lien étroit avec un réseau de plus de 150 partenaires français et internationaux pour l’accueil d’artistes de toutes nationalités, de toutes générations et de toutes disciplines sur ses 2 sites à Paris, dans le Marais et à Montmartre.
Présentation des artistes en résidence pour l'édition 2025-2026
Après examen des dossiers de candidatures, les jurys, composés des membres des sections de peinture, de gravure et dessin, de sculpture, de photographie, d’architecture et de chorégraphie de l’Académie des beaux-arts ont décidé de retenir les candidats suivants :
31/08/2026
Arts visuels (site de Montmartre - résidences de 10 mois)
Camille Bernard
« Installée en Corrèze depuis 2021, j’y ai établi mon atelier. Intégrer la Cité internationale des arts représenterait une opportunité précieuse pour changer de cadre, stimuler ma pratique tout en renforçant mon réseau professionnel et collaboratif. Ce cadre exceptionnel et inspirant offrirait les moyens matériels et financiers nécessaires pour développer une approche plus libre et exploratoire de la peinture. Durant la résidence, je souhaite créer une nouvelle série de tableaux en me consacrant d’abord exclusivement à la peinture du paysage, pour en approfondir d’avantage son enveloppe narrative et sa capacité à devenir sujet, avant d’y réintroduire la figure humaine sous une forme renouvelée. »
Alonzo Gwladys
« Basée entre Mexico et Tepoztlán, je développe depuis plus de dix ans une pratique sculpturale nourrie par les contextes de production en Amérique latine. La résidence à la Cité internationale des arts représente une opportunité essentielle pour renouer avec la scène française et expérimenter de nouvelles contraintes matérielles. Mon projet explore une économie du rebut, à partir de fragments de pierre et de matériaux récupérés, recomposés en structures hybrides. Ce déplacement de contexte constitue un levier de recherche formelle et critique. La résidence offrirait un cadre structurant, favorisant production, échanges et visibilité internationale. »
Moussa Kalapo John
« Mon projet artistique et documentaire vise à déconstruire les stéréotypes liés aux banlieues françaises en montrant la réalité de leur quotidien. À travers une approche centrée sur la jeunesse, je mets en lumière la diversité, le dynamisme et les initiatives portées par les habitants, notamment les associations et les acteurs locaux. Ce projet trouve un cadre propice à son développement au sein du programme de résidence de l’Académie des beaux-arts et de la Cité internationale des arts, qui favorise la recherche, la création et les échanges artistiques internationaux ».
Atef Samaneh
« Mon projet vise à développer un nouvel ensemble de peintures à l’huile, amorcé récemment, marquant une évolution dans ma pratique jusqu’ici principalement centrée sur le dessin et l’encre. Je travaillerai sur une série de toiles réalisées simultanément, à partir d’images mentales et de rêves. Ce processus nécessite du temps, une pratique continue de la peinture, ainsi que des phases de recherche, de lecture et d’échange. Le programme de résidence de l’Académie des beaux-arts en partenariat avec la Cité internationale des arts constitue un cadre essentiel, offrant des conditions de stabilité matérielle et mentale qui me permettront de me concentrer pleinement sur le développement de ce travail. »
Chorégraphie (site du Marais - résidences de 5 mois)
Daria Hordiichuk
« Dans le cadre de la résidence, je souhaite développer LOV — Leaning On You, un projet chorégraphique autour du geste de « s’appuyer ». À travers ce geste, j’explore la confiance, le partage du poids et la relation entre soutien et dépendance. J’aborde l’amour comme une expérience physique qui se construit dans la relation entre les corps. Je souhaite développer ce travail sous la forme d’un duo avec un danseur ou une danseuse basés à Paris. Le projet s’intéressera aux déplacements de poids, aux contacts et aux micromouvements qui émergent entre deux corps. Paris constituera également un espace d’influence, dont les rythmes, les flux et les formes de proximité pourront nourrir le travail ».
David Le Borgne
Au cours de cette résidence, David Le Borgne souhaite développer le projet « La brûlure la plus lente », une pièce chorégraphique et plastique, ainsi que deux autres travaux issus du même cycle de recherche.
« La brûlure la plus lente »interroge notre rapport collectif aux récits de fin du monde en posant la question : de quel monde souhaitons-nous réellement la fin ? La chorégraphie s’appuie sur des dynamiques issues des danses post-internet, où les corps sont traversés par des flux, des répétitions et des logiques de saturation. Le rapport au temps et à l’espace y est envisagé comme une donnée politique. L’écriture chorégraphique se construit selon une dramaturgie en anticlimax : l’explosion est donnée dès le début, comme déjà advenue. Cette réflexion se prolonge dans un travail scénographique développé en parallèle. Pensée comme un paysage en transformation, la scénographie accompagne les mutations du corps et du mouvement, et participe pleinement à la construction de cet univers ».
Architecture et paysage (site du Marais - résidences de 5 mois)
Alexia Bezain
« Dans le cadre de cette résidence, je souhaite réaliser une installation centrée sur la composition d’ombres et les formes qu’elles génèrent. Mon intention est de créer un espace scénographique jouant sur les phénomènes de perception. Intégrer la Cité internationale des arts représente pour moi une opportunité unique de situer ce projet dans un contexte d’échanges et de dialogues. La dynamique autour des ateliers ouverts correspond parfaitement à la dimension interactive et participative de mon projet. »
Noël Picaper
« Ritusfortis explore la conception de dispositifs d’attention : des architectures capables de rendre perceptibles des phénomènes invisibles (climatiques, matériels ou sensibles). Il s’appuie sur l’ouvrage Bellifortis (XVᵉ siècle), non pour son caractère belliqueux, mais pour la puissance de ses représentations, la qualité opérante de ses gures et leur capacité à condenser actions, gestes et imaginaires. Il ne s’agit pas de reproduire ces formes, mais d’en prolonger les logiques à travers des structures contemporaines activant des situations de soin.
La résidence est essentielle pour développer ce travail dans la durée, par l’expérimentation à échelle 1 et la fabrication de prototypes, en dialogue avec les archives de Paris.»